Archives mensuelles : février 2017

L’EURO-NOUVEAU ou l’EUROPE NOUVELLE

L’Euro nouveau ou l’Europe nouvelle

Après 60 ans d’existence, l’Europe est à la croisée des chemins et réclame d’urgence un re-(euro)-nouveau. Depuis 60 ans, la société a bien changé, les aspirations aussi et ce qui était valable il y a plus de deux générations est dépassé. L’attrait pour une Europe politique  de l’Atlantique à l’Oural à fait long feu.

traité rome_1957

Les ambitions démesurées d’élargissement à cadence renforcée, élargissement étendu à des pays qui font partie de l’Europe géographique mais ne sont pas européens en est une cause, le renforcement des pouvoirs supranationaux dont se sont arrogées les institutions européenne, la technocratie, le déni du rôle des Etats-membres dans la gouvernance européenne, l’ignorance des opinions des citoyens dans les pays-membres en est une autre. Enfin la chasse sourcilleuse aux sorcières populistes, une politique de gestion des émigrés et des réfugiés au mépris de notre civilisation de nos valeurs judéo-chrétienne, de nos convictions laïques ou religieuses ont sapé la confiance que les citoyens portaient à l’Europe ‘’des Pères fondateurs’’.

Le vingt-cinquième anniversaire du traité de Maastricht n’a pas donné lieu à de grandes festivités; ce quart de siècle d’existence a été célébré avec beaucoup de discrétion chez les Ediles européennes et dans une totale indifférence des citoyens de l’Union européenne à 28, qui seront bientôt 27. Après le séisme causé par le Brexit et la victoire du ‘’Leave’’ survenu en Europe, c’est maintenant la politique isolationniste et le concept protectionniste préconisés par le nouveau Président américain, Donald Trump dans la conduite de la politique des Etats-Unis qui constitue un nouveau cataclysme dans l’Union européenne.

Afin que l’UE ne sombre pas corps et biens dans ces bouleversements et qu’elle puisse tenter de contrer les partis (dits populistes) de gauche comme de droite aux prochaines échéances électorales, allemande, française, néerlandaise et pourquoi pas, nouvelles élections en Grèce, en Italie ou en Espagne ? et ….. ? c’est la course effrénée dans tous les milieux européens officiels, dans les innombrables Instituts d’études et de recherches attachés aux Institutions européennes pour tenter de reconstruire l’Europe. Peut-être, faudrait-Il organiser un concours d’idées des ‘’think tanks’’ pour parvenir à accoucher d’une proposition qui soit susceptible de trouver l’agrément de nos éminences grises européennes à défaut de recueillir l’adhésion des Etats-nations et de leurs citoyens, adhésion négligeable et absolument sans intérêt pour mettre en cause leur hégémonie.

De simples réformes ne suffiront pas face aux velléités de plus en plus affirmées des Frexit, Nexit, Oexit, Fixit, Swexit et autre Dexit ; si nos dignitaires devaient s’en satisfairent, ne serait-il pas plus efficace d’envisager sérieusement un Eurexit qui serait une sortie générale et ordonnée des pays-membres de l’Union européenne ?

Reconstruire l’Europe sur les mêmes fondations, sur les mêmes bases, avec les mêmes matériaux ne servirait à rien ; la ‘’maison Europe’’ est trop lézardée pour entreprendre ces travaux inutiles. Fi des rafistolages, de replâtrages, de modifications mineures d’architecture, toutes ces artifices de reconstruction ne serviraient qu’à repousser l’effondrement d’une maison en ruine. Il est nécessaire de refonder l’édifice européen sur de nouvelles bases avec, il va de soi, le consentement des Etats-membres et l’adhésion renouvelée de leurs citoyens. L’Union européenne est devenue, pour paraphraser les paroles du Général de Gaulle qui faisait allusion à l’ONU, « un machin » autocratique, technocratique, opaque, sinon rébarbatif aux yeux du citoyen lambda. L’Europe dans sa structure actuelle n’est plus viable sauf pour l’oligarchie qui s’est constituée dans ses Institutions et les myriades de fonctionnaires qui en vivent et s’accrochent à leurs statuts privilégiés comme naufragés à une bouée. Pour certaines de ces élites, une proposition quelle qu’elle soit, ne serait recevable que pour autant qu’elle accroisse leur pré carré, c’est-à-dire de voir transférer la souveraineté nationale (ou ce qui l’en reste) aux Institutions européennes dans une Europe fédérale renforcée. Pour d’autres, toute modification des traités, des règles européens sont acceptables pour autant que le recours au référendum sont évité Pour d’autres encore, il suffirait d’instaurer des ‘’super ministères’’ qui prendraient en charge, notre politique étrangère, notre politique de défense, notre politique économique, financière et fiscale, en un mot comme en cents, notre destinée ! Ces super ministères devraient disposer de nouveaux fonctionnaires, donc de nouveaux budgets à charge des contribuables que nous sommes, budgets dont ils disposeraient à loisir car incontrôlables et encore une fois, non sanctionnés par les citoyens-contribuables qui, en l’occurrence, ne les auraient pas élus et de ce fait, ne seraient pas tributaires de la ligne rouge du vote-sanction. Ces super ministères régaliens seraient sujets aux contraintes, non plus des Etats dont ils seraient issus comme c’est actuellement le cas, malgré les dénégations d’indépendance dont ils tentent de nous persuader, mais bien sous la coupe des lobbies, des ONG ou autres groupes de pression, qui hantent les couloirs des Institutions européennes ; ces ‘’super ministères’’ seraient également soumis, et pour s’assurer de l’adéquation des mesures prises à notre bien commun, aux Membres du Parlement européen dont les décisions sont purement idéologiques et partisanes.

Comme Monsieur Juncker avait pour ambition lors de sa nomination d’établir et de gouverner une Commission politique forte ; on doit se réjouir que cette volonté ait été tuée dans l’œuf notamment grâce au Brexit qui est survenu à point nommé pour démontrer toutes les limites de la capacité politique de la Commission ; à l’image du Royaume-Uni, d’autres Etats veulent, sinon emprunter le même chemin, du moins, conserver leur liberté de gouverner pour assurer l’administration et le bien-être de leurs citoyens et ne pas céder leurs prérogatives à des eurocrates irresponsables. L’Union européenne s’est donnée au fil du temps un statut non écrit de finalité politique et d’empire de droit divin auxquels les Etats européens vassaux auraient pour seule prérogative, non pas d’adhérer, mais de se soumettre ! Pourquoi faut-il élire des députés européens politiquement irresponsables, souvent mis en place par leurs partis soit pour effectuer une traversée du désert, soit pour terminer une carrière politique ou pour se débarrasser d’un de leurs élus gênant tout en lui conservant à celui-ci tous les avantages attachés à sa fonction , et ce, sans aucune sanction politique car ‘’nommés’’ ou placés en ordre utile par leurs partis alors que nous sommes en droit d’attendre des Eurodéputés élus, indépendants des règles partisanes, sanctionnés politiquement et surtout, proches de leurs électeurs loin d’être retranchés dans leur ‘’Tour d’Ivoire’ de l’hémicycle de Strasbourg ? Pourquoi faut-il avoir des Commissaires européens nommés par la seule détermination de compromis ou de compromissions et démocratiquement (?) adoubés lors d’hearings de façade par le même Parlement européen ? Pourquoi faut-il que les Instances européennes rémunèrent 35.000 fonctionnaires avec leurs salaires, leurs indemnités aussi nombreuses que variées et leurs privilèges grâce à des budgets sur lesquels nous n’avons aucun contrôle démocratique ? Pourquoi faut-il que nous rémunérions sur nos deniers de nombreux assistants des parlementaires européens, des bureaux d’études, des instituts de toutes sortes qui gravitent en apesanteur tels des satellites en orbite autour des Instances européennes avec comme carburant, la consommation de plantureux budgets.

Pourquoi faut-il une Cour de Justice européenne dont les décisions ne reposent ni sur la sensibilité ni sur la culture, ni sur les traditions des pays-membres dans toute leur diversité mais qui prétend juger suivant ses fondements qui seraient universels mais plutôt, qui rend justice sur des critères juridiques qui lui sont propres et doivent être obligatoires pour les 28 (27) pays alors que suivant le dicton bien connu : « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà » les arrêts ne sont pas mesurés à l’aune de la sensibilité de la nation d’origine ; une justice universelle ne peut être juste !

Les Institutions européennes ne peuvent plus décider sans consultations et sans l’approbation des autorités nationales suivant le principe : ce qui est bon pour Bruxelles, Luxembourg ou Strasbourg est bon pour tous les Etats-membres. Il n’y a pas une Europe, il y a plusieurs nations européennes, plusieurs peuples européens dans toute leur diversité !

Les Européens dans leur large majorité ne veulent pas ni d’un fédéralisme, ni d’une intégration plus poussée qui domineraient leurs Etats nationaux, leurs nations auxquels ils sont attachés par leur histoire, leur patrimoine commun, leur vivre-ensemble alors que la nation Europe, n’a jamais existé, n’existe pas et n’existera jamais malgré tous les efforts de nos élites européennes pour nous en convaincre. Il faudrait faire table rase du passé mais la seule idée d’une révision des traités et de la nécessaire voie référendaire pour les approuver glacent d’effroi nos Eminences européennes trop attachées à leurs sièges et à leurs privilèges.

Il existe néanmoins une voie qui permettrait de jeter les bases d’une Communauté européenne et de construire une Europe nouvelle débarrassée de ses vieux démons en permettant à chaque Etat de choisir le niveau de sa participation : adhésion à part entière, association négociée, coopération… Les suites du Brexit ouvrent peut-être une voie pour y conduire ?

Les négociations qui vont se dérouler pour parvenir à un accord avec le Royaume-Uni sont mal engagées en raison des pressions, menaces, chantages qui ont précédé le référendum, sont encore à l’ordre du jour et le seront encore plus lors des négociations pour tenter de dissuader d’autres pays de prendre également la porte de sortie. Si par la raison ou par la chance, ces négociations devaient aboutir, elles peuvent créer un précédent et ouvrir la voie à un statut inédit qui serait euro-compatible et débarrassé des ukases et diktats européens. Cette conclusion aurait pour conséquence de changer la nature même de L’union européenne, non pas de la transformer mais bien de la reconstruire sur de nouvelles bases qui répondent à l’aspiration de la société dans laquelle nous vivons et dont le contexte a bien changé depuis maintenant 60 ans….

Les Etats-nations doivent reprennent la main et s’engager dans une vraie négociation politique débarrassée de l’immixtion des Instances européennes ou de leurs grands missi dominici qui veulent faire la loi et imposer leurs décisions à tous les pays-membres. Ce ‘’new deal’’ fait clairement appel à changer la nature même de l’Union européenne. A l’image des Etats-Unis d’Amérique, la Constitution européenne devrait être simple et compréhensible par tous ; elle devrait se donner un ‘’Congrès’’ commun européen, émanation des Etats auquel seraient conférés des pouvoirs transférés par les Etats et ne plus recourir au ‘’top-down’’ mais bien au ‘’bottom-up’’

Nouvelle Constitution d’une nouvelle Europe démocratique née d’une expression de la volonté des Etats d’y adhérer et pour leurs citoyens d’être convaincus de son utilité.

Qu’on le veuille ou non, la source de la légitimité démocratique réside dans le contexte des Etats-nations, seul cadre juridique de l’adhésion de leurs citoyens.

 

UN NOUVEAU DEFI DE l’IMMIGRATION – LA LYBIE

UN NOUVEAU DEFI DE l’IMMIGRATION – LA LYBIE

Les chefs d’Etat des 28 pays-membres se sont réunis récemment à Malte pour un sommet informel ; suivant le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker, ceux-ci ont entériné une série d’actions concrètes proposées par la Commission européenne pour améliorer le management des flux migratoires et sauver des vies humaines en Méditerranée ! Pour des mesures aussi audacieuses et salvatrices, il n’y avait pas besoin d’un sommet, même informel, tant les actions concrètes évoquées sont vaines, incantatoires et sans effet pour endiguer cette vague migratoire qui vient chaque jour se jeter sur nos côtes avant de se déverser dans l’Europe toute entière. L’Europe encore une fois n’apporte aucune solution définitive et pérenne à la cette marée humaine qui, après celle en provenance du Moyen-Orient, maintenant de l’Afrique, vient accroître encore et toujours la population émigrée au sein de l’Union européenne. Madame Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne, qui est très clairvoyante à défaut d’être efficace, a déclaré qu’il n’y avait aucune solution à court terme. Quel constat d’échec !

Notre vertueuse Europe, donneuse de leçons démocratiques, s’est émue  et félicitée des ‘’Printemps arabes’’, elle a exalté la victoire de la démocratie sur la tyrannie des dictatures au pouvoir en Afrique et au Moyen-Orient. Que reste-t-il aujourd’hui de l’élan démocratique dans tous ces pays ‘’libérés’’ par l’adoption de nos valeurs occidentales, mais qui, contrairement à nos espoirs, sont maintenant gagnés par un ‘’Hiver islamiste’’ rigoureux. Même la Tunisie, après la chute du tyran, pays montré en exemple pour son évolution remarquable vers nos principes européens, principes que nous considérons comme universels et assimilables par toutes les civilisations, la Tunisie est maintenant sujette également à la terreur islamiste et compte une des plus grandes concentrations de djihadistes de toute l’Afrique. Nous avons dans certains cas soutenu ces révolutions démocratiques et participé pour certaines d’entre elles à l’effort de guerre  pour éliminer ces potentats qui sévissaient sur les berges de l’autre côté de ‘’notre Mare Nostrum, honte insupportable pour nos principes démocratiques.  C’était un devoir impérieux pour notre Europe exemplaire, « Prix Nobel de la Paix », de ‘’convertir’’ ces pays à nos valeurs exaltantes à l’image de celles de ‘’l’impérialisme angélique’’ de l’ancien Président américain qui a pratiqué la même politique dans le passé avec tous les échecs dont nos gouvernements européens, donneurs de leçons, se sont tellement gaussés et nous devons en convenir, avec le même résultat désastreux en ce qui nous concerne ; nos édiles européennes et nos gouvernants auraient dû plutôt en tirer les leçons ! Notre belle morale a ouvert une voie d’eau en Europe par le fait d’une migration incontrôlable et incontrôlée dont les vagues successives nous envahissent mettant en cause notre civilisation, notre culture et nos traditions judéo-chrétiennes.

Première vague d’immigration – La Syrie – l’Irak
Nous ne connaissons pas encore le prix définitif à payer pour cette hospitalité admirable, cette magnanimité sans limite que prônaient nos gouvernants alors que nous n’avions vécu et ne vivions encore que la première vague de migration, migration, que nous tentons par tous les moyens de contenir en Turquie, même au prix de reniements et de soumission honteuse aux diktats imposés par un dictateur dont nous dénonçons par ailleurs les dénis de démocratie mais, comme l’autruche, nos édiles européennes d’enfouissent la tête dans le sable pour ne rien voir de la dictature d’Erdoğan et tenter ainsi par tous les moyens de sauver ce deal honteux. Nos Eminences européenne se félicitent que la ‘’Route des Balkans’’ se soit tarie grâce à ce ‘’contrat du siècle humanitaire’’ avec la Turquie mais n’est-ce pas aussi, sinon plus, la fermeture des frontières par les pays périphériques à la Grèce, qui a endigué cette marée humaine, murs dont l’Europe se vante beaucoup moins puisque ces clôtures à ‘’la Trump’’ sont beaucoup moins glorieuses pour nos inestimables valeurs européennes. Ces frontières et ces murs sont-ils enfin les premiers balbutiements d’une ‘’Realpolitik’’ décriée mais tacitement admise par l’Union européenne afin de retenir les réfugiés dans leurs terres d’origine ou de les dissuader de tenter l’aventure afin d’éviter d’envahir l’Europe?

Deuxième vague d’immigration – Le Liban – la Jordanie – pays du Moyen-Orient
Deuxième vague ensuite de réfugiés dont ceux qui tenteront une nouvelle fois de gagner l’Europe par une autre route après avoir été refoulés en Turquie, migrants auxquels s’ajouteront ceux en provenance des camps de réfugiés du Liban et de la Jordanie, ceux issus de l’Afghanistan, du Pakistan et du Moyen-Orient qui empruntent la voie de l’Adriaroute, nouvel exode dont la facture nous sera présentée le moment venu par les pays d’accueil et de transit.

Troisième vague d’immigration – Le regroupement familial
Il n’a étonné aucune de nos Excellences européennes du nombre important d’enfants qui sont arrivés tantôt seuls tantôt accompagnés ou plutôt confiés à des passeurs familiaux non déclarés ou non identifiés comme tels. La première et par la suite, la deuxième vague de migration seront suivies d’une troisième transhumance en raison du regroupement familial, regroupement autorisé jusqu’à un degré de parenté dont on ne peut vérifier l’authenticité des liens familiaux et dont il est impossible de déterminer les degrés de parenté dans ces populations tribales ? Ce regroupement qui est une fatalité que nous devons accepter de par les conventions que nous avons signées et qui nous contraignent, mais également en vertu de notre devoir d’hospitalité et de notre solidarité sans limite toujours issus du même principe souverain de nos valeurs européennes.

Quatrième vague d’immigration – la Lybie
émigrés_libye]

Déjà, depuis le tarissement de la ‘’Route des Balkans’’, et de la difficulté d’emprunter l’Adriaroute, 200.000 réfugiés en provenance des pays du Moyen-Orient ont modifié leur cheminement vers la Lybie avec l’espoir de franchir la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Suivant certaines sources, 1.3 millions d’Africains seraient regroupés en Lybie dans des conditions que l’on devine, notamment par l’antagonisme ethnique et tribal ancestral de ces peuples. Déjà, 180.000 migrants africains ont atteint les côtes italiennes l’année dernière après avoir traversé la Méditerranée depuis la Lybie, 5.000 autres, qui n’ont pas eu cette chance, ont perdu la vie durant la traversée ! Ces milliers de victimes dont nous attribuons, la main sur le cœur, le destin tragique, à l’instabilité des pays d’origine, à la cupidité inhumaine des passeurs, ne sont-ils pas aussi notre culpabilité car nos bon apôtres européens ont non seulement créé un appel d’air, mais n’ont pris aucune mesure de dissuasion sérieuse en amont pour empêcher cette traversée mortifère de la Méditerranée.

Par volonté d’ignorance ou irresponsabilité, cette quatrième vague à laquelle nous sommes confrontés viendra s’ajouter aux 3 autres, non pas une vague, dans ce cas, il ne s’agit pas d’une vague mais d’un tsunami dont les populations qui seront emportées par ce flot, seront issues du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, peuples refoulés ou plutôt entraînes de force vers la côte libyenne par les assassins de l’EI et d’autres trafiquants qui règnent en maîtres dans plusieurs pays africains et contrôlent leurs axes routiers alors que nous laissons tranquillement les combattants de Daesch et de leurs filiales prendre position au Maghreb et en Lybie tout en nous gargarisant de leur quasi-perdition au Moyen-Orient. Ce ne sont plus uniquement des réfugiés contraints d’échapper aux conflits, mais des migrants qui fuient la misère et l’insécurité de leurs pays d’origine, qui viennent se rassembler en Lybie pour tenter ‘’la Grande traversée’’.

Depuis ‘’notre croisade’’ pour éliminer Kadhafi, ce sont des potentats locaux, chefs autoproclamés et réciproquement hostiles les uns aux autres qui tentent vainement de contrôler des milices incontrôlables qui font la loi. La communauté internationale a adoubé un chef de gouvernement ‘’d’union nationale’’ qui est contesté par tous les autres clans ou tribus mais qui, reconnu par l’ONU, empêche toute ingérence dans un pays indépendant. En effet le gouvernement en place et les conventions internationales, cartent toute possibilité d’intervention ‘’légale’’ à l’intérieur des eaux territoriales libyennes alors que la Lybie n’a pas signé la Convention de Genève sur les réfugiés ! On peut par contre, logiquement se poser la question de la légalité de l’intervention militaire de la France et du Royaume-Uni sur le territoire libyen avec l’appui de la logistique d’autres pays européens, soit une grande partie des armées de l’Union européenne pour éliminer Kadhafi. Légalité d’une guerre armée face à l’illégalité prétendue d’une possible intervention pacifique dans l’espace maritime libyen, sans parler de la protection aux frontières extérieures dont le franchissement n’est pas garanti par les forces libyennes mais plutôt favorisé par les ‘’bakchichs’’. Personne n’est dupe, les autorités en place participent à un trafic juteux, tellement juteux qu’elle font monter les enchères à tel point que le chef de l’actuel chef gouvernement libyen a demandé – avant le somment La Valette bien entendu – à l’UE de revoir son offre en forte hausse pour garder les réfugiés qui se sont rassemblés sur son sol avec la bonne grâce des autorités et qui tentent de subsister dans quelles conditions de traitement humanitaire ? Ces potentats peuvent tout aussi bien les refouler dans leur pays d’origine, ni vu, ni connu, en conservant le pactole des Européens naturellement, et mettre en place un va et vient perpétuel de ces populations . Que tourne manège avec la cécité, sinon la complicité des ‘’prétendues autorités’’ qui se disputent le pouvoir et la complaisance tacite de l’UE par la prise de mesures incantatoires totalement impuissantes à arrêter ce carrousel emballé qui prend de plus en plus de vitesse. Pour revenir à la politique menée par l’Union européenne en Lybie, nos Ediles européennes attendent-elles l’invitation d’un gouvernement légitime, lequel ? celui qui est en place mais contesté de toutes parts ou l’autre qui lui succédera avec la même légitimité tout aussi inexistante et les mêmes pratiques toutes aussi condamnables.
Nous invoquons l’impossibilité d’intervenir en attendant la reconnaissance de la légitimité non seulement par la communauté internationale mais aussi par le gouvernement libyen pour effectuer cette intervention humanitaire Au retour d’un déplacement récent en Tunisie, le Ministre des Affaires étrangères français avait annoncé que pour « solidifier le processus(sic), il ne serait pas inutile (sic) qu’il y ait une réaffirmation solennelle du Conseil de sécurité des Nations unies », et d’ajouter, « les modalités d’une intervention militaire ne sont pas à l’ordre du jour » ….. Nos Excellences européennes sont les acteurs impuissants de la célèbre pièce de Samuel Becket : En ‘’attendant Godot’’, « …..Godot viendra-t-il, Godot ne viendra pas ce soir, mais sûrement le jour suivant.…..» ; nous attendons patiemment, l’arme au pied, que les choses évoluent pour ne pas indisposer le gouvernement en place qui n’a aucun pouvoir ou plutôt ne pas heurter les souverainetés claniques de ce pays en décomposition alors que nous nous sommes précipités comme un seul homme pour nous offrir la tête de  Kadhafi, qui lui ne partageait pas, ni nos principes, ni nos valeurs comme si les groupes armés qui lui ont succédé et qui se combattent sans merci, eux, les défendaient !

L’opération de contrôle actuellement exercée actuellement par nos navires, ne peut que se limiter à des secours humanitaires à l’intérieur des eaux extraterritoriales dans le cadre de l’opération ‘’Sophia’’ ; nos forces navales sont censées étendre leurs incursions jusqu’aux cotes libyennes, mais ce déploiement doit être dûment autorisé par une invitation en bonne et due forme qui devrait émaner d’une autorité légitime,… un bristol peut-être ?
Pendant que nous attendons cette invitation libyenne et onusienne, quelques ONG franchissent, elles et sans autorisation aucune, les eaux territoriales pour prendre en charge les flots de réfugiés qu’elles embarquent au-delà de la limite de la capacité de leur bon cœur pour les remettre à nos navires de guerre qui ont pour tâche de les recueillir et de les amener à bon port ! Ne pourrions-nous pas au lieu de nous lamenter, faire référence au principe de l’ingérence humanitaire qui puise son fondement dans la ‘’Déclaration universelle des droits de l’homme’’ intervention qui pourrait être contestée dans le cadre d’un Etat mais qui pourrait être invoquée dans celui d’une communauté d’Etat, à savoir, la Communauté européenne qui ne pourrait être accusée d’impérialisme ou de mobiles politiques.
Ces migrants africains, nous les recevons par bateaux entiers. Ce n’est plus l’OTAN qui sera appelée pour venir à leur secours afin de lutter contre les passeurs mafieux et protéger les frêles embarcations qui franchissent les quelques encablures entre la Turquie et la Grèce. Dans ce nouvel exode, les bâtiments de la marine de quelque alliance militaire que ce soit seront impuissants  pour empêcher cette ‘’déportation forcée’’ par le chaos, l’insécurité, la faim, et la misère de ces peuples.

Vous,  Autorités européennes, nous revivons une fois de plus vos atermoiements, votre incapacité à faire preuve d’une politique qui réparerait en partie celle qui a conduit nos erreurs passées en Lybie. Votre incapacité d’agir est flagrante et nous devrons en supporter, une fois de plus, les conséquences. Jusque à quand ? La cheffe de la diplomatie, Madame Mogherini se lamentait : « il n’y a aucune solution immédiate…» Est-ce bien ce que nous attendons d’une politique hardie de la Commission européenne ? La conclusion du rapport du sommet des chefs d’Etat européen s’énonçait comme suit : « La Communauté européenne condamne la violation des droits de l’homme et le traitement inhumain des migrants et appelle les Autorités libyennes à leurs obligations pour garantir la protection et une amélioration considérable du respect des droits de l’homme ». Quelle audace, quelle hardiesse de nos Ediles européennes …..
Non, la ‘’Realpolitik’’ n’est pas encore l’apanage de nos décideurs…..qui ne décident rien mais discourent et subissent !