L’EURONOUVEAU ou l’Europe nouvelle

Après le Brexit et la victoire de ‘’Leave’’, c’est la course de tous les milieux européens officiels, des innombrables Instituts d’études et de recherches attachés aux Institutions européennes pour reconstruire l’Europe. Il faudrait peut-être organiser un concours d’idées pour arriver à une proposition qui soit susceptible de trouver l’agrément de nos éminences grises européennes mais que cette proposition trouve l’adhésion des Etats-nations et de leurs citoyens est négligeable et absolument sans intérêt pour nos  »Excellences ».
De simples réformes ne suffiront pas face aux velléités de plus en plus affirmées des Frexit, Nexit, Oexit, Fixit, Swexit et autre Dexit ; si nos dignitaires devaient s’en satisfaire, ne serait-il pas plus efficace d’envisager sérieusement un Eurexit qui serait une sortie générale et ordonnée des pays-membres de l’Union européenne ?

Reconstruire l’Europe sur les mêmes fondements, les mêmes bases, avec les mêmes matériaux ne servirait à rien ; la ‘’maison Europe’’ est trop lézardée pour entreprendre ces travaux inutiles. Il est nécessaire de refonder l’édifice européen sur de nouvelles bases avec le consentement des Etats et le soutien de leurs citoyens. L’Union européenne est devenue, pour paraphraser les paroles du Général de Gaulle qui faisait allusion à l’ONU, « un machin » autocratique, technocratique, opaque, sinon rébarbative aux yeux du citoyen lambda. L’Europe dans sa structure actuelle n’est plus viable sauf pour l’oligarchie qui s’est constituée dans ses Institutions et les myriades de fonctionnaires qui en vivent et s’accrochent à leurs statuts privilégiés comme naufragés à une bouée.
Pour certaines de ces élites, une proposition quelle qu’elle soit, ne serait recevable que pour autant qu’elle accroisse leur pré carré, c’est-à-dire de voir transférer la souveraineté nationale (ou ce qui l’en reste) aux Institutions européennes dans une Europe fédérale renforcée.
Pour d’autres, il suffirait d’instaurer des ‘’super ministères’’ qui prendraient en charge, notre politique étrangère, notre politique de défense, notre politique économique, financière et fiscale, en un mot comme en cents, notre destinée !
Il faut se rendre à l’évidence que le  »super-commissariat » créé pour gérer notre politique extérieure commune ne joue aucun rôle sur la scène internationale; il suffit pour s’en convaincre de considérer l’efficacité du Haut Commissariat aux Affaires étrangères, ayant à sa tête une potiche, agréable il faut l’avouer, celle-ci ayant succédé à une autre qui l’était beaucoup moins ; qu’on-t-elles fait l’une et l’autre avec un staff de 3.000 fonctionnaires, rien ou pas grand-chose et ce n’est pas cet exemple d’une sorte de ministère croupion qui nous convaincra de persévérer dans la voie de transmettre nos prérogatives à des ‘’super ministères’’ peuplés de technocrates qui n’ont aucune légitimité pour exercer un pouvoir qu’ils voudraient s’arroger et nous inonder de directives de toutes sortes dans tous les domaines à l’exemple la standardisation des tailles de soutiens-gorge ou de la circonférence des courgettes.

Ces  »super ministères » devraient disposer de nouveaux fonctionnaires, donc de nouveaux budgets à charge des contribuables que nous sommes, budgets dont ils disposeraient à loisir car incontrôlables et encore une fois, non sanctionnés par les citoyens-contribuables qui, en l’occurrence, ne les auraient pas élus et de ce fait, ne seraient pas tributaires de la hantise du vote-sanction.
Ces  »super ministres » seraient sujets aux contraintes, non plus des Etats dont ils seraient issus,  mais bien sous la coupe des lobbies, des ONG ou autres groupes de pression, qui hantent les couloirs des Institutions européennes ; ces ‘’super ministères’’ seraient également soumis, et pour s’assurer de l’adéquation des mesures prises à notre bien commun, aux Membres du Parlement européen dont les décisions sont purement idéologiques.

Comme Monsieur Juncker avait pour ambition lors de sa nomination d’établir et de gouverner une Commission politique forte ; on doit se réjouir que cette volonté ait été tuée dans l’œuf notamment grâce au Brexit qui est survenu à point nommé pour  démontrer toute la capacité politique de la Commission ; à l’image du Royaume-Uni, d’autres Etats veulent, sinon emprunter le même chemin, du moins, conserver leur liberté de gouverner pour assurer le bien- être de leurs citoyens et ne pas céder leurs prérogatives à des technocrates irresponsables.

L’Union européenne s’est donnée un statut non écrit de finalité politique et d’empire de droit divin auxquels les Etats européens vassaux auraient pour seule prérogative, non pas d’adhérer, mais de se soumettre !

Pourquoi faut-il élire des députés européens politiquement asexués, souvent mis en place par leurs partis pour une traversée du désert, pour terminer une carrière politique ou pour se débarrasser d’un sujet gênant tout en conservant tous les avantages attachés à leur fonction , et ce, sans aucune sanction politique car ‘’nommés’’ ou placés par leurs partis alors que nous sommes en droit d’attendre des Eurodéputés élus, sanctionnés politiquement et proches de leurs électeurs et non retranchés dans leur ‘’Tour d’Ivoire’ de l’hémicycle de Strasbourg ?
Pourquoi faut-il avoir des Commissaires européens nommés par la seule volonté du ‘’Prince’’ et démocratiquement (?) adoubés lors d’hearings de façade par le même Parlement européen ?
Pourquoi faut-il que les Instance européennes rémunèrent 35.000 fonctionnaires avec leurs salaires, leurs indemnités aussi nombreuses que variées et leurs privilèges grâce à des budgets sur lesquels nous n’avons aucun contrôle démocratique ?
Pourquoi faut-il que nous rémunérions sur nos deniers d’innombrables conseillers des  Commissaires, de nombreux assistants des parlementaires européens, autour desquels des bureaux d’études, des instituts de toutes sortes gravitent en apesanteur tels des satellites en orbite autour des Instances européennes avec comme carburant, de plantureux budgets que nous leur allouons.

Les Institutions européennes ne peuvent plus décider sans consultations et sans l’approbation des autorités nationales suivant le principe : ce qui est bon pour Bruxelles, Luxembourg ou Strasbourg est bon pour tous les Etats-membres « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Il n’y a pas une Europe, il y a plusieurs peuples européens !

Les Européens dans leur large majorité, ne veulent pas ni d’un fédéralisme, ni d’une intégration plus poussée qui domineraient leurs Etats nationaux, leurs nations auxquels ils sont attachés par leur histoire, leur patrimoine commun, leur vivre-ensemble alors que la nation Europe, n’a jamais existé, n’existe pas et n’existera jamais malgré tous les efforts de nos élites européennes pour nous en convaincre. Il faudrait faire table rase du passé mais la seule idée d’une révision des traités et de la nécessaire voie référendaire pour les approuver glacent d’effroi nos Eminences européennes.

Il existe néanmoins une voie qui permettrait de jeter les bases d’une Communauté européenne et de construire une Europe nouvelle débarrassée de ses vieux démons en permettant à chaque Etat de choisir le niveau de sa participation : adhésion à part entière, association négociée, coopération… Les suites du Brexit ouvrent peut-être un espoir pour y conduire ?

Les négociations qui vont se dérouler pour parvenir à un accord avec le Royaume-Uni sont mal engagées notamment, en raison des antagonismes de certains négociateurs, Michel Barnier, anglophobe notoire dont la négociation n’est pas son fort, Guy Verhofstadt, perpétuel agité du PE, ayant une dette à régler avec Nigel Farage, tous deux encouragés par leur mentor, Jean-Claude Juncker qui, pour manifester sa totale neutralité envers le Brexit, déclarait:          «je suis sûr que les déserteurs ne seront pas accueillis à bras ouverts » (sic);  et, on peut l’espérer, en arbitre, le délégué du Conseil, un diplomate belge, ‘’neutre par tradition’’ Didier Seeuws qui représentera les voix des 27 pays qui seront, n’en doutons pas plus conciliantes et plus modérées.

Si par la raison ou par la chance, ces négociations devaient aboutir, elles peuvent créer un précédent et ouvrir la voie à un statut inédit qui serait euro-compatible et débarrassé des ukases et diktats européens.

Cette conclusion aurait pour conséquence de changer la nature même de L’union européenne.

Les Etats-nations doivent reprendre la main et s’engager dans une vraie négociation politique débarrassée de l’immixion des Instances européennes ou de leurs grands  »missi dominici » qui veulent faire la loi et imposer leurs décisions à tous les autres,

Ce new deal fait clairement appel à changer la nature même de l’Union européenne.
A l’image des Etats-Unis d’Amérique, la Constitution européenne devrait être simple et compréhensible par tous ; elle devrait se donner un ‘’Congrès’’ commun européen, émanation des Etats auquel seraient conférés des pouvoirs transférés par les Etats et ne plus recourir au ‘’top-down’’ mais bien au ‘’bottom-up’’

Nouvelle Constitution d’une nouvelle Europe démocratique née d’une expression de la volonté des Etats d’y adhérer et des citoyens d’être convaincus de sa mission et de son utilité.

Qu’on le veuille ou non, la source de la légitimité démocratique réside dans le cadre de l’Etat-nation

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