LE COMBAT DE BOXE DU BREXIT – U.E. VERSUS R.U.

Les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne s’annoncent difficiles sinon impossibles pour parvenir à un Brexit soft.

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Les préalables imposés par la Commission à un deuxième round de négociation sont une imposition irréaliste. Une négociation qui ne permet aucune concession de la part d’une des parties ne s’appelle pas négociation mais diktat ! Est-ce bien là une posture intransigeante déterminée d’emblée pour se mettre en position de force à la table de négociation ou la stratégie de la Commission européenne pour parvenir à mettre à genoux un pays-membre qui a trahi la belle construction européenne. Cette imposition irrationnelle des prémisses de négociation est-elle une ruse pour faire plier le Royaume-Uni qui, heureusement n’est pas prêt de se rendre à Canossa ou est-ce une nasse pour l’enfermer dans une impasse et démontrer ainsi que le Royaume–Uni ne voulait pas négocier, donc porterait l’entière responsabilité d’un échec qui pointe à l’horizon

Les négociations qui se déroulent pour parvenir à un accord avec le Royaume-Uni étaient déjà mal engagées avant même qu’elles démarrent avec les déclarations agressives de certains dirigeants européens qui faisaient preuve de malhonnêteté intellectuelle à la lecture de la lettre officielle de demande de l’application de l’article 50 en mars dernier lorsqu’ils lisaient entre les lignes, l’existence d’intentions provocantes du document de la déclaration émanant du Gouvernement britannique. Il fallait s’y attendre après des incantations, des implorations, des injonctions, des menaces, en langage plus ou moins diplomatique provenant des Eminences européennes préalablement aux négociations qui devaient s’ouvrir :
telles que celles formulées par le Président Juncker : « Les “déserteurs” ne seront pas accueillis à bras ouverts », …..Le Royaume-Uni devra accepter d’être considéré comme un Etat tiers, que l’on ne caressera pas dans le sens du poil » Pour le Président de la Commission, le référendum dont l’issue favorable au maintien ne faisait pas de doute se transformait en cauchemar ; il devait bien constater un échec qui fera date puisqu’il d’agit du premier membre quittant la Communauté européenne ; c’est cet échec de la présidence Juncker qui restera gravé dans les mémoires européennes !
– telles que celles provenant de l’ex Président français qui prévenait le Premier ministre britannique qu’elle devait s’attendre à une « négociation dure » si elle s’orientait vers un Brexit « dur ». « Je l’ai dit très fermement : Mme Theresa May veut un Brexit dur ? La négociation sera dure ». Il était difficile pour nos édiles européennes, malgré le vote démocratique du peuple anglais, d’accepter avec un flegme tout britannique un tel affront à la cause européenne !

Lors de la désignation des négociateurs, on pouvait déjà noter les antagonismes affichés de certains négociateurs face au Royaume-Uni, Michel Barnier, ancien Commissaire européen , repêché par Jean-Claude Juncker dans sa traversée du désert, anglophobe notoire dont la négociation n’est pas le point fort, Guy Verhofstadt, perpétuel membre excité du PE dont la sérénité n’est pas son état naturel, et de plus, ayant une dette personnelle à régler avec Nigel Farage, ces deux négociateurs encouragés dans leur fanatisme par leur mentor, Jean-Claude Juncker qui, ulcéré par son échec, pour manifester sa totale impartialité envers les négociations du Brexit, faisait les déclarations précitées. Heureusement pour le déroulement positif des négociations que le délégué du Conseil est un diplomate belge Didier Seeuws, ancien porte-parole de Verhofstadt ( ?) mais ‘’neutre par tradition’’ qui représente la voix des 27 pays qui sera, on n’en doute pas, plus conciliante et plus modérée en raison du sang froid tout britannique du négociateur mais, surtout de la nécessité de trouver un consensus au sein du Conseil pour ne pas rompre la belle unanimité affichée entre pays-membres.

Il avait été convenu que seul le négociateur désigné par la Commission avait voix au chapitre face à un négociateur représentant le Royaume-Uni. Il était impossible que le Président Juncker n’intervienne pas, lui également, au titre de la Commission étant donné son irrésistible prétention et son ambition démesurée de prééminence quitte à porter ombrage au négociateur en chef qu’il a lui même désigné.

Le Parlement ne devrait intervenir qu’en fin de parcours pour le vote du texte final. Guy Verhofstadt, désigné comme coordinateur pour le Parlement européen devait donc plutôt être assis dans les gradins comme spectateur pour suivre les négociations. C’était mal connaître le caractère fanatique et arrogant de ce parlementaire exalté intervenant sur tout et sur rien pour autant qu’il puisse se distinguer souvent de façon outrancière ou plutôt, avait-il été désigné sciemment pour son acharnement à intervenir hors du cadre qui lui avait été fixé et accessoirement pour en tirer un parti personnel et démontrer qu’en fait c’est lui qui serait le négociateur en chef ! Verhofstadt est un homme dangereux qui risque par ses excès  irresponsables et répétés de faire capoter les négociations ; il n’y que les Eminences européennes pour ne pas s’en rendre compte et le remettre une bonne fois pour toutes à sa place !

La cacophonie des négociateurs européens est maintenant devenue inaudible; on assiste à un assaut verbal entre ceux-ci, tel Verhofstadt qui joue la mouche du coche pour jeter l’opprobre sur le Royaume-Uni et sur son attitude aux négociations qu’il qualifie de fantaisiste ? (sic) ; il n’a pas de mots suffisamment virulents pour dénoncer l’imposture britannique, et ceux-là, tel Michel Barnier, qui menace, joue la montre, mais l’on s’aperçoit rapidement que c’est le Président de la Commission qui tire les ficelles de cette marionnette européenne qui lui doit sa nomination à ce poste de négociateur dont il n’a pas manifestement pas l’étoffe.

Seul Didier Seeuws, responsable de la ‘’Task force du Conseil européen pour la négociation sur le Brexit reste discret et ne participe pas à cette foire d’empoigne ; encore une fois c’est le Conseil représentant les Etats-membres qui fera la décision, c’est le seul organe crédible et responsable des Institutions de la Communauté européenne et naturellement il est la cible de la Commission et du Parlement qui veulent s’arroger les pouvoirs de tout gouverner au seul titre de leur soi-disant seule qualification démocratique de la Communauté européenne.

Le troisième round des négociations dont l’issue doit conduire à la définition des relations futures est un préalable qui constitue un obstacle quasi insurmontable à la réussite d’un Brexit amiable. Trois exigences sont avancées par le négociateur européen pour franchir le cap de ce troisième round :
– l’acceptation d’une facture de sortie et même si aucun chiffre n’a été publié, il est fait état d’un montant de 60 à 100 milliards d’Euro que le Royaume-Uni n’est pas prêt d’accepter.  A cette facture salée s’ajoute celle qui concerne les engagements du passé qu’un autre Commissaire bruxellois, l’ineffable Günther Öttinger, a évoqués, alors qu’il n’a aucun mandat de négociation, d’obligations financières à honorer jusque la fin 2020, auxquelles s’ajoutent la participation à des dépenses européennes jusqu’en 2023 !
– l’autre pomme de discorde est l’exigence de la garantie des droits des ‘’citoyens européens’’ résidents au Royaume-Uni  au même titre que ceux de ceux résidents dans les 27 pays-membres;  il s’agit d’une aberration puisque des droits différents (moindres) seraient dévolus aux citoyens britanniques et aux résidents étrangers ; de plus, ceux-ci pourraient recourir à la Cour européenne de Justice qui serait en fait une extraterritorialité de recours dans le traitement  des litiges et conflits internes  au Royaume-Uni
– la troisième exigence porte sur le rétablissement d’une frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord exigée par Bruxelles ; il s’agit d’une grave erreur qui risque de fragiliser l’accord de paix qui date de bientôt 20 ans et par cette revendication, de faire revivre les pires moments des violences entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. L’Europe qui se targue d’avoir pacifier un continent voudrait-elle maintenant encourager un nouveau pugilat ?

Trois rounds ont déjà eu lieu, deux autres sont programmés pour ce mois de septembre et le mois d’octobre avant une réunion du Conseil européen durant laquelle seront évalués les avancées des premiers échanges ; va-t-on se diriger vers la décision du Conseil d’un K.O, par arrêt du combat Brexit ! Un an et demi s’est écoulé depuis le référendum démocratique qui avait tranché en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ; les édiles européennes n’ont toujours pas encaissé ce coup-bas porté à leur idéal européen et n’ont rien perdu de leur frustration qui explique maintenant leurs revendications  immuables  et démesurées ainsi que leur arrogance à les défendre.

 

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