LE BUDGET EUROPEEN – LA QUADRATURE DU CERCLE

Au moment du Brexit, nos Eminences européennes nous avaient annoncé que l’opération serait neutre pour les 27 membres restants et pourrait même être bénéficiaire puisque la ‘’Perfide Albion’’ perdrait des Institutions européennes basées à Londres aussi nombreuses que variées et de plus, un flot des banques et d’établissements financiers traverserait le Channel ‘’même à la nage’’ pour rejoindre le continent ; en un mot comme en cents, ‘’La place de Londres’’ se déplacerait et se disséminerait dans toute l’Europe, celle-ci en sortirait grandie et gagnante ! Patatras, cette belle certitude du début du Brexit qui nous fut vendue sans réserve d’inventaire n’est plus la réalité du moment ; après plus d’un an et demi, nos Eminences européennes nous annoncent que le départ des Britanniques va creuser un trou de 10 à 13 milliards d’Euros par an, soit jusqu’à 10% du budget de l’Union. Ce n’est pas pour rien que de plus en plus de voix s’élèvent dans les capitales européennes en faveur s’un second round de référendum, contraire à la démocratie bien sûr mais est-ce bien une valeur européenne, bis repetita … ?

Lors du sommet informel de ce vendredi 23 février des 27 pays membres, à savoir les 28-1(le membre à 10 milliards), les chefs d’Etat étaient au moins d’accord sur l’équation de base qui semble simple pour un élève d’enseignement élémentaire mais insoluble pour nos édiles : soit chaque État devra augmenter sa contribution, soit des politiques européennes devront être rabotées. Pour la Commission, les fonds attribués à l’agriculture et à la cohésion (70 % des dépenses de l’UE) devront être revus à la baisse ; ce qui signifie d’ores et déjà qu’il sera impossible de parvenir à un quelconque accord sur le coup de rabot, ce n’est d’ailleurs pas dans la tradition des Eurocrates d’utiliser cet engin dangereux, donc le résultat le résultat évident d’une équation incalculable par nos experts de Bruxelles s’interprète : (CONS)citoyens à non pas à vos calculettes, mais bien à vos poches  !

Le Président de la Commission demande clairement plus d’argent pour l’Union européenne en ces termes : ’’Le volume des ‘’ressources’’ de un pourcent du PIB n’est pas suffisant pour financer la politique budgétaire RAISONNABLE (SIC) européenne ; quel audit a conclu qu’après analyse et suivant quels critères, la politique budgétaire européenne était RAISONNABLE !’’ Aucun naturellement, car c’est une affirmation incontestable qui ne souffre aucune mise en cause ni même aucune contradiction ; circulez, (CONS)citoyens européens, il n’y a rien à comprendre, rien à voir. Nous sommes en face d’un mille feuilles d’institutions qui se cumulent et parfois s’avèrent redondantes sinon concurrentes dans leurs compétences ; Il y a le niveau européen, l’échelon national, les sous-niveaux régionaux, communautaires, les entités d’agglomérations et municipales, tous ces pouvoirs ont un commun dénominateur : leurs recettes sont insuffisantes, leurs dépenses sont toujours bien utilisées et largement justifiées, donc résultat : (CONS)citoyens à vos poches ! Quelles sont les solutions évoquées par la Commission européenne pour parvenir à équilibrer les budgets dans une programmation budgétaire à l’horizon de 5 à 7 ans ? On évoque à demi-mot, une contribution supplémentaire des pays grands contributeurs nets qui devraient faire preuve de générosité (?), on suggère une réduction du budget consacré à la politique agricole commune, mission qui s’avère impossible car Macron a pris des engagements inconsidérés, une fois de plus, pour implanter son mouvement dans la population rurale française; on préconise de réduire les aides territoriales et fonds structurels ? Vous n’y pensez pas, ils sont l’un des piliers de l’Union européenne au titre de la politique de cohésion.

‘’Eureka’’, voilà la solution rêvée de l’équation, il faut s’en prendre ‘’mauvais élèves’’ européens qui doivent être sanctionnés et naturellement, faire d’une pierre deux coups en appliquant le principe de la ‘’conditionnalité’’, encore un terme nouveau dans le jargon technocratique de Bruxelles. Les fonds d’aides européens seraient dès lors conditionnés par l’adoption de normes fiscales et sociales par les pays de l’Europe de l’Est que Macron n’a pas pu obtenir par une autre voie. Cette ‘’conditionnalité’’ serait également appliquée si les pays récalcitrants aux valeurs européennes de l’Europe centrale continuaient à refuser leurs quotas de réfugiés ou ne se soumettaient pas aux diktats de Bruxelles en matière de démocratie. Pourquoi ne pas aussi appliquer la conditionnalité des fonds structurels et autres aides aux pays-membres qui ne respectent pas, et depuis des années, les critères de Maastricht en parfait mépris du respect des règles économiques et budgétaires ?

Mais, est-il indécent de suggérer d’autres moyens de boucler les budgets ?

A l’heure à laquelle on demande à la France, à l’Italie, à la Grèce et à d’autre Etats-membres, de réduire leurs dépenses publiques, ne serait-ce pas temps pour toutes les Instances européennes ‘’de dégraisser le mammouth’’ européen. Trente mille fonctionnaires pour faire tourner ‘’le Grand Machin’’ !. Une autre piste intéressante d’économie serait de ne pas compenser le nombre d’Eurodéputés qui étaient attribués au Royaume-Uni plutôt que de faire élire les remplaçants sur une liste commune à tous les pays ; à cet égard, c’est encore une chimère bien dans la logique européenne car il faut souligner que nombre de citoyens ne connaissent même pas les Eurodéputés qu’ils ont élus dans leurs pays! La démocratie européenne ne s’en porte que mieux !

Non contents de puiser dans nos portefeuilles nos Eminences du Parlement européen requièrent un budget, financé par un nouvel impôt européen, budget qui leur serait propre et dont ils pourraient disposer pour leurs bonnes œuvres qui seraient différentes de celles de la Commission. Sous quel contrôle ? celui de leurs électeurs, ce serait en fait le seul budget démocratique puisque financé par l’impôt et contrôlé par voie des représentants des électeurs (qui ne les connaissent même pas pour la plupart, répétons le) !

Messieurs les Commissaires, Messieurs les Eurodéputés, Messieurs les Directeurs, soyez innovants, ne cherchez à l’instar de nombre de pays-membres d’augmenter les recettes avant d’avoir soigneusement analysé vos dépenses et leurs réductions possibles ! Utopie, Utopie,…..

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