Archives mensuelles : mars 2017

LA DECLARATION DE ROME OU L’AVEU D’IMPUISSANCE DE L’UNION EUROPEENNE

Le ‘’Livre Blanc’’ présenté par le Président de la Commission européenne en ce début du mois de mars devait contribuer à orienter le débat entre les 27 chefs d’Etat et de gouvernement et à structurer la discussion lors du sommet de Rome et bien au-delà …..( ?) Ce ‘’Livre Blanc’’ était en fait un exercice vain, futile et incantatoire, pâle reflet d’une Europe en pleine crise ne sachant pas quelle direction prendre en n’en préconisant aucune afin que ce texte soit prestement enterré, le sommet de Rome aussitôt terminé. L’énoncé des 5 scénarii qu’il contenait était déjà décevant et donnait un avant-goût de ce que pouvait être ‘’la Déclaration de Rome’’, mise en scène obligatoire pour célébrer le 60ème anniversaire rehaussé par une déclaration incolore, inodore et insipide…

Le préambule de la ‘’Déclaration de Rome’’ est un agrégat d’autosatisfaction gratuite, de réalisations élaborées par l’Europe qui se targue d’être une « entreprise audacieuse et visionnaire ». Visionnaire ? le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne n’avait pas été anticipé dans cette vision. Entreprise audacieuse suivant ses acteurs actuels ? appropriation inconvenante de ces réalisations dès lors qu’une grande partie de cette audace créatrice et mobilisatrice était le fait des ‘’golden sixtiers’’ mais pas des eurocrates au pouvoir depuis plusieurs années.

La Déclaration martèle également cette contre-vérité : « aujourd’hui nous sommes unis et plus forts ». Comment peut-on débiter de pareilles inepties en feignant d’ignorer les problèmes posés par les pays du Višegrad alors qu’une action de condamnation de certains d’entre eux est menée à leur encontre !

Une Europe plus forte relève d’une malhonnêteté intellectuelle alors que le Royaume-Uni qui représentait un partenaire important vient d’entamer la procédure de séparation de son appartenance à l’UE !

Cette Déclaration souligne également une volonté déjà mort-née :« Nous agirons de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction……Notre Union est une et indivisible » ‘’Sonnez clairons, résonnez trompettes ‘’. Ce postulat est édifiant si on veut bien faire l’effort de se référer à l’allégation de progresser dans la même direction mais sans en définir ni les moyens, ni le but à atteindre.

Dans cette déclaration, il serait vain et oiseux de commenter les objectifs dont la réalisation n’est qu’une incantation verbeuse de lieux communs.
Cette ‘’Déclaration solennelle’’ n’est pas un exposé d’engagements contraignants mais relèverait plutôt d’une profession foi qui se limite à l’énoncé de bonnes intentions. Il est d’ailleurs amusant de noter que les textes relatifs au préambule et à la conclusion représentent le double du texte consacré aux objectifs , ‘’des mots, des mots, toujours des mots… ‘’ Il s’avère préférable de conclure en considérant qu’il fallait coûte que coûte célébrer le soixantième anniversaire de l’Union européenne, même dans la douleur et le déni par une ‘’Déclaration solennelle’’.
Ni fleurs, ni couronnes….

CONTRIBUTION AU 60ème ANNIVERSAIRE DE L’UNION EUROPEENNE

Ce 25 mars, le 60ème anniversaire de l’Union européenne est célébré à Rome. 60 ans déjà ! Le basculement dans le 3ème âge est toujours un moment délicat dans la vie d’un homme, c’est celui dans lequel un individu ressent son déclin et les déchéances qui en résultent au crépuscule de son existence. Il en va de même pour l’Europe, un membre l’a quitté à la veille de cette manifestation et l’atmosphère de la fête ne sera plus pareille ! ‘’Un seul être vous manque et tout est dépeuplé’’ Quo va dis Europa ? L’Union européenne vit une lente agonie et cette réflexion sur son avenir pourrait s’intituler : ‘’ Chronique d’une mort annoncée’’

Elle nous fait tous les jours la cinglante démonstration de son incapacité d’agir et de sa cécité devant les réalités qu’elle ne veut pas affronter, celle d’une Europe à bout de souffle face à la fronde de certains Etats-membres et à la désillusion de leurs citoyens. Il n’y a que les technocrates de Bruxelles, les Eurodéputés de Strasbourg, les fonctionnaires de Luxembourg pour ne pas (vouloir) s’en rendre compte ; opportunisme ou inconséquence ?

La construction européenne

’L’Europe de l’Atlantique à l’Oural ’’, citation attribuée au Général de Gaulle qui la prônait délibérément pour ne pas prendre le risque de la voir se réaliser, était et reste une utopie. C’est sur cette utopie que l’Europe ou plutôt la Communauté européenne qui était à l’origine une Union douanière de pays souverains, zone de libre-échange par la suite, que nos politiciens ont accepté de transformer, d’agrandir, délibérément alourdie par des institutions aussi nombreuses qu’inutiles, aussi transparentes qu’illisibles et pour paraphraser les paroles de Charles de Gaulle sur l’O.N.U., cette Union est devenue ‘’un Grand machin’’ dirigée par des technocrates, démocratiquement nommés (?), qui prétendent agir dans l’intérêt des Etats-membres et de leurs peuples. A cette construction toujours élargie et souvent rafistolée, il fallait bien donner une base morale à sa consolidation et plus tard à son extension ; l’objectif des successeurs des ‘’Pères fondateurs, restait toujours de garantir la paix et en son nom, mais par perversion, de parvenir à bannir les Etats, en assimiler leurs populations sous la bannière de cette ‘’Grande Europe’’. Dans cette nouvelle création politique, on a jeté pêle-mêle en pâture aux Euro-citoyens, des idéaux communs, des principes communs, des valeurs communes, une monnaie commune, des frontières communes, bref, tout ce qu’il y avait de plus commun au sens le plus commun du terme et ce, tout en y introduisant progressivement de nouveaux adhérents qui étaient eux aussi sensés respecter les généreux idéaux d’adhésion qui sont la pierre angulaire de l’Europe. Ce processus fut toujours effectué sans aucune consultation des citoyens des Etats-membres en les faisant participer au processus d’élargissement mais il s’agissait de ne pas heurter leurs opinions publiques et le cas échéant, éviter d’essuyer un revers. Le référendum de 2005 hante toujours les esprits de nos ‘’Eminences’’ européennes !, Europe des six pour initier la Communauté, Europe des neuf, Europe des dix, Europe des douze, Europe des quinze, Europe des vingt-sept et enfin Europe des vingt-huit. Toujours plus d’Europe, toujours plus de Commissaires, toujours plus de Juges, toujours plus d’Eurodéputés, toujours plus de fonctionnaires, …..35.000 bouches à nourrir ! Depuis 2005, aucune consultation de la population des pays-membres, n’a été organisée par l’Union européenne car le référendum est considéré par nos ‘’Excellences’’ comme anti-démocratique, alors qu’il permet aux peuples de s’exprimer directement sur des questions primordiales qui les concernent. Cette voie de consultation des peuples s’avère trop dangereuse pour le prétendu bon fonctionnement de la démocratie européenne ! Le peuple est bête, il ne peut pas comprendre les grands desseins européens concoctés par nos ‘’Elites’’ dans leurs ‘’Tours d’Ivoire’’ européennes, conseillés par des Institutions, des bureaux d’études, des instituts de toutes sortes qui gravitent en apesanteur tels des satellites en orbite autour des Instances européennes avec comme carburant, de plantureux budgets que nous leur allouons aveuglément.

La fracture nord-sud – du Cap Nord à Gibraltar

Fracture Nord-Sud, car ce sont les pays méridionaux du ‘’Club Med’’ : Italie, Grèce, Espagne, Chypre, Portugal  qui sollicitent assidument la solidarité européenne pour bénéficier de généreux transferts afin de soutenir leurs économies, de taux d’intérêt plus compétitifs équilibrés par une consolidation européenne qui leur permet de rendre leur dette soutenable et espérer qu’ils rentrent jour dans les critères de Maastricht. Quand et comment ? Dieu seul le sait. ‘’En attendant Godot ‘’ Viendra-t-il peut –être ‘’ (Samuel Becket 1948/52). En sus de budgets généreux qui leur furent alloués à des titres divers, se sont des aides magnanimes aussi nombreuses que variées qui leur ont été accordées sans examen critique des dossiers et avec la passivité ou pire, le manque de contrôle des autorités européennes sur tous ces fonds attribués. Pléthore de transferts Nord → Sud encore pour pallier les difficultés financières dues à de mauvaises gestions, à des gaspillages de toute nature, à des gabegies en tout genre afin de tenter d’établir un illusoire équilibre entre la riche Europe du Nord et la pauvre Europe du Sud ; Mezzogiorno italien à la sauce européenne en quelque sorte avec le même insuccès ! Pourquoi a-t-on admis ces pays à devenir membre de l’Eurogroupe alors qu’ils n’en avaient ni les capacités, ni les moyens, ni les vertus. Peut-être, pour intégrer quelques pays exotiques face à l’austérité et à la rigueur germanique, peut-être, afin d’aider la France à résister à la dégradation honteuse des agences de notation en lui permettant de s’arrimer aux pays vertueux et de rester membre du club de la zone septentrionale de l’Europe. Fracture, oui, entre les modèles latin et rhénan (*), entre une conception doctrinale diamétralement opposée de gestion économique et sociale entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud. Alors que les pays du Nord prônent un système de gestion faisant confiance à l’initiative privée, encouragent les investissements productifs, dimensionnent les dépenses publiques aux tâches que doivent remplir l’Etat et les collectivités dans le rôle qui leur est assigné, ils restreignent les investissements improductifs économiques ou sociaux à l’aune de leur absolue nécessité. A contrario, les pays du sud défendent une conception interventionniste de l’Etat dans l’économie, une société d’assistanat qui décourage l’initiative privée. Ils accroissent sans cesse les dépenses publiques pour financer et/ ou soutenir des activités qui ne sont ni de leur compétence ni de leur domaine d’action ; en consolidant la starification de la société, ils instaurent par là un immobilisme social au nom d’une égalité tarissant les sources de la promotion individuelle à l’encontre de la compétition innée chez l’homme pour parvenir à un meilleur avenir. Ce paradigme est basé sur un modèle social obsolète, distributeur de richesses qui n’ont pas encore été créées, décourageant les initiatives créatrices de ces richesses qui, non disponibles, sont néanmoins préalablement dépensées. Cette politique nécessite le recours à l’emprunt permanent, source de déficit pour la rétribution des intérêts et dont le remboursement pénalise anticipativement les générations futures. Poussée à l’extrême, c’est la gestion catastrophique passée et actuelle de la Grèce, qui par la faute d’une politique non collectrice mais distributive, a tari ses ressources et augmenté ses dépenses ; ce pays prodigue est forcé maintenant de recourir aux menaces et aux chantages pour voir les intérêts de ses dettes publiques reportés sine die ou voir celles-ci, tout simplement diminuées, voire, demain purement et simplement effacées parce que le pays du berceau de notre civilisation doit coûte que coûte rester dans le giron européen alors que qu’il n’avait pas la capacité morale d’adhésion à l’Union européenne et encore moins économique de faire partie de l’Eurogroupe. La France, elle, se trouve à la croisée des chemins et son parcours se rapproche dangereusement de celui des pays du ‘’Club Med’’ alors que c’est cette même France qui voudrait initier une partition harmonieuse de l’Europe en matière de gouvernance par le recours à une Europe à plusieurs vitesses et le cas échéant, à un Eurogroupe renforcé, doté d’un gouvernement et d’un budget propres sous domination allemande et française bien entendu. Dans ce deal, l’intérêt de la France est de définir un nouveau pacte de stabilité et de croissance à sa mesure afin d’éviter de décrocher des critères de Maastricht, l’intérêt de l’Allemagne est de renforcer son hégémonie sur l’Europe, ne faisant que confirmer une situation acquise. Alors que la France aurait dû faire l’objet de sanctions depuis de nombreuses années pour un déficit supérieur à celui autorisé par les ‘’critères de Maastricht’’ et des dépassements budgétaires endémiques qui engendrent une dette qui avoisine les 100% du PIB, il n’est pas question pour ce ‘’Grand pays’’ de se voir infliger des sanctions par une application stricte de ‘’la Règle d’Or’’ qui devait solennellement être gravée dans le marbre de la ‘’Table des lois’’. La France fait l’objet de la mansuétude de la Commission européenne et ne s’encombre plus de recommandations pour lesquelles elle ne se sent pas concernée en tant que pilier de plâtre (fragile) de la Communauté européenne !

Le résultat de cette fracture se manifeste dans la montée de l’extrême droite dans les pays du Nord pour lesquels ces transferts sont devenus insupportables en raison d’une pratique qui est devenue courante et d’un défaut potentiel de certains pays débiteurs de rembourser leurs dettes mais également par l’attitude arrogante de leurs populations qui sont offusquées, voire révoltées, par les efforts qui leur sont demandés en retour des fonds qui leur sont alloués. Montée également, mais de l’extrême-gauche cette fois, dans les pays du Sud qui tirent profit de leur situation sociale désastreuse pour accuser de tous leurs maux, moins l’Europe que les pays créditeurs,…. La fracture Est-Ouest – L’Europe de l’Atlantique à l’Oural

A l’ouest, il ya une île dont l’attachement à l’Europe n’est pas une tradition séculaire….

Le référendum sur le Brexit, initié à l’origine par le gouvernement britannique et qui ne pouvait, ni être sanctionné, ni récusé par les Autocrates européens, a été couronné de succès, mais violemment contesté par des arguties d’eurolâtres qui manifestement n’avaient pas digéré cette cuisante défaite européenne, ils s’insurgeaient contre la victoire d’un peuple libre et démocratique, voix populaire, et de plus, ne leur déplaise, consacrée par la voie parlementaire. ‘’Vox populi, vox dei’’ maxime honnie par nos ‘’Excellences’’ européennes. Il faut souligner la grande élégance du Royaume uni qui n’a pas voulu gâcher la fête du 60ème anniversaire de l’Union européenne par une officialisation de sa sortie du club des 28 et que le feu d’artifice jubilaire ne soit pas un tir de pétards mouillés. Le Général de Gaulle, toujours lui, s’était pourtant opposé en 1963 à la demande d’adhésion du Royaume-Uni en soulignant l’incompatibilité entre les intérêts économiques continentaux et insulaires. L’histoire lui adonné raison puisque ce pays a toujours ignoré la solidarité européenne, proclamant le slogan « I want my money back », n’étant pas partie des ‘’Accords de Schengen’’, refusant la monnaie unique et s’étant vu accorder des exemptions de toutes sortes en parfaite contradiction avec les règles communes européennes. Le ‘’Brexit’’ actuel est la dernière revendication britannique ! L’histoire a donné raison au Général de Gaulle…

L’Europe en route vers l’Oural…..Drang nach Osten…

Quant à l’échec de l’adhésion des pays, l’Est, il suffit de se référer à l’histoire de l’Europe pour comprendre que les pays d’Europe orientale n’ont pas vocation à adopter les valeurs européennes et en accepter les principes. L’adhésion à l’Union européenne était la condition sine qua non pour ces pays de bénéficier des budgets au niveau de ceux des pays-membres avec en prime, de plantureux subsides pour les inciter à rejoindre le clan occidental après des années d’esclavage soviétique. Cette vision utopique de nos édiles européennes s’est ternie lorsque la plupart d’entre eux, après leur adhésion à l’Union européenne, n’ont pas voulu de la monnaie unique (et n’en veulent toujours pas) mais qui plus est, s’est maintenant transformée en cauchemar lorsqu’ils se sont aperçus que cette adhésion ne reposait que sur un objectif mercantile et sur le recours à une défense procurée par le parapluie protecteur bon marché de l’Union européenne auquel ils préfèrent néanmoins celui de l’OTAN . Par contre, sur le plan des valeurs et des principes, pierre angulaire de l’Europe, ils refusent toute ingérence européenne dans la gestion politique et morale de leurs Etats. Les réactions exacerbées des pays de l’est-européen, notamment ceux du Višegrad-Gruppe dans l’Union européenne, Hongrie, Pologne, Slovaquie, Tchéquie, face aux évènements migratoires que nous vivons sont sans équivoque quant à la solidarité qui leur est désespérément demandée ; il ne doit pas, ni nous étonner, ni nous émouvoir  que ces pays ne veulent pas de la répartition des émigrés, ils ne veulent pas de réfugiés qui n’ont pas leurs principes moraux, leur civilisation, ni leur religion toujours omniprésente dans leur destinée sociale et politique; à cet égard, l’histoire aurait dû servir de guide à notre décision mais leur adhésion a été acceptée alors que si ces pays ont adhéré à la Communauté européenne, ce n’est ni par souci d’appliquer ses principes, ni ces valeurs mais plus prosaïquement et seulement pour bénéficier de la manne des budgets et des aides européennes.

 

C’est la Commission européenne qui, par sa volonté d’accueillir des flots de réfugiés et d’en répartir la charge entre les pays-membres pour résoudre la crise migratoire sans concertation, exaspère ces pays. La Bulgarie, Croatie, Hongrie, Roumanie, Slovénie viennent de faire un véritable pied de nez à l’U.E et lui infliger un cinglant camouflet pour démontrer son incapacité d’avoir anticipé et actuellement de gérer la crise migratoire. Budapest serait prêt à organiser un référendum si les Institutions européennes en arrivaient à vouloir les obliger à accepter des réfugiés dont la civilisation ne correspond pas à celle de leur population ; peut-on leur donner tort ? Il faut croire que oui puisque la Hongrie et la Pologne font maintenant l’objet d’une procédure de l’Union européenne pour leur non respect de ses valeurs fondamentales du ‘’Saint Empire Européen’’ !

A l’est, les pays d’Europe orientale sont en Europe, ils ne sont pas dans l’Europe….

De plus, et sans tenir aucun compte de l’expérience vécue et encore moins des problèmes posés par ces pays des Balkans, la Commission envisage d’engager une procédure d’adhésion pour des pays qui sont à la marge de l’Europe, l’Albanie, la République de Macédoine, le Monténégro et la Serbie …..sans évoquer la Turquie dont la provocation actuelle mériterait tout simplement une rupture de la procédure sans attendre que soit instaurée la peine de mort ! Il ne faut en aucun cas déplacer le centre de gravité de l’Europe et accueillir des pays dont les principes et les valeurs sont de plus en plus distinctes avec l’éloignement. Aux problèmes auxquels nous devons faire face vis-à-vis des pays du centre-est européen, s’ajouteront ceux d’une instabilité récurrente, de haine vivace et séculaire entre ethnies et ‘’last but not least,,, d’une corruption endémique qui touche tous les niveaux des pouvoirs en place.

Si ces pays requièrent des fonds et comme tous les autres pays de l’est, prétendent bénéficier de nos transferts Ouest → Est déjà évoqués, notre esprit généreusement paneuropéen ne doit pas nous exalter et doit s’arrêter à l’intérieur de nos frontières extérieures actuelles qui sont déjà très difficiles à gérer et à protéger ; les accords avec ces pays doivent se limiter à leur consentir des fonds de développement mesurés, soumis à la réalisation de projets viables et contrôlés avec comme devoir de réciprocité, d’améliorer leurs économies, leurs finances, leurs niveaux sociaux et culturels sans gaspillage, ni corruption.

Charles de Gaulle, l’un des derniers hommes politiques clairvoyants que notre continent ait connu, avait eu l’immense lucidité de pressentir que cette Europe rassemblant tout un continent qui avait été convoitée par les grands conquérants au cours de son histoire était une conquête du graal impossible à conquérir ni dans la politique, ni dans les cœurs. Tous les souverains, les autocrates, les despotes qui ont voulu au cours des siècles, par l’esprit, par la pensée, par la religion ou par l’épée, réunir les états ou mieux, les peuples européens, ont échoué dans leur tentative. Un ‘’Etat européen’’ ne pourrait être que technocrate et dirigiste pour être en mesure de gérer, par un pouvoir centralisateur, autant de politiques nationales divergentes que de pays le composant, alors que la nation européenne, malgré toutes ces contraintes, celle des peuples n’existera jamais ! L’Europe n’est pas une, ni par son histoire, ni par ses peuples, ni par ses cultures, ni par ses religions, elle est au contraire multiple, complexe, hétérogène et c’est très bien ainsi. Cette lente agonie de l’Europe est parfaitement le reflet de toutes ses disparités qui éclatent au grand jour à l’aube du troisième âge. L’Europe n’a pas d’avenir sans une refonte fondamentale de ses objectifs, de ses capacités, de son fonctionnement, elle doit peut-être mourir comme le phénix pour mieux renaître de ses cendres !

(*)

 

 

 

 

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LA RENAISSANCE DE L’EMPIRE OTTOMAN

La renaissance de l’Empire ottoman

Voici un an jour pour jour, le pacte était signé entre l’Union européenne et la Turquie sur la question des réfugiés ; par ce traité, une épée de Damoclès, un cimeterre en l’occurrence, était ainsi suspendu sur l’Europe. Nos Eminences européennes ont été obligées à fermer les yeux sur la montée en puissance de la dictature en Turquie et ont été forcées d’avaler des couleuvres aux couleurs du nouvel empire ottoman en raison des entorses répétées aux principes fondamentaux des droits de l’homme en général, sur le respect inébranlable des valeurs morales européennes que nous imposons à tous les candidats à l’adhésion en particulier. Valeurs dont nous sommes les ardents protecteurs lorsque leur défense ne nous coûte rien. Ces principes inébranlables ont été foulés au pied par l’Etat turc de façon répétée et généralisée à tous les domaines de la fonction publique mais sans réaction vigoureuse de nos édiles européennes, sauf des indignations de pure forme. Nous payons au prix fort le deal honteux que nous avons souscrit avec la Turquie. Les pressions récentes, les attaques verbales proférées par un dictateur sont intolérables. Ce n’est qu’une première offensive de l’ancien Empire ottoman mais qui ne sera pas la dernière. La réplique des dignitaires européens et de certains Etats-membres fut dérisoire face à cette agression verbale et peu diplomatique mais pour combien de temps encore ?).

Ce n’est plus l’Union européenne qui dicte sa loi à la Turquie pour satisfaire aux principes démocratiques et aux valeurs européennes qu’elle lui impose afin de parvenir à son adhésion à L’Union européenne, ce sont les menaces de la Turquie qui provoquent atermoiement et prostration parmi les Instances européennes. La tentative récente d’immixtion de la politique intérieure turque dans les pays de l’Union européenne en est la démonstration flagrante. Ce camouflet cinglant n’a provoqué aucune réplique unanime d’aucune des Instances européennes pour interdire à priori aux ministres de cet Etat de faire la promotion électorale de leur Président dans les pays de U.E. parmi la diaspora turque qui peuple notre Europe de l’Ouest. Ce n’est qu’à postériori que nos courageux dignitaires européens se sont émus de cette ingérence d’un nouveau sultan musulman en Europe pour engranger les votes de ses compatriotes turcs en sa faveur. Par la suite, mais à la suite seulement, c’était moins redoutable pour ne pas risquer de ternir nos excellentes relations avec la Turquie, le Président du Conseil européen s’est bien scandalisé de l’attitude intolérable du Président Erdoğan envers les Pays-Bas alors que Rotterdam a maintenant un bourgmestre marocain (où est le rapport ?!, celui de la Commission s’est bien ému des reproches qualifiés de nazis et fascistes du nouvel empereur ottoman mais dédouane sa Commission en déclarant « Die EU will nicht der Türkei beitreten, die Türkei will der UE beitreten» –  » L’Union européenne ne  »veut pas »  ( ne demande pas ?)l’adhésion de la Turquie, c’est la Turquie qui demande cette adhésion’’. Soulignons également l’attitude courageuse de la ‘’Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité’’  Madame Fedrica Mogherini qui, elle, qui a tout simplement renvoyé les Etats-membres à leur compétence nationale sans autre forme de procès ! Les Europarlementaires quant à eux ont courageusement confirmé une résolution déjà adoptée en novembre 2016 pour geler les négociations sur l’adhésion de la Turquie à la C.E. mais ce sont de pures incantations sans effet alors que l’Europe distribue toujours aussi généreusement des aides à la Turquie pour encourager ce candidat à l’adhésion à atteindre les critères européens ! Il est vrai que la menace d’une suspension des versements a été soulevée, menace qui restera probablement non suivie d’effets. Les versements doivent se poursuivre tant que la procédure d’adhésion n’est que gelée et non éteinte ; de plus, les effets d’une révocation seraient dévastateurs par l’arrivée d’une nouvelle vague de réfugiés, candidats à l’exode, volontaires ou non qui seraient invités, sinon poussés hors de Turquie vers nos côtes pour envahir l’Europe. En fait, nous tremblons que la Turquie ne mette fin unilatéralement au deal dont le Président de la Commission, Monsieur Juncker se félicitait il y a exactement un an de cette réussite par cette déclaration : « c’est un bon accord qui va changer la donne  » cette négociation n’était en fait qu’un jeu de dupes puisque le dictateur qui n’avait pas caché ses cartes, était déjà à l’œuvre dans sa promotion très personnelle de la démocratie, ce que tous nos dignitaires européens connaissaient mais ne s’en indignaient pas (encore) ! Pour fêter dignement l’anniversaire de sa victoire sur l’Europe, Erdoğan a enchaîné les attaques directes. En effet. Le 16 mars, il avait accusé la Cour de justice de l’Union européenne d’avoir « lancé une croisade contre le croissant», celle-ci ayant estimé qu’une entreprise pouvait, si elle le souhaitait, interdire le foulard islamique et un jour plus tard, il braillait : « J’en appelle à mes citoyens, mes frères et sœurs en Europe […] Allez vivre dans de meilleurs quartiers. Conduisez les meilleures voitures. Vivez dans les meilleures maisons. Ne faites pas trois, mais cinq enfants. Car vous êtes l’avenir de l’Europe. Ce sera la meilleure réponse aux injustices contre vous.»

En 1998, Erdoğan est condamné à une peine de prison, après un discours qualifié d’incitation à la haine incluant un poème  du poète nationaliste Ziya Gökalp, au cours d’un meeting à Siirt, dans l’est du pays. Il cite ainsi ce passage :
« les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats»

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La Turquie a choisi son camp et son récent accord avec la Russie montre bien l’orientation de sa future politique vis-à-vis de l’Europe et très probablement vis-à-vis de l’OTAN.

Le retour de l’empire ottoman est en marche !

LE TEMPLE EUROPEEN DU 60ème ANNIVERSAIRE

Le temple européen du 60ème anniversaire

Cette caricature représente admirablement l’état du temple réservé à nos hauts dignitaires européens pour célébrer le 60ème anniversaire de l’origine de l’Union européenne.

temple_grec_c$Nos brillants architectes européens ont conçu une structure pour écraser les peuples européens sous ce fronton, mais à y regarder de plus près, ce bâtiment manque d’équilibre. En effet, le pauvre polonais que l’on devine être Lech Kaczyński se trouve en équilibre précaire par défaut d’accepter de voir appliquer à son pays les valeurs morales européennes. Pour faire contrepoids à gauche de l’édifice, il eut fallu placer dans la même position l’evzone Tsipras, cette posture nous eut permis de voir ce qu’il cachait sous sa jupe comme carte pipée pour la sortir comme joker afin d’obtenir nos aides financières malgré la gestion défaillante de son économie dont nous payons le prix.

 

NOS PARTIS POLITIQUES SURVIVRONT-ILS ?

Nos Partis politiques survivront-ils ?

Vivons-nous les dernières années de la vie politique telle que nous l’avons vécue depuis l’avènement de nos démocraties modernes ? Gouverner est issu d’un contrat moral entre représentants et représentés ; ce contrat est fondamental pour la saine pratique de la vie politique en démocratie pour autant qu’il soit respecté, ce qui n’est plus toujours le cas actuellement. La politique est essentielle car elle encadre notre vie, elle en définit les règles du jeu. L’intérêt de la politique pour les citoyens est indispensable pour éviter de sombrer dans une dérive qui pourrait mettre en péril notre démocratie. Mais la question de cette relation contractuelle mérite d’être posée, les partis politiques sont-ils encore en capacité de la gérer et ont-ils encore la crédibilité suffisante pour assurer l’exercice de ce contrat moral entre gouvernants et gouvernés ?

  1. L’Avenir de nos partis politiques

Devant l’échec des partis souvent dénommés ‘’traditionnels’’ dans plusieurs de nos pays occidentaux, la montée des extrêmes, qu’ils soient de droite ou de gauche, la mise en cause de la classe politique ou l’indifférence de citoyens face à ‘’la chose politique’’, la question est de savoir quel est l’avenir des partis en place sur la scène politique. Les partis sont souvent contestés et leurs dirigeants fréquemment désavoués par les citoyens qui sont désorientés ou lassés ‘’du jeu politique’’ qui leur est proposé. Dans notre démocratie en rupture, ce sont les partis qui détiennent le pouvoir et qui l’exercent intégralement sans la supervision et encore moins, la sanction des citoyens. La ‘’Vox populi’’ est devenue inaudible pour les caciques des partis qui sont devenus des autocrates sourds aux aspirations de leurs citoyens car sûrs de leur pouvoir sans partage, ni contrôle populaire. Notre démocratie est devenue particratie et nos gouvernants, ne sont plus des hommes politiques au sens noble du terme mais des politiciens ; quels que soient leurs mérites, ce sont des autocrates inamovibles. Même si la plupart d’entre eux ne sont pas, ni malhonnêtes, ni corrompus, les citoyens sont lassés de la tradition partisane, de la structure immuable des partis politiques et de la reconduction perpétuelle de leurs mandants.

Les grands Hommes d’Etat qui ont façonné notre histoire politique d’après-guerre reposent au ‘’Cimetière des Eléphants’’ et il serait possible de faire un parallèle entre l’engouement européen lors de la création de l’Union européenne, de ceux qui portait le ‘’projet Europe’’ par leur charisme, leur force de caractère et l’adhésion populaire qu’ils suscitaient, qualités qui contrastent totalement avec la désaffection, le désamour des citoyens européens pour l’Europe technocratique telle qu’elle est devenue maintenant, éloignée des préoccupations des peuples, excuse facile pour les politiciens nationaux qui en portent une lourde responsabilité. Il faut bien reconnaître que ce désamour et parfois, ce dégout de la chose politique est dû pour une grande part à la disparition de ces Hommes d’Etat qui se dévouaient corps et âme pour le bien commun, celui de leurs citoyens. Dinosaures d’un autre temps, d’une race disparue ! Dans le passé, Il y a toujours eu des ‘’brebis galeuses’’ mais elles étaient moins nombreuses qu’à présent ; il existait une éthique auto-respectée qui n’avait pas besoin de charte ou de déclaration d’engagement déontologiques écrites et signées (mais peu respectées) comme c’est le cas à l’heure actuelle. La transparence, volonté affichée par tous nos politiciens, n’est qu’un argument de façade; en matière d’étique, la question n’est pas la transparence mais bien l’intégrité, le respect inné et rigoureux de la moralité, là est la question !

Les gouvernants d’une époque révolue ne passaient pas leur temps, dont ils auraient eu la conviction que c’était du temps volé à leurs électeurs, à se quereller sur des sujets futiles ou de monopoliser les médias pour persuader les citoyens de leur activité débordante en leur faveur. Nous vivons une frénésie du rythme médiatique dans laquelle il faut communiquer en temps réel sur tout, partout et dans tous les domaines même sur ceux qui restent du domaine de la vie privée mais sont étalés au grand jour sur la place publique ! Nos mandataires passent de plus en plus de temps en commissions d’enquêtes de toutes sortes dont celles crées pour dédouaner les uns en compensation de l’impunité des autres. Ces réunions ne servent le plus souvent qu’à laver le linge sale en famille afin qu’il présente après lavage une blancheur virginale à l’extérieur mais ne sont pas exempts de tâches indélébiles à l’intérieur. Sans vouloir mettre en cause exagérément l’honnêteté matérielle de nos dirigeants politiques, on peut légitimement s’interroger sur leur honnêteté intellectuelle et leur qualité d’exemplarité dans l’exercice de leur fonction.

Afin de donner l’impression aux citoyens qu’ils participent activement à l’élaboration des questions législatives, certains pays ont donné la faculté de présenter des pétitions qui, moyennant un certain quorum, peuvent être présentées à leur Chambre des représentants. Par manque de fondement ou d’intérêt général, par la fantaisie de certaines requêtes, par la futilité de certaines autres, elles rendent irrecevables nombre d’entre elles avant même leur présentation à l’Assemblée chargée de les examiner. Pour celles qui sont recevables, les pétitions seront adoptées  ou rejetées suivant l’intérêt général ou particulier des représentants en charge de les examiner; il s’agit en l’occurrence d’un simulacre de démocratie participative !

Il est de plus en plus courant pour le citoyen de pointer du doigt l’incapacité des hommes politiques qui nous gouvernent pour résoudre leurs problèmes et de répondre à leurs préoccupations. Le découragement, voir le dégoût de la chose politique, sont largement répandus parmi les citoyens qui se sentent exclus d’un’’ jeu politique’’ dont ils ne sont pas les acteurs ou tout simplement parce qu’ils se sentent abusés et leurrés par ceux qu’ils ont élu.

Le découragement des citoyens provient aussi de l’indigence de la classe politique dans les débats publics et de l’attitude parfois schizophrène de certains élus dans leurs assemblées. Le comportement inadmissible de certains mandataires, le manque de respect, la plus élémentaire dignité et l’étalement sur la place de leur vie privée amènent les citoyens à ne plus s’intéresser qu’à la chronique des ‘’peoples’’ politiques. Il s’agit d’une politique de bas étage, petite politique politicienne dont raffolent certains médias pour abreuver le bon peuple, qui en redemande…et provoque l’anesthésie des électeurs au grand avantage des élus qui sont dispensés de leur rendre des comptes.

Les politiciens ‘’branchés’’ se pressent les uns et les autres, devant des micros ou des caméras pour donner des interviews surtout en fin de législature pour faire valoir leurs qualités afin de se trouver en position favorable sur les listes électorales, avec, accessoirement, la fausse image de faire campagne vers les citoyens pour assurer leur réélection, ce qui s’avère parfaitement inutile car les partis les ayant d’ores et déjà placés en ordre utile, éligibles pour les premiers, figurants pour les autres, vedettes dérisoires d’un jour pour les derniers. Ce n’est pas l’électeur-citoyen qui détient le pouvoir, ce sont les partis qui dictent leur loi. Le crédo politique des élus est de durer et tant pis, s’ils ne respectent pas le mandat politique que les citoyens leur ont confié, c’est leur parti en quelque sorte qui leur attribue ce mandat en les plaçant en ordre utile pour être élus tant aux parlements nationaux qu’au parlement européen, ce dernier étant souvent constitué par des députés nationaux déchus ou écartés par leur parti pour leur procurer une compensation à leur disgrâce interne.

Nos Représentants sont le plus souvent davantage redevables à leurs partis qu’à leurs électeurs ; leur élection est leur préoccupation première, celle de conquérir un siègeou de le retrouver à l’issue des élections. Ils ne visent en fait, que l’intérêt éphémère ou plutôt la séduction de leur électorat par des promesses pré-électorales. Leur crédo politique est de durer et tant pis si les citoyens qui les ont élus sont désenchantés par des promesses non tenues; d’ailleurs, les électeurs ne peuvent que juger, non pas sur des résultats, mais sur une communication appropriée de leurs élus pour les convaincre qu’ils sont hyperactifs et fervents défenseurs du mandat qui leur a été confié. Les communicants, l’importance de communication dans la chose politique a pris une place considérable et ce ne sont plus que de grands Hommes d’Etat qui sont nos mandataires, ce sont les politiciens qui confient leur image à de bons communicants, le message, lui, n’étant devenu que secondaire, c’est la présentation et la mise en scène qui sont importantes.

Les électeurs déçus par la particratie ont tendance à se détourner de leurs partis traditionnels pour se diriger dans une voie nouvelle qui leur est proposée par des partis qui sortent des sentiers battus et leur présentent une vue originale et inédite sur la gestion de la chose politique.

  1. la transition vers d’autres formes de gouvernance.

La faiblesse des partis politiques traditionnels, pour ne pas dire leur discrédit, laisse la place à des mouvements que l’on pourrait qualifier de partis de contre-pouvoir, soit, parce qu’ils sont issus des partis ‘’historiques’’ et formés par des dissidents ou par des contestataires qui, ne se reconnaissant plus dans leurs partis d’origine; ils ont la volonté de s’attacher à défendre les idéaux et les sentiments de groupes d’individus davantage sensibilisés par des thèmes plus citoyens, tels que l’environnement, les droits sociaux, l’identité nationale, l’Europe, la mondialisation, les migrants, etc….., thèmes qui se retrouvent généralement dans les discours des partis traditionnels mais rarement concrétisés dans leurs actes.

Ces partis populistes de droite comme de gauche sont amenés à disparaître, soit qu’ils sont par leur nature, éphémères dans la durée, soit qu’ils sont des proies faciles au phagocytage de leurs élus les plus en vue par les partis dont ils sont issus, soit par le désenchantement de leurs électeurs qui se sentent trompés par leurs déchirements ou leurs reniements issus par la prépondérance des intérêts personnels des uns et des autres sur les objectifs de leur parti ; Ils sont généralement confinés dans leur thèmes réducteurs sans projets d’envergure en dehors de leurs principes de base et n’offrent pas une vue globale, crédible et mobilisatrice sur une organisation alternative de la société.

Ces partis anti hégémoniques s’ils se présentent comme des recours antisystème, adoptent les mêmes structures obsolètes que celle des partis ‘’traditionnels’’, les mêmes schémas dépassés d’exercice du pouvoir, les mêmes recettes surannées d’attrait des électeurs; leurs dirigeants ont les mêmes ambitions personnelles que celles qu’ils dénoncent dans les partis traditionnels. Ils font usage des mêmes moyens de communication, des mêmes canaux de promotion médiatique au même titre que les partis qu’ils ambitionnent de remplacer.

Ces partis se veulent en dehors du système politique, rejettent le pouvoir en place et sont perçus par les partis traditionnels qui se voient contestés, comme des populistes, extrémistes fascisants pour les uns, extrémistes gauchistes pour les autres. Ils participent d’une façon ou d’une autre à l’ordre social établi et sont sinon intégrés du moins engagés dans le système politique en place. Leurs méthodes pour parvenir au pouvoir ne sont pas nouvelles, leurs hommes et femmes politiques ne sont pas différents de ceux qu’ils contestent cependant ils ont, pour le moment, mais pour combien de temps encore, le vent en poupe car ils sont à la mode, ils surfent sur la vague des difficultés et des scandales que nous connaissons mais leur radicalisation ne survivra pas et leur audience auprès des citoyens n’est qu’éphémère, Ils rentreront dans le rang, soit par leur division sur des thèmes plus larges que ceux de leurs principes et moins fédérateurs , soit parce qu’ils n’ont pas une vue réaliste sur une organisation alternative de la société ; leurs vues utopistes, extrémistes et irréalistes les diviseront jusqu’à leur disparition.

Les partis populistes de gauche comme de droite ont leur place dans la phase de transition que nous vivons car ils cristallisent l’effondrement de la classe moyenne et se veulent être la voix des sans-voix, des laissés pour compte de la mondialisation, les victimes de la politique libérale de la Communauté européenne. Les partis contestataires qui veulent donner une alternative sur l’échiquier politique au même titre que les partis traditionnels qui luttent pour leur survie, disparaitront pour faire place à une organisation politique toute différente de la société.

 

  1. l’offre future

Tout le fonctionnement de la démocratie est bouleversé par la modification sociétale sans précédent de l’espace public, par la troisième révolution, celle de l’industrie robotisée, celle de la finance, celle des services et par le raz de marée du numérique. La société se transforme au rythme des progrès technologiques actuels, la numérisation, les vecteurs de communication, la mondialisation de tous les facteurs idéologiques, sociaux, financiers, révolution qui façonne notre pensée, notre mode de vie, nos relations humaines et sociales. L’avenir est réservé aux différents groupements, groupes de pression, associations, proches des citoyens, structures auxquelles ceux-ci adhérent par conviction sinon par l’espoir de changement que leur donne leur place prépondérante dans la société. Ils représentent une génération spontanée qui ébranle les principes acquis et veulent reconstruire une société plus juste et plus citoyenne. Ce monde interconnecté est plus éduqué, moins crédule et surtout plus critique de ce que le pouvoir politique peut lui offrir, il se révolte contre les dénis de la gouvernance institutionnelle telle que nous la connaissons. L’information dont dispose cette nouvelle génération est illimitée, elle lui parvient en temps réel et sa diversité lui permet de mieux juger de la qualité et de la crédibilité de l’offre politique qui lui est proposée.

Les citoyens se sentent davantage représentés par ces nouveaux ‘’mandataires’’ qu’ils choisissent selon leur sensibilité, leurs aspirations, ce qui les conduit à une volonté de démocratie directe dont la réalité progresse de jour en jour.

La constitution et le regroupement de milieux sociaux ou de groupe de pression se substitue aux partis politiques et sont susceptibles de canaliser les aspirations individuelles pour la coordonner et l’organiser en revendication collective.               Activistes au bon ou mauvais sens du terme, ils agissent en marge ou contre le pouvoir en place en contestant ses représentants que sont les partis politiques et la particratie. Sous cette pression citoyenne, les partis disparaîtront de la scène politique et seront remplacés par des structures plus souples avec une relation plus directe entre les citoyens et le pouvoir confié aux structures sociales, qu’elles se dénomment : ONG, organisations patronales, syndicales, humanitaires,… Tous sont peu ou prou devenus des mouvements politiques et la plupart d’entre eux dépassent largement le but pour lequel ils ont été créés et se constituer en leviers de pouvoir avec lesquels il faut désormais compter. L’objet social de nombre d’organismes qui avaient la défense de telle ou telle cause, de telle ou telle mission se transforme en plateforme transversale de défense plus large et des regroupements sont en cours pour constituer des forces de pouvoir puissantes dans un univers mondialiste.

Toutes les discussions politiques et les décisions qui y font suite ne seront plus l’apanage des parlements nationaux ou régionaux mais seront assurées par la communication directe entre les représentants de ces nouveaux pouvoirs et leurs adhérents. Ces nouveaux courants politiques incarnent davantage les aspirations, les attentes, les besoins d’un monde différent, plus humain, débarrassé des jeux politiciens et des combines partisanes. Ils sont l’expression du décalage entre l’offre politique déliquescente que nous connaissons et la demande insatisfaite provenant de groupes sociaux qui ne trouvent pas leur place ni dans la mondialisation, ni dans la sphère politique actuelle qui leur est proposée.

Ils sont déjà dans certains domaines les acteurs ou spectateurs incontournables des évènements et deviennent les porte-paroles d’instances politiques alternatives contre les pouvoirs politiques en place qui perdent peu à peu leur légitimité et leurs prérogatives. Ils se substituent aux journalistes non plus comme rédacteurs ou commentateurs des évènements mais comme reporters au plus près de l’action, comme lanceurs d’alerte et leurs enquêtes d’investigation sont relayées par les réseaux sociaux qui sont les vecteurs privilégiés de leur action plutôt que les médias traditionnels dont ils sont devenus en quelque sorte les successeurs ou les concurrents.

La propagation massive d’Internet permet à ces groupes de s’organiser et de s’engager dans la vie politique sans recours aux médias traditionnels. Déjà, dans certains domaines, les citoyens participent à l’élaboration de textes fondateurs et définissent les modalités légitimes de leur gouvernance.

L’action politique est en train de se développer en dehors de l’isoloir et il serait temps, sinon déjà trop tard pour que le monde politique et les médias traditionnels en prennent la mesure. Ils sont encore à l’heure actuelle marginalisés, sinon rejetés mais toute forme de restriction de leur action, tout refus de leur apparition sur la scène politique serait ressentie comme une atteinte à la liberté fondamentale du citoyen.

Si ces forces vives, comme ‘’sœur Anne’’, ne voient rien venir, les pouvoirs en place s’en mordront les doigts ; tous les milieux politiques et médiatiques doivent prendre conscience de cette mutation de la société à laquelle ils ne pourront s’opposer malgré les moyens dont ils disposent !

Les partis politiques seraient-ils en train de disparaître à l’image des dinosaures qui n’avaient plus d’espace pour survivre dans un environnement qui leur était devenu hostile malgre leur puissante stature ?