LA REFONDATION DE L’UNION EUROPÉENNE

Messieurs les dignitaires européens, ne cherchez plus, ne vous donnez plus de maux de tête pour trouver la solution de refonder l’Europe, non pas pour les Eurocitoyens, ils ne recueillent votre intérêt que lors des élections européennes, non pas pour les Etats-membres, ils sont nécessaires pour votre survie afin de préserver vos prérogatives et vos privilèges de gouvernance que vous vous arrachez entre institutions européennes comme des chiens sur la chair d’un os déjà un peu faisandée…

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La question n’est plus de savoir si la nouvelle organisation de l’Union européenne doit être formée de cercles concentriques comme un jeu de fléchettes avec au centre les ‘’DEUX GRANDS PAYS’’ comme cible et les cercles concentriques dans lesquels sont regroupés les autres pays membres, classés dans ces aires intermédiaires suivant des critères ‘’objectifs’’ que vous seuls déterminez et décidez !

Votre Europe pourrait également être celle de l’Eurogroupe avec les membres actuels, dont le nombre pourrait être accru ou réduit suivant vos mêmes critères ‘’objectifs’’. L’Eurogroupe n’est pas la panacée, loin s’en faut, car cet organisme hybride regroupe en son sein des pays faibles et des pays forts. Les premiers sont vulnérables et ne peuvent affronter seuls une crise financière à l’exemple des pays méditerranéens qui n’ont été sauvés de la faillite que par la solidarité des pays du Nord, ceux-ci n’étant pas ( ou plus ) disposés à jouer les pompiers en cas de crise et de faire preuve de solidarité européenne à fonds perdus. Une même monnaie pour des pays de structures culturelles, économiques, sociales et financières de plus en plus différentes avec les élargissements à des pays-membres incapables de s’intégrer dans une monnaie unique est une aberration. Certains pays faibles devraient pouvoir dévaluer leur monnaie interne ‘’un euro national’’ par exemple vis-à-vis d’une devise extérieure commune, l’Euro-devise en l’occurrence qui naturellement en subirait les conséquences négatives d’une dépréciation sur les marchés des changes , tandis que d’autres devraient pouvoir réévaluer leur ‘’euro national’’ avec soit, une appréciation de la devise extérieure commune ou équilibrer le cas échéant en tout ou partie la dépréciation issue des monnaies internes dévaluées. L’Eurogroupe serait donc la première institution à devoir être réformée pour permettre d’éviter des drames sociaux par le fait d’une monnaie commune trop forte pour certains pays-membre et de pouvoir réévaluer en interne la parité avec la monnaie commune afin de rééquilibrer les 2 fléaux de la balance.

L’Union européenne pourrait être aussi composée à l’exemple d’une école avec les bons élèves d’un côté, dont les ‘’DEUX GRANDS PAYS’’ une fois encore, chouchous du professeur qui ne cesse de leur pardonner leurs péchés, toujours véniels dans leur cas, et qui ne sont jamais sanctionnés pour ni pour leur défaut de satisfaire aux règles européennes tels les critères de Maastricht ou le non respect des quotas d’immigrés. De l’autre côté, les cancres sujets aux punitions, jugements et sanctions avec l’extrême opprobre de la mise dans le coin européen avec un bonnet d’âne. C’est le cas actuellement des pays du Višegrad qui contreviennent aux principes des valeurs morales de nos ‘’Bons apôtres européens’’ ; demain, ce sera le tour de l’Autriche et après-demain, peut-être celui de l’Italie. Le populisme(¹) envahit l’Europe sans épargner l’Union européenne ou plutôt la contamine en priorité en raison d’une application de règles uniformes et intangibles, valables pour tous les pays-membres quelles que soient leur identité, leurs coutumes, leur histoire. En Hongrie, Viktor Orban, n’est pas rejeté par ses électeurs malgré les mobilisations répétées des Eminences de Bruxelles des partis d’opposition (pro-européens) pour l’évincer. En Pologne, le gouvernement dirigé par le PiS, parti conservateur réactionnaire de droite, lui aussi populaire ! (¹) se situe au plus haut dans les sondages et défie ouvertement les ‘’Donneurs de leçons’’ moralisateurs européens avec une réforme de la justice contraire aux principes des valeurs européennes. En Autriche, Sebastian Kurz, malgré toutes les pressions pré-électorales exercées par Bruxelles, gouverne avec l’extrême droite populiste (¹) du FPÖ, sans encore, mais pour combien de temps ?, encourir les menaces de nos bons apôtres eurolâtres. La Bulgarie échappe pour l’instant au courroux des instances européennes car la présidence de l’UE lui est attribuée pour ce semestre (la méritait-elle ?) de ce fait, ce membre, Président de l’UE ne pourrait faire l’objet de remontrances sans étonner les autres Etats d’une présidence discréditée. Le futur gouvernement italien subira les mêmes condamnations lorsque les partis populistes (¹) d’extrême droite et d’extrême gauche seront au pouvoir à l’exemple de la Grèce, enfant indigent de l’Europe que l’on ne peut ni juger et encore moins condamner pour me pas rompre de fragiles équilibres et laisser une porte ouverte à l’immigration. Eminences européennes, épargnez-vous des insomnies, des migraines, des amertumes ; la question de la refondation de l’Europe n’est plus à l’ordre du jour, il vous faudrait maintenant tenter de contenir ou mieux d’éradiquer le populisme que vous exécrez de la ‘’Maison Europe’’ dont vous avez rêvé la structure mais dans laquelle vous ne retrouvez plus les principes fondamentaux qui ne l’oublions pas sont vieux de 60 ans….. Les peuples se réveillent, ils réclament leur identité et pour certains vous rejettent, vous, vos vertus universelles et vos grands principes de solidarité.

Refonder une Union européenne coupée en deux est impossible, la seule possibilité qu’il vous reste est de l’admettre et de laisser aux peuples leur liberté de choisir leur avenir sans pression ni magouilles de toutes sortes pour conserver ‘’Votre’’ Europe, Vos prérogatives et….. Vos privilèges. Votre Europe est moribonde, sa refondation est une emplâtre sur une jambe de bois !

(¹)Le populisme désigne un courant politique qui fait référence  aux intérêts du peuple et prône son recours, tout particulièrement en opposant ses intérêts avec ceux de ‘’l’Elite’’ qu’il prend pour cible de ses critiques, s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce courant idéologique. Le terme est régulièrement employé dans un sens péjoratif, synonyme de démagogie ; dans cette acceptation du terme, il suppose l’existence d’une démocratie représentative qu’il critique.

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