LE FLUX MIGRATOIRE – LE DIKTAT DE L’EMPIRE OTTOMAN

Le flux migratoire

Le diktat de l’Empire Ottoman à  la Communauté européenne

Le 3 janvier, 2016, la Commission européenne recevait un courriel intitulé ’’Notre alliée – la Turquie‘’ qui figure en annexe à cette prise de position. Depuis cette date, les choses ont évolué sous la pression de la vague migratoire qui ne s’est pas tarie ces deux derniers mois malgré l’hiver, loin s’en faut, pression à laquelle la Turquie s’est empressée de réagir par une contrainte disproportionnée à l’encontre de l’Union européenne en présentant des exigences exorbitantes à son interlocuteur. Entretemps, s’est tenu à Bruxelles un sommet entre les deux ‘’partenaires’’ à l’issue duquel un projet d’accord (understatement) a été conclu. Durant cette réunion, et déjà en prologue à celle-ci-ci, la Turquie a fait monter les enchères, nous ne sommes plus en négociation entre pays civilisés mais dans un bazar ou l’on échange de malheureux réfugiés contre d’autres réfugiés tout aussi malheureux alors que chacun sait que cet accord est inapplicable du côté européen et que la partie turque n’a aucune intention de le mettre en œuvre malgré des promesses qui valent celles des marchands de tapis.

passeur turc

Les passeurs turcs et leurs protecteurs politiques dont les représentants sont assis à la table des négociations de Bruxelles n’auront plus à monnayer le passage à ces malheureux migrants par des allers simples mais bien par des allers-retours ; ce sera d’autant plus lucratif !
Ce marchandage est honteux et méprisable ; la responsabilité en incombe, non pas aux Etats-membres dont beaucoup d’entre eux se sont opposés à cette mascarade, mais à l’Union européenne qui, à travers ses institutions, n’anticipe rien, me prévoit rien et ne règle rien mais subit !

Le (pré)accord (statement) résulte de ce sommet de la honte qui a été conclu en comité restreint sous la houlette de Madame Merkel. Après avoir créé un appel d’air de la puissance d’une tornade avec ces mots ‘’ nous les accueillerons tous’’….., Madame la Chancelière s’est récemment ravisée, ou plutôt a modifié quelque peu son interprétation de l’accueil sans restriction, politique intérieure oblige… mais elle contraint également tous ses partenaires des autres Etats-membres, sans consultation et encore moins, leur consentement à suivre sa politique migratoire. La Commission, à l’image de son Président, se félicite de cette réussite comme il le fait après chaque (dés)accord ; « c’est un bon accord qui va changer la donne » dixit le Président en exercice; cette négociation n’était-elle en fait qu’un jeu de dupes ? Pour Monsieur Juncker, il faut à tout prix, préserver son mandat à la tête de la Commission conquis de haute lutte, en avalant des couleuvres sous la férule de la Chancelière allemande en semblant ignorer ses colloques particuliers et quand même les approuver. Au Parlement européen, c’est une pratique courante pour les Eurodéputés de crier au scandale pour tout et n’importe quoi mais ont-ils en l’occurrence des solutions sauf celle, pour ce qui les concerne, d’ouvrir les digues aux réfugiés et pour nous, d’ouvrir les bras pour les accueillir et faire la preuve une fois de plus de notre devoir d’accueil et de notre hospitalité sans limite ! Comme toujours, nos Eurodéputés de lamentent et même, vocifèrent pour certains d’entre eux, sur le manque de solidarité des Etats, mais dès qu’il s’agit de dégager des solutions sur des problèmes graves pour l’avenir de notre société, de notre civilisation, ils n’ont que cette seule réponse de mettre en exergue les valeurs incommensurables de leurs principes européens, charité pour certains, solidarité pour d’autres, mais il reste néanmoins que les difficultés restent à notre charge, nous qui sommes contraints d’accueillir tous ces migrants avec bienveillance et compassion. Ces négociations lâches et méprisables de nos édiles européens avec la Turquie aux suites démesurées et aux conséquences insupportables nous concernent tous malheureusement !

Combien pour la Turquie ?

Quel sera le coût final de nos concessions ? – coût financier – incalculable – non plus 3 milliards pour la Turquie mais maintenant 6 milliards et combien  demain? – octroi de visas pour le mois de juin à tous les ressortissants turcs – dont les terroristes munis d’un passeport délivré par les Autorités turques – accélération des négociations pour négocier et ….conclure dans les meilleurs délais les chapitres en souffrance du traité d’adhésion – quel revirement communautaire européen !
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Total  : ?????

Le gouvernement turc va-t-il clôturer l’addition et nous la présenter pour mettre fin à ses diktats et sceller l’accord final ce vendredi ? Rien n’est moins sûr ! mais si c’est la cas, ces accords vont nous engager dans un deal avec un pays barbare qui ne respecte ni la liberté d’opinion, ni celle de la presse, ni les droits de l’opposition et encore moins ceux d’une partie de sa population qui vit sous la crainte et la menace.

La Turquie n’est pas seule à utiliser les pressions dans cette crise des réfugiés, la Grèce lui a emboîté le pas pour sa gestion et l’hébergement des migrants sur son territoire, notamment, en faisant appel à des menaces de vétos répétés.

Combien pour la Grèce ?

Aujourd’hui : près de 500 millions d’euros pour financer le plan d’urgence soumis à la Commission européenne afin de faire face à l’accueil ( ?) de 100.000 réfugies alors que le gouvernement grec annonçait en début de ce mois 20.000 migrants qui se trouvait en transit sur son territoire, chiffre corroboré par le HCR de l’ONU. Il n’est pas inutile de souligner que la Grèce avait prévu d’accueillir entre 50.000 et 70.000 migrants. Les 100.000 réfugiés pour lesquels la Grèce requiert notre aide, sont-ils à venir, sont-ils toujours en Grèce ou ont-ils quitté le pays  pour d’autres cieux ? Rien n’est jamais limpide dans ce pays, ni dans les chiffres et encore moins dans la réalité.

Demain, il y aura nécessairement une négociation avec l’Allemagne, tenue à l’écart des autres pays qui sont concernés par la dette grecque afin d’alléger le fardeau des mesures acceptées il ya quelques mois et ainsi obtenir, sans coup férir, la 3ème tranche d’aide moyennant des contreparties édulcorées ou passées sous silence ainsi qu’un ‘’hair cut’’ de la dette grecques en cadeau ; les missions des représentants des créanciers se succèdent, se suivent, se répètent, trainent en longueur volontairement mais sans résultat. Cette tergiversation est compréhensible puisqu’il faut gagner du temps pour augmenter le nombre de réfugiés réels et/ou fictifs et ainsi, pouvoir obtenir des allègements supplémentaires de la dette grecque, la réduire ou mieux, la supprimer purement et simplement en contrepartie de l’hébergement définitif des émigrés sur le sol grec plutôt que sur le territoire turc. Puisque Madame Merkel et Monsieur Tsipras semblent être sur la même longueur d’onde, ne serait-il pas plus économique d’organiser un pont aérien entre Athènes et Berlin pour transporter tous les migrants que la Chancelière veut toujours accueillir (tous) les migrants alors que le Premier Ministre grec veut, à l’image de son collègue turc monnayer ; au moins sur ce point, Grecs et Turcs semblent d’accord, ils se sont d’ailleurs rencontrés sans trop de publicité sur leurs échanges mais sous l’œil attentif de la Chancelière, probablement une fois encore, à l’encontre de nos intérêts

Annexe :

Envoyé : dimanche 3 janvier 2016 11:13
À : ‘president.juncker@ec.europa.eu’; ‘frans.timmermans@ec.europa.eu’; ‘dimitris.avramopoulos@ec.europa.eu’ Cc : ‘martin.selmayr@ec.europa.eu’; ‘alexandra.allen@mae.etat.lu’ Objet : TR: Notre alliée – la Turquie

Notre alliée – la Turquie

Monsieur le Président, Monsieur le Vice-président, Messieurs les Commissaires,  Mesdames, Messieurs,

Veuillez trouver ci après les commentaires d’un (Euro)citoyen lambda sur le contexte très singulier de votre solution de partenariat avec la Turquie pour limiter le flux de migrants qui nous sont amenés par votre politique migratoire inconséquente mais que nous devons gérer  avec toutes les conséquences de cet accueil forcé.

Avant-propos :

Crise des migrants : Bruxelles scelle un accord avec une Turquie en position de force

Partenaire incontournable pour endiguer le flux de migrants qui convergent vers l’Europe, la Turquie a scellé un accord, dimanche 29 novembre, avec l’Union européenne pour contribuer aux efforts en contrepartie d’une aide financière, de l’octroi de visas et d’une relance des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Les efforts de la Turquie pour gérer l’afflux de migrants restent limités –  au Cours du ‘’mini’’ sommet de Crise sur les migrants, M. Davutoglu a assuré que son gouvernement travaillait ‘’intensément’’ à la réduction des flux de migrants ! En tout cas, la réinstallation concernerait, au maximum, 50 000 ou 80 000 personnes. Ankara évoque plusieurs centaines de milliers. Un troisième mini-sommet sera organisé en février et sera ouvert à tous.

Commentaires :

Toute honte bue, vous vous êtes précipités pour ouvrir des chapitres supplémentaires en vue de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne ; encore une ouverture vers les pays musulmans et un déplacement du centre de gravité de l’Union européenne à l’Est !

Au diable votre défense héroïque des Droits de l’Homme, au diable la condamnation de la politique de répression menées par le Président turc contre le PKK, au diable l’islamisme de plus en plus intransigeant d’ Erdoğan à l’encontre de la politique libérale d’Atatürk, au diable son double jeu cynique dans la défense des libertés internes et dans sa lutte supposée contre Daesh . Après des mois sinon, des années de tergiversations irresponsables dans votre politique au Proche-Orient, vous deviez agir dans la précipitation pour tenter de convaincre la Turquie d’être, avec quelle certitude sur la crédibilité de leur détermination ?,  le rempart extraterritorial, la forteresse de l’Europe pour endiguer un flot de migrants que vous ne pouvez  plus contenir à nos frontières extérieures.

Vous tentez désespérément de maîtriser cette migration incontrôlée alors que vous avez fait un appel d’air vis-à vis de ces peuples syrien, irakien, afghan et autres africains ou sub-sahariens que nous devions accueillir avec générosité et solidarité, sinon par intérêt si l’on veut bien se rallier aux déclarations un peu hâtives, sinon inconséquentes de votre Commissaire aux Affaires économiques suivant les quelles : « l’afflux des migrants avait un impact faiblement positif sur la croissance et l’économie européenne» qui pourrait l’être davantage si on l’intègre… ’’SIC’’ ! ».

Vous n’êtes pas parvenu, vous ne parvenez pas et vous ne parviendrez pas à répartir les ressortissants entre Etats de l’Union que vous vouliez  ou non, sur une base morale (qui serait le fondement de l’Europe ?),  mais suivant une règle de calcul d’apothicaire qui n’a rien à faire, ni avec des critères moraux, ni avec des critères de capacité d’absorption. Selon cette clé de répartition technocratique, nous devions accueillir 160.000 âmes réfugiées en provenance d’Italie et de Grèce comme vous l’aviez claironné bien haut, mais maintenant, vous êtes plus discrets lorsqu’il s’agit de plus d’un million de migrants que vous voudriez répartir ou plus exactement ‘’distribuer’’  entre ‘’Etats volontaires ‘’ pour cette première vague. Pour le futur, pouvez -vous nous informer, si vous en avez le courage, combien de candidats à l’immigration feront partie de la deuxième vague qui est en train de se rassembler au large de nos côtes septentrionales avec le soutien de Daesh et de ses terroristes pour franchir la Méditerranée et de combien de réfugiés nous devrons en plus accueillir pour la troisième vague au titre du  regroupement familial,  familles constituées de clans et de tribus ?

Vous n’avez pas été en mesure et ne pouvez toujours pas endiguer cette immigration incontrôlée générée par votre politique inconsciente, notamment par le recours au mur protecteur  de nos frontières extérieures qui était dressé contre toute intrusion menaçante sensée nous protéger hermétiquement par  une armure solidement assurée par les «Accords de Schengen», alors que les pays périphériques de l’Espace du même nom se sont montrés d’un incurie, sinon d’une malhonnêteté notoire et même de malversations vis-à-vis des passeurs de ces pauvres hères.

Conclusion :

La Turquie a gagné sur tous les fronts et vous avez capitulé en rase campagne,  en accordant un transfert de 3 milliards d’Euros, marchandage dont l’aspect moral est douteux et que l’on pourrait qualifier d’honteux puisqu’il s’agit d’êtres humains,  une politique de visa généreuse et «last but not least», une perspective d’adhésion à l’Union européenne.

Quel beau résultat d’une politique européenne lamentable !

Epilogue :

On prête à votre nouveau partenaire islamiste, Monsieur Erdoğan, la déclaration suivante :

En 1998, Erdoğan est condamné à une peine de prison, après un discours qualifié d’incitation à la haine incluant un poème du poète nationaliste Ziya Gökalp, au cours d’un meeting à Siirt, dans l’est du pays. Il cite ainsi ce passage :

« les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats»

 Qu’avez-vous fait pour nous, qu’avez-vous fait de nous ?

 

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