Archives mensuelles : avril 2017

BREXIT OU EUREXIT

Le Brexit est maintenant chose acquise et les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de la Communauté européenne vont pouvoir commencer. Il est à noter que nos Elites européennes utilisent le terme ‘’divorce’’ auquel on prête encore une connotation négative en se référant à la procédure conflictuelle de séparation entre époux; Cette utilisation a-t-elle pour but d’exercer une pression sur l’opinion afin de mettre en exergue la trahison de la ‘’Perfide Albion’’ à la juste cause européenne ?

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Les Cassandres européennes avaient tort, l’île n’est pas en train de sombrer économiquement dans l’atlantique en raison de ce ‘’go alone’’. Les statistiques économiques récentes démontrent la bonne santé insolente du Royaume-Uni (meilleures que celle de la zone Euro ) ; le déficit budgétaire vient de passer sous la barre des 3% , déficit que d’autres pays éternels donneurs de leçons pourraient envier ! Certains de ces mauvaises augures vous diront que le futur reste hypothéqué et que cette vigueur économique et financière du Royaume-Uni n’est qu’éphémère. Les visionnaires de cet avenir sombre qui disent ressentir l’attentisme des milieux financiers en sont pour leurs frais ; ils peuvent se référer à l’indice boursier de Londres FTSE100 qui était de 6242 points au début 2015 et qui maintenant, flirte avec les 7.370 points fin mars, le CAC 40 sur la même période s’est seulement apprécié à 5.070 contre 4.640 points pour la même période tandis que le BEL 20 a progressé à 3.790 contre 3.280 points. Peu de bourses ouest-européennes peuvent se prévaloir de tels résultats, et comme chacun sait, sauf ceux qui sont aveuglés par leurs obstinations eurolâtres, la bourse reste un bon indicateur de la conjoncture économique prévisionnelle.

Quoiqu’en pensent nos Elites européennes qui se félicitent des manifestations anti-Brexit ou qui étaient à la manœuvre pour les organiser, ces démonstrations furent celles des élites financières, expatriées pour beaucoup d’entre elles et pour quelles raisons ? peut-être le charme du climat londonien ! mais plutôt les revenus de leur emploi souvent mieux rémunéré que sur le continent qu’elles préfèrent ne pas devoir regagner !

La décision irrévocable du Brexit est le résultat d’une procédure démocratique et incontestable initiée par un référendum populaire, approuvée par un vote à la Chambre basse à une large majorité, confirmée par un vote à la Chambre des Lords et enfin, promulguée par la Souveraine. Nos dignitaires européens pourraient peut-être s‘inspirer d’un tel esprit de démocratie, eux qui ne consultent, ni les citoyens, ni même leurs représentants nationaux élus !

Après des incantations, des implorations, des injonctions, des menaces, , en langage plus ou moins diplomatique provenant des Instances européennes telles que celles formulées par le Président Juncker : « Les “déserteurs” ne seront pas accueillis à bras ouverts », …..Le Royaume-Uni devra accepter d’être considéré comme un Etat tiers, que l’on ne caressera pas dans le sens du poil » ; celles provenant du Président français qui prévenait le Premier ministre britannique qu’elle devait s’attendre à une « négociation dure » si elle s’orientait vers un Brexit « dur ». « Je l’ai dit très fermement : Mme Theresa May veut un Brexit dur ? La négociation sera dure ». Madame le premier Ministre a bien compris le message et connaissant parfaitement l’histoire européenne, elle s’est inspirée de la bataille de Fontenoy pour faire sienne la célèbre expression : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ». Avant même la sortie officielle du Royaume-Uni elle a tiré la première salve d’avertissement avant d’engager la procédure requise par l’article 50 du traité de Lisbonne dans les délais impartis ; son message était clair et sans ambiguïté celui du choix d’un Brexit dur en déclarant  : « pas d’accord plutôt qu’un mauvais accord ». Il est tout de même assez curieux que ce soient les mêmes commissaires ou les mêmes parlementaires européens qui la pressaient d’agir, et qui maintenant, lui reprochent de vouloir ‘’le beurre, l’argent du beurre et le ‘’cul’’ de la fermière’’ alors qu’elle déclarait : « Pas d’appartenance partielle à l’UE, rien qui nous laisse un pied dedans, un pied dehors ».

Les négociations qui vont se dérouler pour parvenir à un accord avec le Royaume-Uni sont mal engagées avec les déclarations malveillantes de certains dirigeants européens qui font preuve de malhonnêteté intellectuelle à la lecture de la lettre officielle de demande de l’application de l’article 50 lorsqu’ils qui veulent lire entre les lignes, l’existence d’ intentions provocantes du document de la déclaration émanant du Gouvernement britannique.
Les antagonismes affichés de certains négociateurs, Michel Barnier, ancien Commissaire européen , repêché par Jean-Claude Juncker dans sa traversée du désert, anglophobe notoire dont la négociation n’est pas le point fort, Guy Verhofstadt, perpétuel excité du PE, ayant une dette à régler avec Nigel Farage, tous deux encouragés par leur mentor, Jean-Claude Juncker qui, pour manifester sa totale neutralité envers les négociations du Brexit, faisait le déclaration précitée. Heureusement pour le déroulement positif des négociations que le délégué du Conseil est un diplomate belge Didier Seeuws, ‘’neutre par tradition’’ qui représentera les voix des 27 pays paroles, propos qui seront, on n’en doute pas, plus conciliants et plus modérés en raison du sang froid tout britannique du négociateur mais, surtout de la nécessité de trouver un consensus au sein du Conseil. Les eurocrates, eux, sans responsabilité n’ont rien à perdre tandis que les représentants des pays-membres sont responsables d’une politique raisonnable conciliant leurs intérêts avec ceux d’un pays qui compte sur l’échiquier européen. En effet, le Royaume-Uni représente 13% de la population le l’Union européenne, 17% de son PIB, la moitié de son arsenal nucléaire et un siège au Conseil de sécurité de l’ONU !

Si par la raison ou par la chance, ces négociations devaient aboutir, elles peuvent créer un précédent et ouvrir la voie à un statut inédit qui serait euro-compatible et débarrassé des ukases et diktats européens. Cette conclusion aurait pour conséquence de changer la nature même de L’union européenne.

Les Etats-nations doivent reprennent la main et s’engager dans une vraie négociation politique débarrassée de l’immixtion des Instances européennes ou de leurs grands missi dominici qui veulent faire la loi et imposer leurs décisions à tous les Etats-membres.

Ce ‘’new deal’’ fait clairement appel à changer la nature même de l’Union européenne. A l’image des Etats-Unis d’Amérique, la Constitution européenne devrait être simple et compréhensible par tous ; elle devrait se donner un ‘’Congrès’’ commun européen, émanation des Etats auquels seraient conférés des pouvoirs transférés par les Etats et ne plus recourir au ‘’top-down’’ mais bien au ‘’bottom-up’’

Nouvelle Constitution d’une nouvelle Europe démocratique née d’une expression de la volonté des Etats d’y adhérer et des citoyens d’être convaincus de son utilité.

Qu’on le veuille ou non, la source de la légitimité démocratique réside dans le cadre des Etats-nations.