Archives mensuelles : septembre 2017

LE COMBAT DE BOXE DU BREXIT – U.E. VERSUS R.U.

Les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne s’annoncent difficiles sinon impossibles pour parvenir à un Brexit soft.

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Les préalables imposés par la Commission à un deuxième round de négociation sont une imposition irréaliste. Une négociation qui ne permet aucune concession de la part d’une des parties ne s’appelle pas négociation mais diktat ! Est-ce bien là une posture intransigeante déterminée d’emblée pour se mettre en position de force à la table de négociation ou la stratégie de la Commission européenne pour parvenir à mettre à genoux un pays-membre qui a trahi la belle construction européenne. Cette imposition irrationnelle des prémisses de négociation est-elle une ruse pour faire plier le Royaume-Uni qui, heureusement n’est pas prêt de se rendre à Canossa ou est-ce une nasse pour l’enfermer dans une impasse et démontrer ainsi que le Royaume–Uni ne voulait pas négocier, donc porterait l’entière responsabilité d’un échec qui pointe à l’horizon

Les négociations qui se déroulent pour parvenir à un accord avec le Royaume-Uni étaient déjà mal engagées avant même qu’elles démarrent avec les déclarations agressives de certains dirigeants européens qui faisaient preuve de malhonnêteté intellectuelle à la lecture de la lettre officielle de demande de l’application de l’article 50 en mars dernier lorsqu’ils lisaient entre les lignes, l’existence d’intentions provocantes du document de la déclaration émanant du Gouvernement britannique. Il fallait s’y attendre après des incantations, des implorations, des injonctions, des menaces, en langage plus ou moins diplomatique provenant des Eminences européennes préalablement aux négociations qui devaient s’ouvrir :
telles que celles formulées par le Président Juncker : « Les “déserteurs” ne seront pas accueillis à bras ouverts », …..Le Royaume-Uni devra accepter d’être considéré comme un Etat tiers, que l’on ne caressera pas dans le sens du poil » Pour le Président de la Commission, le référendum dont l’issue favorable au maintien ne faisait pas de doute se transformait en cauchemar ; il devait bien constater un échec qui fera date puisqu’il d’agit du premier membre quittant la Communauté européenne ; c’est cet échec de la présidence Juncker qui restera gravé dans les mémoires européennes !
– telles que celles provenant de l’ex Président français qui prévenait le Premier ministre britannique qu’elle devait s’attendre à une « négociation dure » si elle s’orientait vers un Brexit « dur ». « Je l’ai dit très fermement : Mme Theresa May veut un Brexit dur ? La négociation sera dure ». Il était difficile pour nos édiles européennes, malgré le vote démocratique du peuple anglais, d’accepter avec un flegme tout britannique un tel affront à la cause européenne !

Lors de la désignation des négociateurs, on pouvait déjà noter les antagonismes affichés de certains négociateurs face au Royaume-Uni, Michel Barnier, ancien Commissaire européen , repêché par Jean-Claude Juncker dans sa traversée du désert, anglophobe notoire dont la négociation n’est pas le point fort, Guy Verhofstadt, perpétuel membre excité du PE dont la sérénité n’est pas son état naturel, et de plus, ayant une dette personnelle à régler avec Nigel Farage, ces deux négociateurs encouragés dans leur fanatisme par leur mentor, Jean-Claude Juncker qui, ulcéré par son échec, pour manifester sa totale impartialité envers les négociations du Brexit, faisait les déclarations précitées. Heureusement pour le déroulement positif des négociations que le délégué du Conseil est un diplomate belge Didier Seeuws, ancien porte-parole de Verhofstadt ( ?) mais ‘’neutre par tradition’’ qui représente la voix des 27 pays qui sera, on n’en doute pas, plus conciliante et plus modérée en raison du sang froid tout britannique du négociateur mais, surtout de la nécessité de trouver un consensus au sein du Conseil pour ne pas rompre la belle unanimité affichée entre pays-membres.

Il avait été convenu que seul le négociateur désigné par la Commission avait voix au chapitre face à un négociateur représentant le Royaume-Uni. Il était impossible que le Président Juncker n’intervienne pas, lui également, au titre de la Commission étant donné son irrésistible prétention et son ambition démesurée de prééminence quitte à porter ombrage au négociateur en chef qu’il a lui même désigné.

Le Parlement ne devrait intervenir qu’en fin de parcours pour le vote du texte final. Guy Verhofstadt, désigné comme coordinateur pour le Parlement européen devait donc plutôt être assis dans les gradins comme spectateur pour suivre les négociations. C’était mal connaître le caractère fanatique et arrogant de ce parlementaire exalté intervenant sur tout et sur rien pour autant qu’il puisse se distinguer souvent de façon outrancière ou plutôt, avait-il été désigné sciemment pour son acharnement à intervenir hors du cadre qui lui avait été fixé et accessoirement pour en tirer un parti personnel et démontrer qu’en fait c’est lui qui serait le négociateur en chef ! Verhofstadt est un homme dangereux qui risque par ses excès  irresponsables et répétés de faire capoter les négociations ; il n’y que les Eminences européennes pour ne pas s’en rendre compte et le remettre une bonne fois pour toutes à sa place !

La cacophonie des négociateurs européens est maintenant devenue inaudible; on assiste à un assaut verbal entre ceux-ci, tel Verhofstadt qui joue la mouche du coche pour jeter l’opprobre sur le Royaume-Uni et sur son attitude aux négociations qu’il qualifie de fantaisiste ? (sic) ; il n’a pas de mots suffisamment virulents pour dénoncer l’imposture britannique, et ceux-là, tel Michel Barnier, qui menace, joue la montre, mais l’on s’aperçoit rapidement que c’est le Président de la Commission qui tire les ficelles de cette marionnette européenne qui lui doit sa nomination à ce poste de négociateur dont il n’a pas manifestement pas l’étoffe.

Seul Didier Seeuws, responsable de la ‘’Task force du Conseil européen pour la négociation sur le Brexit reste discret et ne participe pas à cette foire d’empoigne ; encore une fois c’est le Conseil représentant les Etats-membres qui fera la décision, c’est le seul organe crédible et responsable des Institutions de la Communauté européenne et naturellement il est la cible de la Commission et du Parlement qui veulent s’arroger les pouvoirs de tout gouverner au seul titre de leur soi-disant seule qualification démocratique de la Communauté européenne.

Le troisième round des négociations dont l’issue doit conduire à la définition des relations futures est un préalable qui constitue un obstacle quasi insurmontable à la réussite d’un Brexit amiable. Trois exigences sont avancées par le négociateur européen pour franchir le cap de ce troisième round :
– l’acceptation d’une facture de sortie et même si aucun chiffre n’a été publié, il est fait état d’un montant de 60 à 100 milliards d’Euro que le Royaume-Uni n’est pas prêt d’accepter.  A cette facture salée s’ajoute celle qui concerne les engagements du passé qu’un autre Commissaire bruxellois, l’ineffable Günther Öttinger, a évoqués, alors qu’il n’a aucun mandat de négociation, d’obligations financières à honorer jusque la fin 2020, auxquelles s’ajoutent la participation à des dépenses européennes jusqu’en 2023 !
– l’autre pomme de discorde est l’exigence de la garantie des droits des ‘’citoyens européens’’ résidents au Royaume-Uni  au même titre que ceux de ceux résidents dans les 27 pays-membres;  il s’agit d’une aberration puisque des droits différents (moindres) seraient dévolus aux citoyens britanniques et aux résidents étrangers ; de plus, ceux-ci pourraient recourir à la Cour européenne de Justice qui serait en fait une extraterritorialité de recours dans le traitement  des litiges et conflits internes  au Royaume-Uni
– la troisième exigence porte sur le rétablissement d’une frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord exigée par Bruxelles ; il s’agit d’une grave erreur qui risque de fragiliser l’accord de paix qui date de bientôt 20 ans et par cette revendication, de faire revivre les pires moments des violences entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. L’Europe qui se targue d’avoir pacifier un continent voudrait-elle maintenant encourager un nouveau pugilat ?

Trois rounds ont déjà eu lieu, deux autres sont programmés pour ce mois de septembre et le mois d’octobre avant une réunion du Conseil européen durant laquelle seront évalués les avancées des premiers échanges ; va-t-on se diriger vers la décision du Conseil d’un K.O, par arrêt du combat Brexit ! Un an et demi s’est écoulé depuis le référendum démocratique qui avait tranché en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ; les édiles européennes n’ont toujours pas encaissé ce coup-bas porté à leur idéal européen et n’ont rien perdu de leur frustration qui explique maintenant leurs revendications  immuables  et démesurées ainsi que leur arrogance à les défendre.

 

LES TRAVAILLEURS DETACHES – LA TRANSHUMANCE DES TRANSPORTEURS ROUTIERS DES PAYS BALTES ET DES BALKANS

Le Président français a remis à l’ordre du jour des questions européennes brûlantes et avec quelle fougue, le problème des travailleurs détachés dont on connaît déjà la pression de dumping social sur la survie de nos économies et le péril qu’ils représentent avec plus ou moins d’acuité suivant le besoin en main d’œuvre des pays membres, les secteurs concernés et la pénurie de main d’œuvre, c’est le cas de l’Allemagne ou celui du chômage incurable, c’est le cas de la France. En ce qui concerne les secteurs les plus concernés, il s’agit des entreprises de travaux publics et privés, de l’arboriculture, de la viticulture et des autres secteurs à fort taux de main d’œuvre non spécialisée dont les entreprises font appel à ces ouvriers, souvent pour compenser leurs rendements trop faibles et dont le seul coût du travail ne peut cependant fournir  la seule explication. Il est pour le moins curieux que les entreprises de transport routier des pays-membres ne se plaignent pas de cette concurrence déloyale venue de l’Europe de l’Est dans l’espace européen ?  Capture5Des camions de toutes nationalités de l’Europe de l’Est, des pays baltes aux Balkans sillonnent toutes nos autoroutes, routes nationales ou régionales pour des transports qui sont parfois des matériaux de construction, des matières de chantiers que l’on peut, sans risque de se tromper, faire l’objet de trajets courts, sinon, de cabotage. On peut aussi affirmer, sans risque d’erreur, que leurs chauffeurs sont issus de ces pays sont des travailleurs, non pas détachés, mais de travailleurs nomades dont les conditions de rémunération, les charges sociales sont aussi celles de leurs pays d’origine, éléments d’un coût salarial contre lequel les transporteurs routiers de l’Europe de l’ouest sont incapables de rivaliser. Ces transports routiers devraient représenter pour les entreprises de l’Europe de l’Ouest un dumping insupportable pour la rentabilité de leurs entreprises de transport, une perte de ressources intolérable pour les assurances sociales et un manque considérable de rentrées fiscales pour les pays auxquels échappent ces transports !

Le statut de ces routiers roumains ou de ces transporteurs lettons est le même que celui des travailleurs détachés qui sont visés par certains pays-membres à la différence qu’ils sont nomades et non résidents. Pourtant le déplacement de cette activité de transport vers les pays baltes et les Balkans n’est nullement mis en cause, ni par les entreprises de transport, ni par les autorités nationales, pour des raisons de concurrence déloyale qu’elles soient sectorielles, sociales ou fiscales.
Pour quelles raisons les entreprises de transport ouest-européennes, leurs fédérations nationales et leurs relais auprès de la Commission européenne ne crient pas au loup comme d’autres secteurs qui veulent réglementer plus sévèrement le statut des travailleurs détachés. Pourquoi ?

Pour y répondre, on peut supposer que les transporteurs de l’Europe de l’ouest ont ouvert des succursales dans les pays de l’est et qu’ils y organisent les transports qui échappent à leurs entreprises situées en Europe occidentale ou mieux, qu’ils y sous-traitent des transports rémunérés par leurs clients au prix fort à des relais locaux qu’ils rémunèrent aux conditions qui y prévalent et qu’ils engrangent au tournant les bénéfices de la différence des coûts salariaux. Il s’agit d’une dérive qui n’est pas dénoncée puisque profitable à une profession mais qui, au même titre que les travailleurs détachés, provoque une influence négative sur l’emploi. Les entreprises de transport, petites ou grandes, ouest européennes ont-elle des difficultés de recruter des chauffeurs qualifiés ou nos législations sont-elles trop sévères pour engager des chauffeurs routiers dans nos pays de l’Europe de l’Ouest ? Leurs conducteurs des pays de l’est, baltes ou balkaniques sont soumis à leur législation d’origine ce qui veut dire que leurs conditions sociales sont précaires, que leurs possibilités d’hébergement sont aléatoires, que leurs conditions alimentaires sont médiocres et que leur état sanitaire est déplorable, sans parler de l’absence de vie de famille. Ils vivent dans des conditions pires que les travailleurs détachés résidents dont les activités sédentaires sont soumises à une certaine surveillance, même si leur sort n’est pas des plus enviables.

Ces transports routiers de tous ces pays de l’est sont aussi nombreux que variés, semi-remorques, camions, camionnettes, à telle enseigne que leurs plaques d’immatriculations pourraient constituer un jeu de cartes ; ces véhicules encombrent nos routes et constituent un danger réel pour les usagers que nous sommes car ils sont souvent en contravention avec nos législations ouest-européennes : surcharge, temps de conduite dépassé, horodateurs trafiqués, etc. et ils sont à l’origine de nombreux accidents, dus à l’état déplorable des véhicules, la perte de chargements, un état de fatigue non contrôlée y sont monnaie courante.

Il serait intéressant de savoir quelles sont les incitations financières qui prévalent dans les pays baltes ou ceux des Balkans pour acheter et immatriculer des véhicules de transport  ainsi que pour assurer leur amortissement ? Des aides communautaires directes ou indirectes sont-elles possibles pour financer un tel charroi et ainsi favoriser l’emploi dans ces pays est-européens au détriment de nos demandeurs d’emploi et des indemnités de chômage que nous devons verser aux chômeurs dont l’économie ainsi réalisée pourrait bénéficier à assurer une formation dans ce domaine des transports qui est recherché par des demandeurs d’emploi non qualifiés. Il s’agit en l’occurrence d’une transhumance organisée par des entreprises des pays d’origine plus ou moins mafieuses qui doivent bénéficier de la mansuétude (gratuite ?) de leurs autorités et qui répondent à la demande de transporteurs  ouest-européens pour améliorer leurs bilans, toute cette transaction couverte par la cécité des autorités européennes. Il est pour le moins curieux que les transporteurs ouest-européens face à cette invasion venue de l’Est ne soient plus à l’origine de grèves à répétition et de blocages de routes tels que nous les avons connus alors qu’ils revendiquaient une juste et équitable rémunération de leur activité ?

Les travailleurs détachés, qui sont-ils, où sont-ils ? On connaît la rengaine du plombier polonais à quand celle du transporteur letton ou celle du camionneur roumain ?

Merci l’Europe, Merci la libre concurrence… prônée par la Communauté européenne