Tous les articles par Disnat

LE NOUVEAU DEFI DE L’IMMIGRATION – LA ROUTE LYBIENNE

Notre vertueuse Europe, donneuse de leçons démocratiques, s’est émue  et félicitée des ‘’Printemps arabes’’, elle a exalté la victoire de la démocratie sur l’obscurantisme des dictatures exerçant leur pouvoir au Maghreb et au Levant. Que reste-t-il aujourd’hui de l’élan démocratique dans tous ces pays que nous voulions libérer de du joug de l’oppression par l’exceptionnel apport de nos valeurs occidentales, mais qui, contrairement à nos espoirs, d’un ‘’Printemps arabe’’ avorté a succède un ‘’Hiver islamiste’’ bien réel.

Même la Tunisie, montrée en exemple pour son évolution remarquable vers nos admirables principes européens, principes que nous considérons comme universels et assimilables par tous les peuples, toutes les civilisations, la Tunisie elle-même est également sujette à des convulsions postrévolutionnaires.

Le Maroc n’est pas en reste, lui qui n’a pas encore été libéré du joug d’un monarque divin, le Maroc montre les premiers signes de désordres précurseurs d’une révolution certaine.

Nous avons dans certains cas soutenu ces révolutions incertaines et participé (souvent à tort) au soutien militaire de ces soulèvements pour éliminer ces potentats qui régnaient sur les berges de l’autre côté de ‘’notre Mare Nostrum’’, honte insupportable pour nos principes démocratiques.  C’était un devoir impérieux pour notre Europe exemplaire, digne du Prix Nobel de la Paix, il relevait d’une tâche impérieuse de leur imposer nos valeurs exaltantes à l’image de celles de ‘’l’impérialisme angélique’’ des Américains qui ont pratiqué la même politique dans le passé avec tous les échecs dont nos gouvernements européens, donneurs de leçons, se sont tellement gaussés et nous devons en convenir, avec le même résultat décevant en ce qui nous concerne ; nos gouvernants auraient dû  tirer les leçons de la déroute américaine plutôt que de s’en réjouir !

Première vague d’immigration – La Syrie – l’Irak – la Route des Balkans

Nous ne connaissons pas encore le prix définitif à payer pour cette hospitalité admirable, cette magnanimité sans limite que prônent nos gouvernants alors que nous ne vivons que la première vague de migration, hier, principalement syrienne, aujourd’hui et demain irakienne, marée humaine que nous tentons par tous les moyens de contenir en Turquie, même au prix de reniements et de soumission honteuse aux diktats imposés par un dictateur dont nous soulignons par ailleurs, les entorses à la démocratie et dont nous fixons les limites rouges à ne pas franchir mais que nous franchissons allègrement tant notre incapacité d’agir est flagrante et notre dépendance à la dictature en place totale pour héberger les réfugiés qui s’y amassent. Quand allons-nous délivrer la Turquie de ce régime dictatorial qui nous fait honte mais que nous devons courtiser afin qu’il n’ouvre pas les vannes de l’exode aux réfugiés dont quelques millions viendraient s’ajouter à quelques centaines de milliers que nous avons déjà accueilli sans pouvoir leur assurer un destin à la mesure leur espoir dans un monde meilleur. L’Europe est-elle bien le flambeau de la démocratie ?

Deuxième vague d’immigration – L’Adriaroute

Deuxième vague ensuite de réfugiés dont ceux qui tentent une nouvelle fois de gagner l’Europe par une autre route après avoir été refoulés en Turquie par un calcul arithmétique impitoyable sans état d’âme de nos Ediles européens, migrants auxquels s’ajouteront ceux en provenance des camps de réfugiés du Liban et de la Jordanie par la voie de l’Adriaroute, nouvel exode dont la facture nous sera présentée le moment venu par ces pays de transit lorsqu’ils seront saturés et confrontés à des conflits ethniques et religieux entre leur autochtones et les migrants.

Troisième vague d’immigration – la Lybie

Déjà, depuis le tarissement de la ‘’Route des Balkans’’,  et de la difficulté d’emprunter l’Adriaroute, les réfugiés en provenance des pays du Moyen-Orient ont modifié leur cheminement vers la Lybie avec l’espoir de franchir la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, flots de pauvres ères chassés par des luttes ethniques et tribales auxquels viennent s’ajouter des migrants économiques venant de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique sub-saharienne ; plusieurs centaines de milliers de réfugiés sont déjà arrivés en Lybie véritable camp de concentration où se retrouvent toutes les mafias de passeurs avec la complaisance, sinon le soutien rémunéré des potentats locaux qui en font souvent partie; des centaines de milliers d’autres seraient en attente de traverser  la Méditerranée pour gagner l’Italie…et toute l’Europe. Nouveaux arrivages, nouvelles répartitions de l’UE entre pays-membres, nouvelles pressions pour les accueillir et gare aux me mbres récalcitrants !, Une autre route encore est celle du Maroc par la côte espagnole dont nous connaissons seulement les premières intrusions avant une prochaine ‘’libération’’ démocratique du Maroc à laquelle nous participerons en vertu de la propagation de nos valeurs européennes envers les peuples opprimés.

Par volonté d’ignorance ou irresponsabilité, cette troisième vague à laquelle nous sommes déjà et serons encore davantage confrontés, vient s’ajouter aux deux autres ; il ne s’agira pas d’une vague dans ce cas, mais d’un tsunami dont les populations qui seront emportées par ce flot, sont issues du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, Corne de l’Afrique, des peuples entraînes de force par les passeurs depuis les goulags libyens vers la côte méditerranéenne avec la cécité bienveillante des autorités, sinon leur collaboration rétribuée, migration forcée en amont par l’insécurité des pays de provenance et encouragée en aval par l’appel d’air de notre magnanimité sans frontières.

émigrés_libye]

Nous feignons d’ignorer que dans l’espace libyen, les terroristes islamistes de Daech et leurs affidés s’enfoncent comme un coin dans le bois pourri des gouvernements tribaux, des soi-disantes autorités que nous ne parviendrons pas à  mettre à table pour négocier la paix et encore moins à s’allier entre eux ; en effet, ces potentats locaux sont bien plus préoccupés par leurs luttes intestines que par un ennemi commun, mais est-ce bien sûr que l’Etat islamique soit un ennemi pour ces ‘’Chefs de guerre’’?

Nous invoquons l’impossibilité d’intervenir en Lybie dans l’attente de la légitimation non seulement par la communauté internationale, mais aussi par le gouvernement libyen d’une intervention à vocation humanitaire alors que l’obstruction de milices à un gouvernement de salut national  retarde la mise en œuvre d’une quelconque opération de sauvetage. Nous restons les bras croisés et ne tentons même pas une action humanitaire en attendant le feu vert de l’ONU dont nous n’avons pas demandé l’implication pour mettre fin au chaos par la mise sur pied d’une force internationale pourquoi pas européenne qui pourrait être notre future ‘’Europe de la Défense !’’ et ne pourrait donc être taxée de colonialiste. La Lybie est un pays que nous avons rendu libre et souverain mais surtout ingouvernable par notre peu glorieuse mise à mort d’un dictateur. Vive la fin d’un régime autocratique vive la démocratie, vive la paix, vive l’Europe de la défense …..des valeurs ! Pour revenir à la politique menée par l’Union européenne en Lybie, nos Ediles européens attendent l’invitation d’un gouvernement légitime, lequel ? celui en place contesté de toutes parts ou l’autre qui lui succédera avec la même légitimité tout aussi inexistante.  ….. En ‘’attendant Godot’’, viendra-t-il, Godot ne viendra pas ce soir, mais sûrement le jour suivant.…..(Samuel Becket 1948) ; notre future ‘’Europe de la Défense’’ attend patiemment, l’arme au pied, que les chefs de guerre que nous avons démocratiquement libérés fassent la paix pour ne pas heurter  la ou plutôt les souverainetés claniques de ce pays en décomposition. Alors que nous nous sommes précipités comme un seul homme pour nous offrir la tête de  Kadhafi, qui lui ne partageait pas, ni nos principes, ni nos valeurs comme si les groupes armés qui lui ont succédé et qui se combattent sans merci, eux, les défendaient !

L’opération de contrôle actuellement exercée actuellement par nos navires, ne peut intervenir pour des secours humanitaires qu’à l’extérieur des eaux territoriales; nos forces navales de l’opération ‘’Sophia’’ pourraient étendre leurs incursions jusqu’aux cotes libyennes, mais ce déploiement devrait être dûment autorisé par une sollicitation en bonne et due forme qui devrait émaner d’une autorité légitime autochtone,… sous forme d’un bristol d’invitation peut-être ? Quelle audace, quelle hardiesse de nos Ediles européens ….. L’Europe a pudiquement oublié les revendications morales d’un ancien Ministre français, Bernard Kouchner qui préconisait la justification d’une intervention humanitaire dans certaines situations hors de contrôle, ingérables par les pouvoirs politiques en place. L’Europe s’est-elle éloignée de ces beaux principes ; est-elle devenue sourde, aveugle, et insensible au sort de populations qui semblent encore ne pas la concerner tant qu’elles n’affluent pas dans les Etats-membres. Non, la ‘’Realpolitik’’ n’est pas encore devenue réalité parmi nos décideurs…..qui ne décident pas mais subissent !

Ces migrants africains, nous les recevons par bateaux entiers surchargés ou le plus souvent allégés par des naufragés qui n’atteindront jamais la côte. La mort est peut-être la délivrance ; ils n’auront pas à désespérer en Europe d’un rêve de bonheur chimérique et d’un Eldorado qu’ils n’auraient pas de toutes façons pas trouvé chez nous.

Ce n’est plus notre déploiement de bateaux de l’’UE Navfor’’ qui sera appelée pour venir à leur secours et masquer notre impuissance de lutter contre les passeurs mafieux afin de protéger les frêles embarcations qui franchissent les quelques encablures entre la Lybie et l’Italie.

Dans cet exode, les ONG tentent de sauver des vies humaines du naufrage, est-ce bien leur mission de se substituer à nos autorités européennes et gouvernementales ? Ces ONG sont-elles coordonnées ou sont-elles concurrentes pour organiser un sauvetage en mer que nous ne pouvons assurer  officiellement ? Pourquoi au nom de nos principes humanitaires maintes fois invoqués mais jamais exercés ne pouvons-nous pas nous substituer à ces organisations en franchissant les limites des eaux territoriales libyennes ? Avons-nous été aussi prudents et versatiles lorsqu’il s’agissait d’aller régler son compte à Kadhafi ? Quoiqu’il en soit ces sauvetages en mer officieux des ONG ( organisés en coordination avec les passeurs ?) constituent un appel d’air dramatique pour les migrants à fuir leur triste sort et une manne intarissable pour les passeurs de bâtir des fortunes grâce à l’infortune de leurs victimes. Ce n’est pas loin des côtes mais à l’intérieur et aux frontières de l’espace Libyen que nous devons intervenir pour éliminer les camps de concentration des migrants sujets aux exactions de toutes sortes et empêcher la dangereuse traversée qui y fait suite !

Vous, Autorités européennes, nous revivons une fois de plus vos atermoiements, votre incapacité à faire preuve d’une politique qui réparerait en partie celle qui a conduit nos erreurs passées par une invasion de la Lybie, triomphe facile mais laissant ce pays dont vous connaissiez les luttes ethniques et tribales dans un chaos indescriptible.  Vous devez intervenir au nom du droit et du devoir d’ingérence prôné par Jean-François Revel qui autorise la violation de la souveraineté nationale pour le respect des droits humanitaires. Votre incapacité d’agir est flagrante et nous devrons en supporter, une fois de plus, les conséquences. Jusques à quand ?

Quand pourrons-nous contenir ces peuples dans leur pays d’origine, populations qui migrent pour leur survie vers nos pays pour des raisons d’insécurité due aux guerres, aux troubles ,pays dans lesquels nous sommes incapables de faire régner la paix et participer au développement ; c’est chez eux qu’il faut intervenir si nous voulons endiguer ces migrations qui risquent par un afflux insupportable de créer des difficultés d’intégration, du vivre ensemble et du rejet de l’autre dans nos pays . La France, ‘’patrie des droits de l’Homme’’ a pour projet de constituer des ‘’hots spots’’ afin d’établir sur le sol libyen une sélection de réfugiés et en accélérer les formalités administratives d’accès à l’espace européen, intention louable mais qui se heurtera à la réalité des faits sur le terrain et aux interventions des milices libyennes qui n’accepteront pas le tarissement de leurs ressources lucratives. Non, ce sont les pays d’origine qu’il faut pacifier et aider pour retenir les populations dans leurs milieux naturels et non les contenir par la force ou par la dissuasion sur la route de l’exode

Ce n’est pas uniquement le sort des migrants et leur répartition minutieusement calculée dans les Pays membres de la Communauté européenne qui doivent préoccuper nos Ediles dans leurs ‘’tours d’Ivoire’’. C’est l’affluence démesurée de populations qu’il nous faut déjà et qu’il nous faudra encore intégrer et l’adapter à nos principes, à nos traditions, à nos valeurs dont il est question, tâche impossible pour nos possibilités d’intégration. N’est-ce pas plutôt notre assimilation à leur civilisation qu’il faut craindre, résultat de notre politique d’accueil insoutenable ? Cette migration (musulmane) non contenue et non choisie est l’importation d’une civilisation qui n’est pas la nôtre et dont la religion islamiste prosélytique est le vecteur du déclin, sinon de la disparition à terme de notre société judéo-chrétienne ; de notre culture gréco-latine et de notre religion chrétienne.

 

 

Le naufrage de la crédibilité des Institutions européennes

juncker_pe_adi_16_12

Le Parlement européen et ses Membres qui se prévalent d’être la seule institution européenne démocratiquement élue est en passe de perdre tout crédit. Le manque d’assiduité d’un grand nombre de ses Membres est flagrant et la gestion douteuse des tâches assumées pour effectuer leur mission par eux-mêmes et par leurs assistants parlementaires est plus que déplorable. Le bateau coule, l’hémicycle de Strasbourg est en train de sombrer dans le Rhin !

La passe d’armes toute récente entre les Présidents de deux institutions, l’un de la Commission, l’autre du Parlement européen restera gravée négativement dans les annales de notre Europe exemplaire que le monde entier nous envie !

Le Président de la Commission s’est ému à juste titre de l’absence de 95% des 751 Eurodéputés en séance plénière convoquée pour tirer le bilan de la présidence de la minuscule république de Malte mais qui fait tout de même partie intégrante de l’Europe au même titre que les grands pays. Que sont devenus les principes et l’esprit des ‘’Pères Fondateurs’’ pour créer une Europe de pays égaux entre eux et solidaires ? Le Président Juncker a très justement rappelé que les petits pays sont traités comme quantités négligeables et qu’ils n’ont, de plus en plus, qu’à suivre les diktats qui leur sont imposés, souvent sans consultation par les ‘’Grands pays ‘’, grands pour certains d’entre eux par la superficie de leur territoire mais petits notamment par la gestion de leurs finances publiques. La Commission a trop souvent fait preuve de mansuétude pour les ‘’Grands pays ‘’ et même la Président de la Commission déclarait en juin 2016 en ce qui concerne le déficit français, maintes fois en dehors des critères de Maastricht, mais maintes fois pardonné : « La France devrait échapper aux sanctions parce que c’est la France…»

Le Président Juncker a utilisé le terme de ‘’ridicule’’,terme qui manifestement n’était pas opportun pour qualifier l’absence de 720 Eurodéputés, la qualification ‘’d’irresponsable’’ eut été plus adéquate car oui, les Membres du Parlement européen ont été non seulement irresponsables vis-à-vis du président d’un pays-membre, irresponsables vis-à vis du Président de la Commission pour lesquels cette absence représente un véritable camouflet mais irresponsables également vis-à vis des citoyens européens qui ne peuvent que constater la manque d’assiduité de leurs élus, eux qui se retranchent derrière leur devoir de présence dans les commissions parlementaires, leur obligation de participation à des missions dans tous les coins du monde aussi coûteuses qu’inutiles pour justifier les bancs vides dans l’hémicycle strasbourgeois.

Alors que sous l’emprise d’une juste colère, le Président Juncker a déclaré qu’il boycotterait les séances du PE, déclaration qu’un député, qui voulait manifester sa présence par des propos outranciers, a prétendu que son attitude assombrirait la démocratie, qu’il avait le devoir de s’adresser au Parlement et que son refus était prétentieux et arrogant ; propos d’un donneur de leçons sur les devoirs d’un Président et qui sont de surcroît à la limite de l’injure ; en effet, l’exercice de la démocratie relève aussi de la présence des représentants élus, assiduité qui fait partie du mandat qu’ils exercent au nom de leurs électeurs et du respect qu’ils doivent au Président de la Commission. La répartie du Président du Parlement, Monsieur Tajani, à Jean-Claude Juncker venait, elle, très mal à propos en l’occurrence en déclarant : « Ce n’est pas la Commission qui doit contrôler le Parlement, c’est le Parlement qui doit contrôler la Commission » ; il aurait dû ajouter par honnêteté intellectuelle et pour être respectueux de l’exercice de la démocratie européenne que c’est aux citoyens de contrôler leurs parlementaires si éloignés de leurs électeurs que la plupart d’entre eux n’en connaissent même pas leurs élus !

En ce qui concerne l’assiduité des parlementaires et l’exercice de leur mandat dont ils sont sensés y consacrer tout leur temps, est-ce bien le cas et n’effectuent-ils d’autres tâches dans leurs pays d’origine dont ils sont les élus, notamment pour assurer leur élection ou réélection pour un effectuer un mandat plus prestigieux que celui d’Eurodéputé ? Les candidatures pour les élections présidentielles et législatives en France font-elles partie du travail d’un parlementaire européen ou est-ce l’attribution d’un congé sans solde qui les dégagent momentanément de leur obligations du mandat qu’ils ont obtenu par notre volonté pour siéger à Strasbourg ?

Au même titre que leurs Eurodéputés, les assistants parlementaires consacrent-ils leur temps de travail à la seule assistance qu’ils apportent à leurs employeurs ou sont-ils rémunérés pour d’autres tâches qui n’ont rien à voir avec leur mandat ? Les parlementaires français restent sous le feu des projecteurs pour l’accusation d’emplois fictifs exercés illégalement par des membres de leurs familles, et de proches pour effectuer des tâches qui bien que rémunérées par les budgets européens n’ont aucune relation avec le mandat européen exercé par leur employeur. Les premiers visés ont été ceux d’un parti d’extrême droite français qui ont été sujets à l’opprobre de leurs ‘’confrères européens’’, arroseurs arrosés, puisque l’accusation de cette pratique illégale ont forcé d’autres élus français, ministres de surcroît, à démissionner !

Cette pratique est-elle seulement une spécificité française ou touche-t-elle d’autres Europarlementaires ? A cette question, il est permis de répondre positivement car les emplois fictifs, familiaux ou amicaux, parfois réciproques entre membres du Parlement européen ‘’ j’emploie ton fils, tu donnes un boulot à ma fille’’ ne peuvent pas être forcément circonscrits à la seule République française mais cette pratique, illicite pour les un uns, justifiable pour les autres doit être assez répandue car difficile à déceler et encore plus à démontrer. C’est néanmoins une pratique de passe-droits répréhensible qui devrait être bannie au Parlement européen. Le Président de cette assemblée ne devrait-il pas également se préoccuper de cette question qui donne une vue négative des pratiques qui règnent à Strasbourg ? Il y va également de la transparence de la fonction d’Eurodéputé mais aussi de la crédibilité de l’Institution qu’il préside auprès des citoyens européens.

 

BREXIT OU EUREXIT

Le Brexit est maintenant chose acquise et les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de la Communauté européenne vont pouvoir commencer. Il est à noter que nos Elites européennes utilisent le terme ‘’divorce’’ auquel on prête encore une connotation négative en se référant à la procédure conflictuelle de séparation entre époux; Cette utilisation a-t-elle pour but d’exercer une pression sur l’opinion afin de mettre en exergue la trahison de la ‘’Perfide Albion’’ à la juste cause européenne ?

europe-malte_17_02

Les Cassandres européennes avaient tort, l’île n’est pas en train de sombrer économiquement dans l’atlantique en raison de ce ‘’go alone’’. Les statistiques économiques récentes démontrent la bonne santé insolente du Royaume-Uni (meilleures que celle de la zone Euro ) ; le déficit budgétaire vient de passer sous la barre des 3% , déficit que d’autres pays éternels donneurs de leçons pourraient envier ! Certains de ces mauvaises augures vous diront que le futur reste hypothéqué et que cette vigueur économique et financière du Royaume-Uni n’est qu’éphémère. Les visionnaires de cet avenir sombre qui disent ressentir l’attentisme des milieux financiers en sont pour leurs frais ; ils peuvent se référer à l’indice boursier de Londres FTSE100 qui était de 6242 points au début 2015 et qui maintenant, flirte avec les 7.370 points fin mars, le CAC 40 sur la même période s’est seulement apprécié à 5.070 contre 4.640 points pour la même période tandis que le BEL 20 a progressé à 3.790 contre 3.280 points. Peu de bourses ouest-européennes peuvent se prévaloir de tels résultats, et comme chacun sait, sauf ceux qui sont aveuglés par leurs obstinations eurolâtres, la bourse reste un bon indicateur de la conjoncture économique prévisionnelle.

Quoiqu’en pensent nos Elites européennes qui se félicitent des manifestations anti-Brexit ou qui étaient à la manœuvre pour les organiser, ces démonstrations furent celles des élites financières, expatriées pour beaucoup d’entre elles et pour quelles raisons ? peut-être le charme du climat londonien ! mais plutôt les revenus de leur emploi souvent mieux rémunéré que sur le continent qu’elles préfèrent ne pas devoir regagner !

La décision irrévocable du Brexit est le résultat d’une procédure démocratique et incontestable initiée par un référendum populaire, approuvée par un vote à la Chambre basse à une large majorité, confirmée par un vote à la Chambre des Lords et enfin, promulguée par la Souveraine. Nos dignitaires européens pourraient peut-être s‘inspirer d’un tel esprit de démocratie, eux qui ne consultent, ni les citoyens, ni même leurs représentants nationaux élus !

Après des incantations, des implorations, des injonctions, des menaces, , en langage plus ou moins diplomatique provenant des Instances européennes telles que celles formulées par le Président Juncker : « Les “déserteurs” ne seront pas accueillis à bras ouverts », …..Le Royaume-Uni devra accepter d’être considéré comme un Etat tiers, que l’on ne caressera pas dans le sens du poil » ; celles provenant du Président français qui prévenait le Premier ministre britannique qu’elle devait s’attendre à une « négociation dure » si elle s’orientait vers un Brexit « dur ». « Je l’ai dit très fermement : Mme Theresa May veut un Brexit dur ? La négociation sera dure ». Madame le premier Ministre a bien compris le message et connaissant parfaitement l’histoire européenne, elle s’est inspirée de la bataille de Fontenoy pour faire sienne la célèbre expression : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ». Avant même la sortie officielle du Royaume-Uni elle a tiré la première salve d’avertissement avant d’engager la procédure requise par l’article 50 du traité de Lisbonne dans les délais impartis ; son message était clair et sans ambiguïté celui du choix d’un Brexit dur en déclarant  : « pas d’accord plutôt qu’un mauvais accord ». Il est tout de même assez curieux que ce soient les mêmes commissaires ou les mêmes parlementaires européens qui la pressaient d’agir, et qui maintenant, lui reprochent de vouloir ‘’le beurre, l’argent du beurre et le ‘’cul’’ de la fermière’’ alors qu’elle déclarait : « Pas d’appartenance partielle à l’UE, rien qui nous laisse un pied dedans, un pied dehors ».

Les négociations qui vont se dérouler pour parvenir à un accord avec le Royaume-Uni sont mal engagées avec les déclarations malveillantes de certains dirigeants européens qui font preuve de malhonnêteté intellectuelle à la lecture de la lettre officielle de demande de l’application de l’article 50 lorsqu’ils qui veulent lire entre les lignes, l’existence d’ intentions provocantes du document de la déclaration émanant du Gouvernement britannique.
Les antagonismes affichés de certains négociateurs, Michel Barnier, ancien Commissaire européen , repêché par Jean-Claude Juncker dans sa traversée du désert, anglophobe notoire dont la négociation n’est pas le point fort, Guy Verhofstadt, perpétuel excité du PE, ayant une dette à régler avec Nigel Farage, tous deux encouragés par leur mentor, Jean-Claude Juncker qui, pour manifester sa totale neutralité envers les négociations du Brexit, faisait le déclaration précitée. Heureusement pour le déroulement positif des négociations que le délégué du Conseil est un diplomate belge Didier Seeuws, ‘’neutre par tradition’’ qui représentera les voix des 27 pays paroles, propos qui seront, on n’en doute pas, plus conciliants et plus modérés en raison du sang froid tout britannique du négociateur mais, surtout de la nécessité de trouver un consensus au sein du Conseil. Les eurocrates, eux, sans responsabilité n’ont rien à perdre tandis que les représentants des pays-membres sont responsables d’une politique raisonnable conciliant leurs intérêts avec ceux d’un pays qui compte sur l’échiquier européen. En effet, le Royaume-Uni représente 13% de la population le l’Union européenne, 17% de son PIB, la moitié de son arsenal nucléaire et un siège au Conseil de sécurité de l’ONU !

Si par la raison ou par la chance, ces négociations devaient aboutir, elles peuvent créer un précédent et ouvrir la voie à un statut inédit qui serait euro-compatible et débarrassé des ukases et diktats européens. Cette conclusion aurait pour conséquence de changer la nature même de L’union européenne.

Les Etats-nations doivent reprennent la main et s’engager dans une vraie négociation politique débarrassée de l’immixtion des Instances européennes ou de leurs grands missi dominici qui veulent faire la loi et imposer leurs décisions à tous les Etats-membres.

Ce ‘’new deal’’ fait clairement appel à changer la nature même de l’Union européenne. A l’image des Etats-Unis d’Amérique, la Constitution européenne devrait être simple et compréhensible par tous ; elle devrait se donner un ‘’Congrès’’ commun européen, émanation des Etats auquels seraient conférés des pouvoirs transférés par les Etats et ne plus recourir au ‘’top-down’’ mais bien au ‘’bottom-up’’

Nouvelle Constitution d’une nouvelle Europe démocratique née d’une expression de la volonté des Etats d’y adhérer et des citoyens d’être convaincus de son utilité.

Qu’on le veuille ou non, la source de la légitimité démocratique réside dans le cadre des Etats-nations.

 

LA DECLARATION DE ROME OU L’AVEU D’IMPUISSANCE DE L’UNION EUROPEENNE

Le ‘’Livre Blanc’’ présenté par le Président de la Commission européenne en ce début du mois de mars devait contribuer à orienter le débat entre les 27 chefs d’Etat et de gouvernement et à structurer la discussion lors du sommet de Rome et bien au-delà …..( ?) Ce ‘’Livre Blanc’’ était en fait un exercice vain, futile et incantatoire, pâle reflet d’une Europe en pleine crise ne sachant pas quelle direction prendre en n’en préconisant aucune afin que ce texte soit prestement enterré, le sommet de Rome aussitôt terminé. L’énoncé des 5 scénarii qu’il contenait était déjà décevant et donnait un avant-goût de ce que pouvait être ‘’la Déclaration de Rome’’, mise en scène obligatoire pour célébrer le 60ème anniversaire rehaussé par une déclaration incolore, inodore et insipide…

Le préambule de la ‘’Déclaration de Rome’’ est un agrégat d’autosatisfaction gratuite, de réalisations élaborées par l’Europe qui se targue d’être une « entreprise audacieuse et visionnaire ». Visionnaire ? le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne n’avait pas été anticipé dans cette vision. Entreprise audacieuse suivant ses acteurs actuels ? appropriation inconvenante de ces réalisations dès lors qu’une grande partie de cette audace créatrice et mobilisatrice était le fait des ‘’golden sixtiers’’ mais pas des eurocrates au pouvoir depuis plusieurs années.

La Déclaration martèle également cette contre-vérité : « aujourd’hui nous sommes unis et plus forts ». Comment peut-on débiter de pareilles inepties en feignant d’ignorer les problèmes posés par les pays du Višegrad alors qu’une action de condamnation de certains d’entre eux est menée à leur encontre !

Une Europe plus forte relève d’une malhonnêteté intellectuelle alors que le Royaume-Uni qui représentait un partenaire important vient d’entamer la procédure de séparation de son appartenance à l’UE !

Cette Déclaration souligne également une volonté déjà mort-née :« Nous agirons de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction……Notre Union est une et indivisible » ‘’Sonnez clairons, résonnez trompettes ‘’. Ce postulat est édifiant si on veut bien faire l’effort de se référer à l’allégation de progresser dans la même direction mais sans en définir ni les moyens, ni le but à atteindre.

Dans cette déclaration, il serait vain et oiseux de commenter les objectifs dont la réalisation n’est qu’une incantation verbeuse de lieux communs.
Cette ‘’Déclaration solennelle’’ n’est pas un exposé d’engagements contraignants mais relèverait plutôt d’une profession foi qui se limite à l’énoncé de bonnes intentions. Il est d’ailleurs amusant de noter que les textes relatifs au préambule et à la conclusion représentent le double du texte consacré aux objectifs , ‘’des mots, des mots, toujours des mots… ‘’ Il s’avère préférable de conclure en considérant qu’il fallait coûte que coûte célébrer le soixantième anniversaire de l’Union européenne, même dans la douleur et le déni par une ‘’Déclaration solennelle’’.
Ni fleurs, ni couronnes….

CONTRIBUTION AU 60ème ANNIVERSAIRE DE L’UNION EUROPEENNE

Ce 25 mars, le 60ème anniversaire de l’Union européenne est célébré à Rome. 60 ans déjà ! Le basculement dans le 3ème âge est toujours un moment délicat dans la vie d’un homme, c’est celui dans lequel un individu ressent son déclin et les déchéances qui en résultent au crépuscule de son existence. Il en va de même pour l’Europe, un membre l’a quitté à la veille de cette manifestation et l’atmosphère de la fête ne sera plus pareille ! ‘’Un seul être vous manque et tout est dépeuplé’’ Quo va dis Europa ? L’Union européenne vit une lente agonie et cette réflexion sur son avenir pourrait s’intituler : ‘’ Chronique d’une mort annoncée’’

Elle nous fait tous les jours la cinglante démonstration de son incapacité d’agir et de sa cécité devant les réalités qu’elle ne veut pas affronter, celle d’une Europe à bout de souffle face à la fronde de certains Etats-membres et à la désillusion de leurs citoyens. Il n’y a que les technocrates de Bruxelles, les Eurodéputés de Strasbourg, les fonctionnaires de Luxembourg pour ne pas (vouloir) s’en rendre compte ; opportunisme ou inconséquence ?

La construction européenne

’L’Europe de l’Atlantique à l’Oural ’’, citation attribuée au Général de Gaulle qui la prônait délibérément pour ne pas prendre le risque de la voir se réaliser, était et reste une utopie. C’est sur cette utopie que l’Europe ou plutôt la Communauté européenne qui était à l’origine une Union douanière de pays souverains, zone de libre-échange par la suite, que nos politiciens ont accepté de transformer, d’agrandir, délibérément alourdie par des institutions aussi nombreuses qu’inutiles, aussi transparentes qu’illisibles et pour paraphraser les paroles de Charles de Gaulle sur l’O.N.U., cette Union est devenue ‘’un Grand machin’’ dirigée par des technocrates, démocratiquement nommés (?), qui prétendent agir dans l’intérêt des Etats-membres et de leurs peuples. A cette construction toujours élargie et souvent rafistolée, il fallait bien donner une base morale à sa consolidation et plus tard à son extension ; l’objectif des successeurs des ‘’Pères fondateurs, restait toujours de garantir la paix et en son nom, mais par perversion, de parvenir à bannir les Etats, en assimiler leurs populations sous la bannière de cette ‘’Grande Europe’’. Dans cette nouvelle création politique, on a jeté pêle-mêle en pâture aux Euro-citoyens, des idéaux communs, des principes communs, des valeurs communes, une monnaie commune, des frontières communes, bref, tout ce qu’il y avait de plus commun au sens le plus commun du terme et ce, tout en y introduisant progressivement de nouveaux adhérents qui étaient eux aussi sensés respecter les généreux idéaux d’adhésion qui sont la pierre angulaire de l’Europe. Ce processus fut toujours effectué sans aucune consultation des citoyens des Etats-membres en les faisant participer au processus d’élargissement mais il s’agissait de ne pas heurter leurs opinions publiques et le cas échéant, éviter d’essuyer un revers. Le référendum de 2005 hante toujours les esprits de nos ‘’Eminences’’ européennes !, Europe des six pour initier la Communauté, Europe des neuf, Europe des dix, Europe des douze, Europe des quinze, Europe des vingt-sept et enfin Europe des vingt-huit. Toujours plus d’Europe, toujours plus de Commissaires, toujours plus de Juges, toujours plus d’Eurodéputés, toujours plus de fonctionnaires, …..35.000 bouches à nourrir ! Depuis 2005, aucune consultation de la population des pays-membres, n’a été organisée par l’Union européenne car le référendum est considéré par nos ‘’Excellences’’ comme anti-démocratique, alors qu’il permet aux peuples de s’exprimer directement sur des questions primordiales qui les concernent. Cette voie de consultation des peuples s’avère trop dangereuse pour le prétendu bon fonctionnement de la démocratie européenne ! Le peuple est bête, il ne peut pas comprendre les grands desseins européens concoctés par nos ‘’Elites’’ dans leurs ‘’Tours d’Ivoire’’ européennes, conseillés par des Institutions, des bureaux d’études, des instituts de toutes sortes qui gravitent en apesanteur tels des satellites en orbite autour des Instances européennes avec comme carburant, de plantureux budgets que nous leur allouons aveuglément.

La fracture nord-sud – du Cap Nord à Gibraltar

Fracture Nord-Sud, car ce sont les pays méridionaux du ‘’Club Med’’ : Italie, Grèce, Espagne, Chypre, Portugal  qui sollicitent assidument la solidarité européenne pour bénéficier de généreux transferts afin de soutenir leurs économies, de taux d’intérêt plus compétitifs équilibrés par une consolidation européenne qui leur permet de rendre leur dette soutenable et espérer qu’ils rentrent jour dans les critères de Maastricht. Quand et comment ? Dieu seul le sait. ‘’En attendant Godot ‘’ Viendra-t-il peut –être ‘’ (Samuel Becket 1948/52). En sus de budgets généreux qui leur furent alloués à des titres divers, se sont des aides magnanimes aussi nombreuses que variées qui leur ont été accordées sans examen critique des dossiers et avec la passivité ou pire, le manque de contrôle des autorités européennes sur tous ces fonds attribués. Pléthore de transferts Nord → Sud encore pour pallier les difficultés financières dues à de mauvaises gestions, à des gaspillages de toute nature, à des gabegies en tout genre afin de tenter d’établir un illusoire équilibre entre la riche Europe du Nord et la pauvre Europe du Sud ; Mezzogiorno italien à la sauce européenne en quelque sorte avec le même insuccès ! Pourquoi a-t-on admis ces pays à devenir membre de l’Eurogroupe alors qu’ils n’en avaient ni les capacités, ni les moyens, ni les vertus. Peut-être, pour intégrer quelques pays exotiques face à l’austérité et à la rigueur germanique, peut-être, afin d’aider la France à résister à la dégradation honteuse des agences de notation en lui permettant de s’arrimer aux pays vertueux et de rester membre du club de la zone septentrionale de l’Europe. Fracture, oui, entre les modèles latin et rhénan (*), entre une conception doctrinale diamétralement opposée de gestion économique et sociale entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud. Alors que les pays du Nord prônent un système de gestion faisant confiance à l’initiative privée, encouragent les investissements productifs, dimensionnent les dépenses publiques aux tâches que doivent remplir l’Etat et les collectivités dans le rôle qui leur est assigné, ils restreignent les investissements improductifs économiques ou sociaux à l’aune de leur absolue nécessité. A contrario, les pays du sud défendent une conception interventionniste de l’Etat dans l’économie, une société d’assistanat qui décourage l’initiative privée. Ils accroissent sans cesse les dépenses publiques pour financer et/ ou soutenir des activités qui ne sont ni de leur compétence ni de leur domaine d’action ; en consolidant la starification de la société, ils instaurent par là un immobilisme social au nom d’une égalité tarissant les sources de la promotion individuelle à l’encontre de la compétition innée chez l’homme pour parvenir à un meilleur avenir. Ce paradigme est basé sur un modèle social obsolète, distributeur de richesses qui n’ont pas encore été créées, décourageant les initiatives créatrices de ces richesses qui, non disponibles, sont néanmoins préalablement dépensées. Cette politique nécessite le recours à l’emprunt permanent, source de déficit pour la rétribution des intérêts et dont le remboursement pénalise anticipativement les générations futures. Poussée à l’extrême, c’est la gestion catastrophique passée et actuelle de la Grèce, qui par la faute d’une politique non collectrice mais distributive, a tari ses ressources et augmenté ses dépenses ; ce pays prodigue est forcé maintenant de recourir aux menaces et aux chantages pour voir les intérêts de ses dettes publiques reportés sine die ou voir celles-ci, tout simplement diminuées, voire, demain purement et simplement effacées parce que le pays du berceau de notre civilisation doit coûte que coûte rester dans le giron européen alors que qu’il n’avait pas la capacité morale d’adhésion à l’Union européenne et encore moins économique de faire partie de l’Eurogroupe. La France, elle, se trouve à la croisée des chemins et son parcours se rapproche dangereusement de celui des pays du ‘’Club Med’’ alors que c’est cette même France qui voudrait initier une partition harmonieuse de l’Europe en matière de gouvernance par le recours à une Europe à plusieurs vitesses et le cas échéant, à un Eurogroupe renforcé, doté d’un gouvernement et d’un budget propres sous domination allemande et française bien entendu. Dans ce deal, l’intérêt de la France est de définir un nouveau pacte de stabilité et de croissance à sa mesure afin d’éviter de décrocher des critères de Maastricht, l’intérêt de l’Allemagne est de renforcer son hégémonie sur l’Europe, ne faisant que confirmer une situation acquise. Alors que la France aurait dû faire l’objet de sanctions depuis de nombreuses années pour un déficit supérieur à celui autorisé par les ‘’critères de Maastricht’’ et des dépassements budgétaires endémiques qui engendrent une dette qui avoisine les 100% du PIB, il n’est pas question pour ce ‘’Grand pays’’ de se voir infliger des sanctions par une application stricte de ‘’la Règle d’Or’’ qui devait solennellement être gravée dans le marbre de la ‘’Table des lois’’. La France fait l’objet de la mansuétude de la Commission européenne et ne s’encombre plus de recommandations pour lesquelles elle ne se sent pas concernée en tant que pilier de plâtre (fragile) de la Communauté européenne !

Le résultat de cette fracture se manifeste dans la montée de l’extrême droite dans les pays du Nord pour lesquels ces transferts sont devenus insupportables en raison d’une pratique qui est devenue courante et d’un défaut potentiel de certains pays débiteurs de rembourser leurs dettes mais également par l’attitude arrogante de leurs populations qui sont offusquées, voire révoltées, par les efforts qui leur sont demandés en retour des fonds qui leur sont alloués. Montée également, mais de l’extrême-gauche cette fois, dans les pays du Sud qui tirent profit de leur situation sociale désastreuse pour accuser de tous leurs maux, moins l’Europe que les pays créditeurs,…. La fracture Est-Ouest – L’Europe de l’Atlantique à l’Oural

A l’ouest, il ya une île dont l’attachement à l’Europe n’est pas une tradition séculaire….

Le référendum sur le Brexit, initié à l’origine par le gouvernement britannique et qui ne pouvait, ni être sanctionné, ni récusé par les Autocrates européens, a été couronné de succès, mais violemment contesté par des arguties d’eurolâtres qui manifestement n’avaient pas digéré cette cuisante défaite européenne, ils s’insurgeaient contre la victoire d’un peuple libre et démocratique, voix populaire, et de plus, ne leur déplaise, consacrée par la voie parlementaire. ‘’Vox populi, vox dei’’ maxime honnie par nos ‘’Excellences’’ européennes. Il faut souligner la grande élégance du Royaume uni qui n’a pas voulu gâcher la fête du 60ème anniversaire de l’Union européenne par une officialisation de sa sortie du club des 28 et que le feu d’artifice jubilaire ne soit pas un tir de pétards mouillés. Le Général de Gaulle, toujours lui, s’était pourtant opposé en 1963 à la demande d’adhésion du Royaume-Uni en soulignant l’incompatibilité entre les intérêts économiques continentaux et insulaires. L’histoire lui adonné raison puisque ce pays a toujours ignoré la solidarité européenne, proclamant le slogan « I want my money back », n’étant pas partie des ‘’Accords de Schengen’’, refusant la monnaie unique et s’étant vu accorder des exemptions de toutes sortes en parfaite contradiction avec les règles communes européennes. Le ‘’Brexit’’ actuel est la dernière revendication britannique ! L’histoire a donné raison au Général de Gaulle…

L’Europe en route vers l’Oural…..Drang nach Osten…

Quant à l’échec de l’adhésion des pays, l’Est, il suffit de se référer à l’histoire de l’Europe pour comprendre que les pays d’Europe orientale n’ont pas vocation à adopter les valeurs européennes et en accepter les principes. L’adhésion à l’Union européenne était la condition sine qua non pour ces pays de bénéficier des budgets au niveau de ceux des pays-membres avec en prime, de plantureux subsides pour les inciter à rejoindre le clan occidental après des années d’esclavage soviétique. Cette vision utopique de nos édiles européennes s’est ternie lorsque la plupart d’entre eux, après leur adhésion à l’Union européenne, n’ont pas voulu de la monnaie unique (et n’en veulent toujours pas) mais qui plus est, s’est maintenant transformée en cauchemar lorsqu’ils se sont aperçus que cette adhésion ne reposait que sur un objectif mercantile et sur le recours à une défense procurée par le parapluie protecteur bon marché de l’Union européenne auquel ils préfèrent néanmoins celui de l’OTAN . Par contre, sur le plan des valeurs et des principes, pierre angulaire de l’Europe, ils refusent toute ingérence européenne dans la gestion politique et morale de leurs Etats. Les réactions exacerbées des pays de l’est-européen, notamment ceux du Višegrad-Gruppe dans l’Union européenne, Hongrie, Pologne, Slovaquie, Tchéquie, face aux évènements migratoires que nous vivons sont sans équivoque quant à la solidarité qui leur est désespérément demandée ; il ne doit pas, ni nous étonner, ni nous émouvoir  que ces pays ne veulent pas de la répartition des émigrés, ils ne veulent pas de réfugiés qui n’ont pas leurs principes moraux, leur civilisation, ni leur religion toujours omniprésente dans leur destinée sociale et politique; à cet égard, l’histoire aurait dû servir de guide à notre décision mais leur adhésion a été acceptée alors que si ces pays ont adhéré à la Communauté européenne, ce n’est ni par souci d’appliquer ses principes, ni ces valeurs mais plus prosaïquement et seulement pour bénéficier de la manne des budgets et des aides européennes.

 

C’est la Commission européenne qui, par sa volonté d’accueillir des flots de réfugiés et d’en répartir la charge entre les pays-membres pour résoudre la crise migratoire sans concertation, exaspère ces pays. La Bulgarie, Croatie, Hongrie, Roumanie, Slovénie viennent de faire un véritable pied de nez à l’U.E et lui infliger un cinglant camouflet pour démontrer son incapacité d’avoir anticipé et actuellement de gérer la crise migratoire. Budapest serait prêt à organiser un référendum si les Institutions européennes en arrivaient à vouloir les obliger à accepter des réfugiés dont la civilisation ne correspond pas à celle de leur population ; peut-on leur donner tort ? Il faut croire que oui puisque la Hongrie et la Pologne font maintenant l’objet d’une procédure de l’Union européenne pour leur non respect de ses valeurs fondamentales du ‘’Saint Empire Européen’’ !

A l’est, les pays d’Europe orientale sont en Europe, ils ne sont pas dans l’Europe….

De plus, et sans tenir aucun compte de l’expérience vécue et encore moins des problèmes posés par ces pays des Balkans, la Commission envisage d’engager une procédure d’adhésion pour des pays qui sont à la marge de l’Europe, l’Albanie, la République de Macédoine, le Monténégro et la Serbie …..sans évoquer la Turquie dont la provocation actuelle mériterait tout simplement une rupture de la procédure sans attendre que soit instaurée la peine de mort ! Il ne faut en aucun cas déplacer le centre de gravité de l’Europe et accueillir des pays dont les principes et les valeurs sont de plus en plus distinctes avec l’éloignement. Aux problèmes auxquels nous devons faire face vis-à-vis des pays du centre-est européen, s’ajouteront ceux d’une instabilité récurrente, de haine vivace et séculaire entre ethnies et ‘’last but not least,,, d’une corruption endémique qui touche tous les niveaux des pouvoirs en place.

Si ces pays requièrent des fonds et comme tous les autres pays de l’est, prétendent bénéficier de nos transferts Ouest → Est déjà évoqués, notre esprit généreusement paneuropéen ne doit pas nous exalter et doit s’arrêter à l’intérieur de nos frontières extérieures actuelles qui sont déjà très difficiles à gérer et à protéger ; les accords avec ces pays doivent se limiter à leur consentir des fonds de développement mesurés, soumis à la réalisation de projets viables et contrôlés avec comme devoir de réciprocité, d’améliorer leurs économies, leurs finances, leurs niveaux sociaux et culturels sans gaspillage, ni corruption.

Charles de Gaulle, l’un des derniers hommes politiques clairvoyants que notre continent ait connu, avait eu l’immense lucidité de pressentir que cette Europe rassemblant tout un continent qui avait été convoitée par les grands conquérants au cours de son histoire était une conquête du graal impossible à conquérir ni dans la politique, ni dans les cœurs. Tous les souverains, les autocrates, les despotes qui ont voulu au cours des siècles, par l’esprit, par la pensée, par la religion ou par l’épée, réunir les états ou mieux, les peuples européens, ont échoué dans leur tentative. Un ‘’Etat européen’’ ne pourrait être que technocrate et dirigiste pour être en mesure de gérer, par un pouvoir centralisateur, autant de politiques nationales divergentes que de pays le composant, alors que la nation européenne, malgré toutes ces contraintes, celle des peuples n’existera jamais ! L’Europe n’est pas une, ni par son histoire, ni par ses peuples, ni par ses cultures, ni par ses religions, elle est au contraire multiple, complexe, hétérogène et c’est très bien ainsi. Cette lente agonie de l’Europe est parfaitement le reflet de toutes ses disparités qui éclatent au grand jour à l’aube du troisième âge. L’Europe n’a pas d’avenir sans une refonte fondamentale de ses objectifs, de ses capacités, de son fonctionnement, elle doit peut-être mourir comme le phénix pour mieux renaître de ses cendres !

(*)

 

 

 

 

modèle_latin_rhénan_png0001

LA RENAISSANCE DE L’EMPIRE OTTOMAN

La renaissance de l’Empire ottoman

Voici un an jour pour jour, le pacte était signé entre l’Union européenne et la Turquie sur la question des réfugiés ; par ce traité, une épée de Damoclès, un cimeterre en l’occurrence, était ainsi suspendu sur l’Europe. Nos Eminences européennes ont été obligées à fermer les yeux sur la montée en puissance de la dictature en Turquie et ont été forcées d’avaler des couleuvres aux couleurs du nouvel empire ottoman en raison des entorses répétées aux principes fondamentaux des droits de l’homme en général, sur le respect inébranlable des valeurs morales européennes que nous imposons à tous les candidats à l’adhésion en particulier. Valeurs dont nous sommes les ardents protecteurs lorsque leur défense ne nous coûte rien. Ces principes inébranlables ont été foulés au pied par l’Etat turc de façon répétée et généralisée à tous les domaines de la fonction publique mais sans réaction vigoureuse de nos édiles européennes, sauf des indignations de pure forme. Nous payons au prix fort le deal honteux que nous avons souscrit avec la Turquie. Les pressions récentes, les attaques verbales proférées par un dictateur sont intolérables. Ce n’est qu’une première offensive de l’ancien Empire ottoman mais qui ne sera pas la dernière. La réplique des dignitaires européens et de certains Etats-membres fut dérisoire face à cette agression verbale et peu diplomatique mais pour combien de temps encore ?).

Ce n’est plus l’Union européenne qui dicte sa loi à la Turquie pour satisfaire aux principes démocratiques et aux valeurs européennes qu’elle lui impose afin de parvenir à son adhésion à L’Union européenne, ce sont les menaces de la Turquie qui provoquent atermoiement et prostration parmi les Instances européennes. La tentative récente d’immixtion de la politique intérieure turque dans les pays de l’Union européenne en est la démonstration flagrante. Ce camouflet cinglant n’a provoqué aucune réplique unanime d’aucune des Instances européennes pour interdire à priori aux ministres de cet Etat de faire la promotion électorale de leur Président dans les pays de U.E. parmi la diaspora turque qui peuple notre Europe de l’Ouest. Ce n’est qu’à postériori que nos courageux dignitaires européens se sont émus de cette ingérence d’un nouveau sultan musulman en Europe pour engranger les votes de ses compatriotes turcs en sa faveur. Par la suite, mais à la suite seulement, c’était moins redoutable pour ne pas risquer de ternir nos excellentes relations avec la Turquie, le Président du Conseil européen s’est bien scandalisé de l’attitude intolérable du Président Erdoğan envers les Pays-Bas alors que Rotterdam a maintenant un bourgmestre marocain (où est le rapport ?!, celui de la Commission s’est bien ému des reproches qualifiés de nazis et fascistes du nouvel empereur ottoman mais dédouane sa Commission en déclarant « Die EU will nicht der Türkei beitreten, die Türkei will der UE beitreten» –  » L’Union européenne ne  »veut pas »  ( ne demande pas ?)l’adhésion de la Turquie, c’est la Turquie qui demande cette adhésion’’. Soulignons également l’attitude courageuse de la ‘’Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité’’  Madame Fedrica Mogherini qui, elle, qui a tout simplement renvoyé les Etats-membres à leur compétence nationale sans autre forme de procès ! Les Europarlementaires quant à eux ont courageusement confirmé une résolution déjà adoptée en novembre 2016 pour geler les négociations sur l’adhésion de la Turquie à la C.E. mais ce sont de pures incantations sans effet alors que l’Europe distribue toujours aussi généreusement des aides à la Turquie pour encourager ce candidat à l’adhésion à atteindre les critères européens ! Il est vrai que la menace d’une suspension des versements a été soulevée, menace qui restera probablement non suivie d’effets. Les versements doivent se poursuivre tant que la procédure d’adhésion n’est que gelée et non éteinte ; de plus, les effets d’une révocation seraient dévastateurs par l’arrivée d’une nouvelle vague de réfugiés, candidats à l’exode, volontaires ou non qui seraient invités, sinon poussés hors de Turquie vers nos côtes pour envahir l’Europe. En fait, nous tremblons que la Turquie ne mette fin unilatéralement au deal dont le Président de la Commission, Monsieur Juncker se félicitait il y a exactement un an de cette réussite par cette déclaration : « c’est un bon accord qui va changer la donne  » cette négociation n’était en fait qu’un jeu de dupes puisque le dictateur qui n’avait pas caché ses cartes, était déjà à l’œuvre dans sa promotion très personnelle de la démocratie, ce que tous nos dignitaires européens connaissaient mais ne s’en indignaient pas (encore) ! Pour fêter dignement l’anniversaire de sa victoire sur l’Europe, Erdoğan a enchaîné les attaques directes. En effet. Le 16 mars, il avait accusé la Cour de justice de l’Union européenne d’avoir « lancé une croisade contre le croissant», celle-ci ayant estimé qu’une entreprise pouvait, si elle le souhaitait, interdire le foulard islamique et un jour plus tard, il braillait : « J’en appelle à mes citoyens, mes frères et sœurs en Europe […] Allez vivre dans de meilleurs quartiers. Conduisez les meilleures voitures. Vivez dans les meilleures maisons. Ne faites pas trois, mais cinq enfants. Car vous êtes l’avenir de l’Europe. Ce sera la meilleure réponse aux injustices contre vous.»

En 1998, Erdoğan est condamné à une peine de prison, après un discours qualifié d’incitation à la haine incluant un poème  du poète nationaliste Ziya Gökalp, au cours d’un meeting à Siirt, dans l’est du pays. Il cite ainsi ce passage :
« les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats»

erdogan_minaret_capture_16_04

La Turquie a choisi son camp et son récent accord avec la Russie montre bien l’orientation de sa future politique vis-à-vis de l’Europe et très probablement vis-à-vis de l’OTAN.

Le retour de l’empire ottoman est en marche !

LE TEMPLE EUROPEEN DU 60ème ANNIVERSAIRE

Le temple européen du 60ème anniversaire

Cette caricature représente admirablement l’état du temple réservé à nos hauts dignitaires européens pour célébrer le 60ème anniversaire de l’origine de l’Union européenne.

temple_grec_c$Nos brillants architectes européens ont conçu une structure pour écraser les peuples européens sous ce fronton, mais à y regarder de plus près, ce bâtiment manque d’équilibre. En effet, le pauvre polonais que l’on devine être Lech Kaczyński se trouve en équilibre précaire par défaut d’accepter de voir appliquer à son pays les valeurs morales européennes. Pour faire contrepoids à gauche de l’édifice, il eut fallu placer dans la même position l’evzone Tsipras, cette posture nous eut permis de voir ce qu’il cachait sous sa jupe comme carte pipée pour la sortir comme joker afin d’obtenir nos aides financières malgré la gestion défaillante de son économie dont nous payons le prix.

 

NOS PARTIS POLITIQUES SURVIVRONT-ILS ?

Nos Partis politiques survivront-ils ?

Vivons-nous les dernières années de la vie politique telle que nous l’avons vécue depuis l’avènement de nos démocraties modernes ? Gouverner est issu d’un contrat moral entre représentants et représentés ; ce contrat est fondamental pour la saine pratique de la vie politique en démocratie pour autant qu’il soit respecté, ce qui n’est plus toujours le cas actuellement. La politique est essentielle car elle encadre notre vie, elle en définit les règles du jeu. L’intérêt de la politique pour les citoyens est indispensable pour éviter de sombrer dans une dérive qui pourrait mettre en péril notre démocratie. Mais la question de cette relation contractuelle mérite d’être posée, les partis politiques sont-ils encore en capacité de la gérer et ont-ils encore la crédibilité suffisante pour assurer l’exercice de ce contrat moral entre gouvernants et gouvernés ?

  1. L’Avenir de nos partis politiques

Devant l’échec des partis souvent dénommés ‘’traditionnels’’ dans plusieurs de nos pays occidentaux, la montée des extrêmes, qu’ils soient de droite ou de gauche, la mise en cause de la classe politique ou l’indifférence de citoyens face à ‘’la chose politique’’, la question est de savoir quel est l’avenir des partis en place sur la scène politique. Les partis sont souvent contestés et leurs dirigeants fréquemment désavoués par les citoyens qui sont désorientés ou lassés ‘’du jeu politique’’ qui leur est proposé. Dans notre démocratie en rupture, ce sont les partis qui détiennent le pouvoir et qui l’exercent intégralement sans la supervision et encore moins, la sanction des citoyens. La ‘’Vox populi’’ est devenue inaudible pour les caciques des partis qui sont devenus des autocrates sourds aux aspirations de leurs citoyens car sûrs de leur pouvoir sans partage, ni contrôle populaire. Notre démocratie est devenue particratie et nos gouvernants, ne sont plus des hommes politiques au sens noble du terme mais des politiciens ; quels que soient leurs mérites, ce sont des autocrates inamovibles. Même si la plupart d’entre eux ne sont pas, ni malhonnêtes, ni corrompus, les citoyens sont lassés de la tradition partisane, de la structure immuable des partis politiques et de la reconduction perpétuelle de leurs mandants.

Les grands Hommes d’Etat qui ont façonné notre histoire politique d’après-guerre reposent au ‘’Cimetière des Eléphants’’ et il serait possible de faire un parallèle entre l’engouement européen lors de la création de l’Union européenne, de ceux qui portait le ‘’projet Europe’’ par leur charisme, leur force de caractère et l’adhésion populaire qu’ils suscitaient, qualités qui contrastent totalement avec la désaffection, le désamour des citoyens européens pour l’Europe technocratique telle qu’elle est devenue maintenant, éloignée des préoccupations des peuples, excuse facile pour les politiciens nationaux qui en portent une lourde responsabilité. Il faut bien reconnaître que ce désamour et parfois, ce dégout de la chose politique est dû pour une grande part à la disparition de ces Hommes d’Etat qui se dévouaient corps et âme pour le bien commun, celui de leurs citoyens. Dinosaures d’un autre temps, d’une race disparue ! Dans le passé, Il y a toujours eu des ‘’brebis galeuses’’ mais elles étaient moins nombreuses qu’à présent ; il existait une éthique auto-respectée qui n’avait pas besoin de charte ou de déclaration d’engagement déontologiques écrites et signées (mais peu respectées) comme c’est le cas à l’heure actuelle. La transparence, volonté affichée par tous nos politiciens, n’est qu’un argument de façade; en matière d’étique, la question n’est pas la transparence mais bien l’intégrité, le respect inné et rigoureux de la moralité, là est la question !

Les gouvernants d’une époque révolue ne passaient pas leur temps, dont ils auraient eu la conviction que c’était du temps volé à leurs électeurs, à se quereller sur des sujets futiles ou de monopoliser les médias pour persuader les citoyens de leur activité débordante en leur faveur. Nous vivons une frénésie du rythme médiatique dans laquelle il faut communiquer en temps réel sur tout, partout et dans tous les domaines même sur ceux qui restent du domaine de la vie privée mais sont étalés au grand jour sur la place publique ! Nos mandataires passent de plus en plus de temps en commissions d’enquêtes de toutes sortes dont celles crées pour dédouaner les uns en compensation de l’impunité des autres. Ces réunions ne servent le plus souvent qu’à laver le linge sale en famille afin qu’il présente après lavage une blancheur virginale à l’extérieur mais ne sont pas exempts de tâches indélébiles à l’intérieur. Sans vouloir mettre en cause exagérément l’honnêteté matérielle de nos dirigeants politiques, on peut légitimement s’interroger sur leur honnêteté intellectuelle et leur qualité d’exemplarité dans l’exercice de leur fonction.

Afin de donner l’impression aux citoyens qu’ils participent activement à l’élaboration des questions législatives, certains pays ont donné la faculté de présenter des pétitions qui, moyennant un certain quorum, peuvent être présentées à leur Chambre des représentants. Par manque de fondement ou d’intérêt général, par la fantaisie de certaines requêtes, par la futilité de certaines autres, elles rendent irrecevables nombre d’entre elles avant même leur présentation à l’Assemblée chargée de les examiner. Pour celles qui sont recevables, les pétitions seront adoptées  ou rejetées suivant l’intérêt général ou particulier des représentants en charge de les examiner; il s’agit en l’occurrence d’un simulacre de démocratie participative !

Il est de plus en plus courant pour le citoyen de pointer du doigt l’incapacité des hommes politiques qui nous gouvernent pour résoudre leurs problèmes et de répondre à leurs préoccupations. Le découragement, voir le dégoût de la chose politique, sont largement répandus parmi les citoyens qui se sentent exclus d’un’’ jeu politique’’ dont ils ne sont pas les acteurs ou tout simplement parce qu’ils se sentent abusés et leurrés par ceux qu’ils ont élu.

Le découragement des citoyens provient aussi de l’indigence de la classe politique dans les débats publics et de l’attitude parfois schizophrène de certains élus dans leurs assemblées. Le comportement inadmissible de certains mandataires, le manque de respect, la plus élémentaire dignité et l’étalement sur la place de leur vie privée amènent les citoyens à ne plus s’intéresser qu’à la chronique des ‘’peoples’’ politiques. Il s’agit d’une politique de bas étage, petite politique politicienne dont raffolent certains médias pour abreuver le bon peuple, qui en redemande…et provoque l’anesthésie des électeurs au grand avantage des élus qui sont dispensés de leur rendre des comptes.

Les politiciens ‘’branchés’’ se pressent les uns et les autres, devant des micros ou des caméras pour donner des interviews surtout en fin de législature pour faire valoir leurs qualités afin de se trouver en position favorable sur les listes électorales, avec, accessoirement, la fausse image de faire campagne vers les citoyens pour assurer leur réélection, ce qui s’avère parfaitement inutile car les partis les ayant d’ores et déjà placés en ordre utile, éligibles pour les premiers, figurants pour les autres, vedettes dérisoires d’un jour pour les derniers. Ce n’est pas l’électeur-citoyen qui détient le pouvoir, ce sont les partis qui dictent leur loi. Le crédo politique des élus est de durer et tant pis, s’ils ne respectent pas le mandat politique que les citoyens leur ont confié, c’est leur parti en quelque sorte qui leur attribue ce mandat en les plaçant en ordre utile pour être élus tant aux parlements nationaux qu’au parlement européen, ce dernier étant souvent constitué par des députés nationaux déchus ou écartés par leur parti pour leur procurer une compensation à leur disgrâce interne.

Nos Représentants sont le plus souvent davantage redevables à leurs partis qu’à leurs électeurs ; leur élection est leur préoccupation première, celle de conquérir un siègeou de le retrouver à l’issue des élections. Ils ne visent en fait, que l’intérêt éphémère ou plutôt la séduction de leur électorat par des promesses pré-électorales. Leur crédo politique est de durer et tant pis si les citoyens qui les ont élus sont désenchantés par des promesses non tenues; d’ailleurs, les électeurs ne peuvent que juger, non pas sur des résultats, mais sur une communication appropriée de leurs élus pour les convaincre qu’ils sont hyperactifs et fervents défenseurs du mandat qui leur a été confié. Les communicants, l’importance de communication dans la chose politique a pris une place considérable et ce ne sont plus que de grands Hommes d’Etat qui sont nos mandataires, ce sont les politiciens qui confient leur image à de bons communicants, le message, lui, n’étant devenu que secondaire, c’est la présentation et la mise en scène qui sont importantes.

Les électeurs déçus par la particratie ont tendance à se détourner de leurs partis traditionnels pour se diriger dans une voie nouvelle qui leur est proposée par des partis qui sortent des sentiers battus et leur présentent une vue originale et inédite sur la gestion de la chose politique.

  1. la transition vers d’autres formes de gouvernance.

La faiblesse des partis politiques traditionnels, pour ne pas dire leur discrédit, laisse la place à des mouvements que l’on pourrait qualifier de partis de contre-pouvoir, soit, parce qu’ils sont issus des partis ‘’historiques’’ et formés par des dissidents ou par des contestataires qui, ne se reconnaissant plus dans leurs partis d’origine; ils ont la volonté de s’attacher à défendre les idéaux et les sentiments de groupes d’individus davantage sensibilisés par des thèmes plus citoyens, tels que l’environnement, les droits sociaux, l’identité nationale, l’Europe, la mondialisation, les migrants, etc….., thèmes qui se retrouvent généralement dans les discours des partis traditionnels mais rarement concrétisés dans leurs actes.

Ces partis populistes de droite comme de gauche sont amenés à disparaître, soit qu’ils sont par leur nature, éphémères dans la durée, soit qu’ils sont des proies faciles au phagocytage de leurs élus les plus en vue par les partis dont ils sont issus, soit par le désenchantement de leurs électeurs qui se sentent trompés par leurs déchirements ou leurs reniements issus par la prépondérance des intérêts personnels des uns et des autres sur les objectifs de leur parti ; Ils sont généralement confinés dans leur thèmes réducteurs sans projets d’envergure en dehors de leurs principes de base et n’offrent pas une vue globale, crédible et mobilisatrice sur une organisation alternative de la société.

Ces partis anti hégémoniques s’ils se présentent comme des recours antisystème, adoptent les mêmes structures obsolètes que celle des partis ‘’traditionnels’’, les mêmes schémas dépassés d’exercice du pouvoir, les mêmes recettes surannées d’attrait des électeurs; leurs dirigeants ont les mêmes ambitions personnelles que celles qu’ils dénoncent dans les partis traditionnels. Ils font usage des mêmes moyens de communication, des mêmes canaux de promotion médiatique au même titre que les partis qu’ils ambitionnent de remplacer.

Ces partis se veulent en dehors du système politique, rejettent le pouvoir en place et sont perçus par les partis traditionnels qui se voient contestés, comme des populistes, extrémistes fascisants pour les uns, extrémistes gauchistes pour les autres. Ils participent d’une façon ou d’une autre à l’ordre social établi et sont sinon intégrés du moins engagés dans le système politique en place. Leurs méthodes pour parvenir au pouvoir ne sont pas nouvelles, leurs hommes et femmes politiques ne sont pas différents de ceux qu’ils contestent cependant ils ont, pour le moment, mais pour combien de temps encore, le vent en poupe car ils sont à la mode, ils surfent sur la vague des difficultés et des scandales que nous connaissons mais leur radicalisation ne survivra pas et leur audience auprès des citoyens n’est qu’éphémère, Ils rentreront dans le rang, soit par leur division sur des thèmes plus larges que ceux de leurs principes et moins fédérateurs , soit parce qu’ils n’ont pas une vue réaliste sur une organisation alternative de la société ; leurs vues utopistes, extrémistes et irréalistes les diviseront jusqu’à leur disparition.

Les partis populistes de gauche comme de droite ont leur place dans la phase de transition que nous vivons car ils cristallisent l’effondrement de la classe moyenne et se veulent être la voix des sans-voix, des laissés pour compte de la mondialisation, les victimes de la politique libérale de la Communauté européenne. Les partis contestataires qui veulent donner une alternative sur l’échiquier politique au même titre que les partis traditionnels qui luttent pour leur survie, disparaitront pour faire place à une organisation politique toute différente de la société.

 

  1. l’offre future

Tout le fonctionnement de la démocratie est bouleversé par la modification sociétale sans précédent de l’espace public, par la troisième révolution, celle de l’industrie robotisée, celle de la finance, celle des services et par le raz de marée du numérique. La société se transforme au rythme des progrès technologiques actuels, la numérisation, les vecteurs de communication, la mondialisation de tous les facteurs idéologiques, sociaux, financiers, révolution qui façonne notre pensée, notre mode de vie, nos relations humaines et sociales. L’avenir est réservé aux différents groupements, groupes de pression, associations, proches des citoyens, structures auxquelles ceux-ci adhérent par conviction sinon par l’espoir de changement que leur donne leur place prépondérante dans la société. Ils représentent une génération spontanée qui ébranle les principes acquis et veulent reconstruire une société plus juste et plus citoyenne. Ce monde interconnecté est plus éduqué, moins crédule et surtout plus critique de ce que le pouvoir politique peut lui offrir, il se révolte contre les dénis de la gouvernance institutionnelle telle que nous la connaissons. L’information dont dispose cette nouvelle génération est illimitée, elle lui parvient en temps réel et sa diversité lui permet de mieux juger de la qualité et de la crédibilité de l’offre politique qui lui est proposée.

Les citoyens se sentent davantage représentés par ces nouveaux ‘’mandataires’’ qu’ils choisissent selon leur sensibilité, leurs aspirations, ce qui les conduit à une volonté de démocratie directe dont la réalité progresse de jour en jour.

La constitution et le regroupement de milieux sociaux ou de groupe de pression se substitue aux partis politiques et sont susceptibles de canaliser les aspirations individuelles pour la coordonner et l’organiser en revendication collective.               Activistes au bon ou mauvais sens du terme, ils agissent en marge ou contre le pouvoir en place en contestant ses représentants que sont les partis politiques et la particratie. Sous cette pression citoyenne, les partis disparaîtront de la scène politique et seront remplacés par des structures plus souples avec une relation plus directe entre les citoyens et le pouvoir confié aux structures sociales, qu’elles se dénomment : ONG, organisations patronales, syndicales, humanitaires,… Tous sont peu ou prou devenus des mouvements politiques et la plupart d’entre eux dépassent largement le but pour lequel ils ont été créés et se constituer en leviers de pouvoir avec lesquels il faut désormais compter. L’objet social de nombre d’organismes qui avaient la défense de telle ou telle cause, de telle ou telle mission se transforme en plateforme transversale de défense plus large et des regroupements sont en cours pour constituer des forces de pouvoir puissantes dans un univers mondialiste.

Toutes les discussions politiques et les décisions qui y font suite ne seront plus l’apanage des parlements nationaux ou régionaux mais seront assurées par la communication directe entre les représentants de ces nouveaux pouvoirs et leurs adhérents. Ces nouveaux courants politiques incarnent davantage les aspirations, les attentes, les besoins d’un monde différent, plus humain, débarrassé des jeux politiciens et des combines partisanes. Ils sont l’expression du décalage entre l’offre politique déliquescente que nous connaissons et la demande insatisfaite provenant de groupes sociaux qui ne trouvent pas leur place ni dans la mondialisation, ni dans la sphère politique actuelle qui leur est proposée.

Ils sont déjà dans certains domaines les acteurs ou spectateurs incontournables des évènements et deviennent les porte-paroles d’instances politiques alternatives contre les pouvoirs politiques en place qui perdent peu à peu leur légitimité et leurs prérogatives. Ils se substituent aux journalistes non plus comme rédacteurs ou commentateurs des évènements mais comme reporters au plus près de l’action, comme lanceurs d’alerte et leurs enquêtes d’investigation sont relayées par les réseaux sociaux qui sont les vecteurs privilégiés de leur action plutôt que les médias traditionnels dont ils sont devenus en quelque sorte les successeurs ou les concurrents.

La propagation massive d’Internet permet à ces groupes de s’organiser et de s’engager dans la vie politique sans recours aux médias traditionnels. Déjà, dans certains domaines, les citoyens participent à l’élaboration de textes fondateurs et définissent les modalités légitimes de leur gouvernance.

L’action politique est en train de se développer en dehors de l’isoloir et il serait temps, sinon déjà trop tard pour que le monde politique et les médias traditionnels en prennent la mesure. Ils sont encore à l’heure actuelle marginalisés, sinon rejetés mais toute forme de restriction de leur action, tout refus de leur apparition sur la scène politique serait ressentie comme une atteinte à la liberté fondamentale du citoyen.

Si ces forces vives, comme ‘’sœur Anne’’, ne voient rien venir, les pouvoirs en place s’en mordront les doigts ; tous les milieux politiques et médiatiques doivent prendre conscience de cette mutation de la société à laquelle ils ne pourront s’opposer malgré les moyens dont ils disposent !

Les partis politiques seraient-ils en train de disparaître à l’image des dinosaures qui n’avaient plus d’espace pour survivre dans un environnement qui leur était devenu hostile malgre leur puissante stature ?

 

L’EURO-NOUVEAU ou l’EUROPE NOUVELLE

L’Euro nouveau ou l’Europe nouvelle

Après 60 ans d’existence, l’Europe est à la croisée des chemins et réclame d’urgence un re-(euro)-nouveau. Depuis 60 ans, la société a bien changé, les aspirations aussi et ce qui était valable il y a plus de deux générations est dépassé. L’attrait pour une Europe politique  de l’Atlantique à l’Oural à fait long feu.

traité rome_1957

Les ambitions démesurées d’élargissement à cadence renforcée, élargissement étendu à des pays qui font partie de l’Europe géographique mais ne sont pas européens en est une cause, le renforcement des pouvoirs supranationaux dont se sont arrogées les institutions européenne, la technocratie, le déni du rôle des Etats-membres dans la gouvernance européenne, l’ignorance des opinions des citoyens dans les pays-membres en est une autre. Enfin la chasse sourcilleuse aux sorcières populistes, une politique de gestion des émigrés et des réfugiés au mépris de notre civilisation de nos valeurs judéo-chrétienne, de nos convictions laïques ou religieuses ont sapé la confiance que les citoyens portaient à l’Europe ‘’des Pères fondateurs’’.

Le vingt-cinquième anniversaire du traité de Maastricht n’a pas donné lieu à de grandes festivités; ce quart de siècle d’existence a été célébré avec beaucoup de discrétion chez les Ediles européennes et dans une totale indifférence des citoyens de l’Union européenne à 28, qui seront bientôt 27. Après le séisme causé par le Brexit et la victoire du ‘’Leave’’ survenu en Europe, c’est maintenant la politique isolationniste et le concept protectionniste préconisés par le nouveau Président américain, Donald Trump dans la conduite de la politique des Etats-Unis qui constitue un nouveau cataclysme dans l’Union européenne.

Afin que l’UE ne sombre pas corps et biens dans ces bouleversements et qu’elle puisse tenter de contrer les partis (dits populistes) de gauche comme de droite aux prochaines échéances électorales, allemande, française, néerlandaise et pourquoi pas, nouvelles élections en Grèce, en Italie ou en Espagne ? et ….. ? c’est la course effrénée dans tous les milieux européens officiels, dans les innombrables Instituts d’études et de recherches attachés aux Institutions européennes pour tenter de reconstruire l’Europe. Peut-être, faudrait-Il organiser un concours d’idées des ‘’think tanks’’ pour parvenir à accoucher d’une proposition qui soit susceptible de trouver l’agrément de nos éminences grises européennes à défaut de recueillir l’adhésion des Etats-nations et de leurs citoyens, adhésion négligeable et absolument sans intérêt pour mettre en cause leur hégémonie.

De simples réformes ne suffiront pas face aux velléités de plus en plus affirmées des Frexit, Nexit, Oexit, Fixit, Swexit et autre Dexit ; si nos dignitaires devaient s’en satisfairent, ne serait-il pas plus efficace d’envisager sérieusement un Eurexit qui serait une sortie générale et ordonnée des pays-membres de l’Union européenne ?

Reconstruire l’Europe sur les mêmes fondations, sur les mêmes bases, avec les mêmes matériaux ne servirait à rien ; la ‘’maison Europe’’ est trop lézardée pour entreprendre ces travaux inutiles. Fi des rafistolages, de replâtrages, de modifications mineures d’architecture, toutes ces artifices de reconstruction ne serviraient qu’à repousser l’effondrement d’une maison en ruine. Il est nécessaire de refonder l’édifice européen sur de nouvelles bases avec, il va de soi, le consentement des Etats-membres et l’adhésion renouvelée de leurs citoyens. L’Union européenne est devenue, pour paraphraser les paroles du Général de Gaulle qui faisait allusion à l’ONU, « un machin » autocratique, technocratique, opaque, sinon rébarbatif aux yeux du citoyen lambda. L’Europe dans sa structure actuelle n’est plus viable sauf pour l’oligarchie qui s’est constituée dans ses Institutions et les myriades de fonctionnaires qui en vivent et s’accrochent à leurs statuts privilégiés comme naufragés à une bouée. Pour certaines de ces élites, une proposition quelle qu’elle soit, ne serait recevable que pour autant qu’elle accroisse leur pré carré, c’est-à-dire de voir transférer la souveraineté nationale (ou ce qui l’en reste) aux Institutions européennes dans une Europe fédérale renforcée. Pour d’autres, toute modification des traités, des règles européens sont acceptables pour autant que le recours au référendum sont évité Pour d’autres encore, il suffirait d’instaurer des ‘’super ministères’’ qui prendraient en charge, notre politique étrangère, notre politique de défense, notre politique économique, financière et fiscale, en un mot comme en cents, notre destinée ! Ces super ministères devraient disposer de nouveaux fonctionnaires, donc de nouveaux budgets à charge des contribuables que nous sommes, budgets dont ils disposeraient à loisir car incontrôlables et encore une fois, non sanctionnés par les citoyens-contribuables qui, en l’occurrence, ne les auraient pas élus et de ce fait, ne seraient pas tributaires de la ligne rouge du vote-sanction. Ces super ministères régaliens seraient sujets aux contraintes, non plus des Etats dont ils seraient issus comme c’est actuellement le cas, malgré les dénégations d’indépendance dont ils tentent de nous persuader, mais bien sous la coupe des lobbies, des ONG ou autres groupes de pression, qui hantent les couloirs des Institutions européennes ; ces ‘’super ministères’’ seraient également soumis, et pour s’assurer de l’adéquation des mesures prises à notre bien commun, aux Membres du Parlement européen dont les décisions sont purement idéologiques et partisanes.

Comme Monsieur Juncker avait pour ambition lors de sa nomination d’établir et de gouverner une Commission politique forte ; on doit se réjouir que cette volonté ait été tuée dans l’œuf notamment grâce au Brexit qui est survenu à point nommé pour démontrer toutes les limites de la capacité politique de la Commission ; à l’image du Royaume-Uni, d’autres Etats veulent, sinon emprunter le même chemin, du moins, conserver leur liberté de gouverner pour assurer l’administration et le bien-être de leurs citoyens et ne pas céder leurs prérogatives à des eurocrates irresponsables. L’Union européenne s’est donnée au fil du temps un statut non écrit de finalité politique et d’empire de droit divin auxquels les Etats européens vassaux auraient pour seule prérogative, non pas d’adhérer, mais de se soumettre ! Pourquoi faut-il élire des députés européens politiquement irresponsables, souvent mis en place par leurs partis soit pour effectuer une traversée du désert, soit pour terminer une carrière politique ou pour se débarrasser d’un de leurs élus gênant tout en lui conservant à celui-ci tous les avantages attachés à sa fonction , et ce, sans aucune sanction politique car ‘’nommés’’ ou placés en ordre utile par leurs partis alors que nous sommes en droit d’attendre des Eurodéputés élus, indépendants des règles partisanes, sanctionnés politiquement et surtout, proches de leurs électeurs loin d’être retranchés dans leur ‘’Tour d’Ivoire’ de l’hémicycle de Strasbourg ? Pourquoi faut-il avoir des Commissaires européens nommés par la seule détermination de compromis ou de compromissions et démocratiquement (?) adoubés lors d’hearings de façade par le même Parlement européen ? Pourquoi faut-il que les Instances européennes rémunèrent 35.000 fonctionnaires avec leurs salaires, leurs indemnités aussi nombreuses que variées et leurs privilèges grâce à des budgets sur lesquels nous n’avons aucun contrôle démocratique ? Pourquoi faut-il que nous rémunérions sur nos deniers de nombreux assistants des parlementaires européens, des bureaux d’études, des instituts de toutes sortes qui gravitent en apesanteur tels des satellites en orbite autour des Instances européennes avec comme carburant, la consommation de plantureux budgets.

Pourquoi faut-il une Cour de Justice européenne dont les décisions ne reposent ni sur la sensibilité ni sur la culture, ni sur les traditions des pays-membres dans toute leur diversité mais qui prétend juger suivant ses fondements qui seraient universels mais plutôt, qui rend justice sur des critères juridiques qui lui sont propres et doivent être obligatoires pour les 28 (27) pays alors que suivant le dicton bien connu : « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà » les arrêts ne sont pas mesurés à l’aune de la sensibilité de la nation d’origine ; une justice universelle ne peut être juste !

Les Institutions européennes ne peuvent plus décider sans consultations et sans l’approbation des autorités nationales suivant le principe : ce qui est bon pour Bruxelles, Luxembourg ou Strasbourg est bon pour tous les Etats-membres. Il n’y a pas une Europe, il y a plusieurs nations européennes, plusieurs peuples européens dans toute leur diversité !

Les Européens dans leur large majorité ne veulent pas ni d’un fédéralisme, ni d’une intégration plus poussée qui domineraient leurs Etats nationaux, leurs nations auxquels ils sont attachés par leur histoire, leur patrimoine commun, leur vivre-ensemble alors que la nation Europe, n’a jamais existé, n’existe pas et n’existera jamais malgré tous les efforts de nos élites européennes pour nous en convaincre. Il faudrait faire table rase du passé mais la seule idée d’une révision des traités et de la nécessaire voie référendaire pour les approuver glacent d’effroi nos Eminences européennes trop attachées à leurs sièges et à leurs privilèges.

Il existe néanmoins une voie qui permettrait de jeter les bases d’une Communauté européenne et de construire une Europe nouvelle débarrassée de ses vieux démons en permettant à chaque Etat de choisir le niveau de sa participation : adhésion à part entière, association négociée, coopération… Les suites du Brexit ouvrent peut-être une voie pour y conduire ?

Les négociations qui vont se dérouler pour parvenir à un accord avec le Royaume-Uni sont mal engagées en raison des pressions, menaces, chantages qui ont précédé le référendum, sont encore à l’ordre du jour et le seront encore plus lors des négociations pour tenter de dissuader d’autres pays de prendre également la porte de sortie. Si par la raison ou par la chance, ces négociations devaient aboutir, elles peuvent créer un précédent et ouvrir la voie à un statut inédit qui serait euro-compatible et débarrassé des ukases et diktats européens. Cette conclusion aurait pour conséquence de changer la nature même de L’union européenne, non pas de la transformer mais bien de la reconstruire sur de nouvelles bases qui répondent à l’aspiration de la société dans laquelle nous vivons et dont le contexte a bien changé depuis maintenant 60 ans….

Les Etats-nations doivent reprennent la main et s’engager dans une vraie négociation politique débarrassée de l’immixtion des Instances européennes ou de leurs grands missi dominici qui veulent faire la loi et imposer leurs décisions à tous les pays-membres. Ce ‘’new deal’’ fait clairement appel à changer la nature même de l’Union européenne. A l’image des Etats-Unis d’Amérique, la Constitution européenne devrait être simple et compréhensible par tous ; elle devrait se donner un ‘’Congrès’’ commun européen, émanation des Etats auquel seraient conférés des pouvoirs transférés par les Etats et ne plus recourir au ‘’top-down’’ mais bien au ‘’bottom-up’’

Nouvelle Constitution d’une nouvelle Europe démocratique née d’une expression de la volonté des Etats d’y adhérer et pour leurs citoyens d’être convaincus de son utilité.

Qu’on le veuille ou non, la source de la légitimité démocratique réside dans le contexte des Etats-nations, seul cadre juridique de l’adhésion de leurs citoyens.